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LANGAGE, VISIBILITE, DIFFERENCE
VINCIGUERRA
VRIN
40,00 €
Épuisé
EAN :9782711613946
Que lisaient les mathématiciens classiques dans une figure de géométrie, une courbe, un tableau de nombres, une combinaison de signes algébriques ? En interrogeant le rapport de ce qui se dit et de ce qui se voit dans les textes mathématiques, cet ouvrage découvre, entre l'âge classique et le XIXe siècle, une transformation de la rationalité plus profonde qu'on a coutume de le penser. Entre la géométrie de Descartes, les séries de Leibniz et Bernoulli, la théorie des fonctions chez Euler et Lagrange, et d'autre part les géométries du XIXe siècle, la logique de Boole ou l'Analyse de Cauchy, il n'y a pas seulement un progrès conceptuel, il y a en vérité un basculement du régime de la représentation, de l'ordre du langage et des choses. Les mathématiques classiques nous sont peut-être plus étrangères que nous le croyons. Mais pourquoi cette étrangeté nous est-elle encore si familière ? Pourquoi nous est-il toujours ouvert de réinventer dans le passé notre origine ? Interrogeant la vérité à l'œuvre dans les ruptures du savoir, ce livre n'est pas une histoire des mathématiques. Il est une archéologie de leur discours, en un sens proche de celui que Michel Foucault donnait à ce terme.
Résumé : Freud était resté en suspens sur l'énigme de la femme. Lacan fit un pas de plus. Il renouvela ainsi la question de la sexualité féminine dont l'horizon fut longtemps celui des aventures de la maternité ; il est allé jusqu'à dire - ce qui fit scandale à son époque - : "La femme n'existe pas." Il y a, en effet, concernant La femme, un impossible à dire. Et cet abord de la question féminine par Lacan a changé la psychanalyse elle-même. Peut-on dire alors que la position féminine soit affine à la position du psychanalyste ? Ceci n'induirait aucunement que la psychanalyse soit devenue "affaire de femmes". Mais l'ordre phallique qui organise notre monde n'est pas l'alpha et l'omega de la réalité humaine, il y a une jouissance féminine au-delà du phallus. Dès lors, les enjeux de la pratique analytique ont à être repensés. Freud pensait le roc de la castration ou l'envie du pénis comme des butées de fin d'analyse. Avec l'émergence d'une logique de la sexuation féminine, Lacan a apprécié autrement cette fin. L'empire de la jouissance qui déborde le cadre oedipien du symptôme n'est plus seulement reste inerte, lacune. Cet excédent de jouissance énigmatique, fuyant, sans paroles, peut devenir pour chacun, homme ou femme, point d'appui, matière à une invention qui mène la cure à une autre fin. C'est là un des enjeux de la passe, cette marque d'une analyse terminée, gué Lacan a élaborée. Un analysant peut y révéler comment il a su cerner le bord de son impasse et trouver une solution satisfaisante. Le travail qui suit a pour fil conducteur les avancées du dernier enseignement de Lacan sur la position féminine et l'au-delà de l'OEdipe, la fin de l'analyse et les tâches du psychanalyste mais aussi bien, le déclin du Père dans la civilisation et la crise de l'ordre symbolique à l'aube du XXIème siècle. Quelles conséquences ces changements ont-ils opéré sur la dissémination des modes de jouir contemporains et quels effets sur la famille notamment ? Au XXIe siècle, une psychanalyse vivante ne saurait opposer une bouche pincée à ces nouveaux enjeux. Ce sont aussi les siens.
Comprendre ce que les philosophes du XVIIe siècle entendaient par représentation est essentiel à l'intelligence de leurs conceptions des idées et de la vérité. Ce livre renouvelle notre approche du problème à travers des lectures de Descartes, Leibniz, Locke, Pascal, en reliant leurs analyses philosophiques à leurs textes scientifiques. Les figures de la Dioptrique et de la Géométrie éclairent chez Descartes le contenu de l'idée sensible, le rapport du clair et du confus, la nature de la couleur et celle de l'existence. Les anamorphoses de l'Essai sur l'entendement humain de Locke donnent à voir comment les idées renvoient aux choses. Et 1'hexagramme pascalien raconte l'herméneutique des Pensées. La représentation classique s'avère l'effet d'une transformation qui affecte en même temps la science et la philosophie. A l'encontre des lectures qui ont insisté sur les filiations avec les pensées médiévales et tenté de réduire la nouveauté de la pensée classique, ce livre retrouve une thèse essentielle de Michel Foucault dans Les Mots et les Choses sur la rupture inaugurant l'âge classique. Mais il découvre dans cette rupture l'effet d'une opération matérielle, qui conduit à un nouveau mode d'existence concret des images et des signes dans les textes du savoir, analysable à l'intérieur de dispositifs textuels. Ce qui l'amène enfin à déplacer profondément les analyses de Foucault et à interroger les présupposés de son archéologie du savoir.
Dans cet album, Valentine la fouine part à la rencontre de ses amis pour leur parler en rimes et jouer avec les comptines. Le récit suit chaque temps fort de la journée. Cette histoire, à dire et à redire, permet d'aborder avec malice les jeux de rimes qui aident à la compréhension de la structure sonore des mots.
Résumé : Et si la perspective moderne n'existait pas ? Ne faut-il pas nuancer la thèse massivement admise qu'au Quattrocento, un dispositif unitaire de représentation se mettrait en place dans la peinture, dont la fonction demeurerait inchangée jusqu'à l'Age classique ? En relisant les textes d'Alberti, de Piero della Francesca, de Léonard de Vinci et d'Albrecht Dürer, en regardant autrement les peintures de la Renaissance, des fresques d'Arezzo ou de la Cène de Milan, ce livre met en effet en évidence des dispositifs singuliers, liés pour chaque peintre à des régimes différents de la représentation, du visible, de la vision et du regard. Pourtant, au XVIIe siècle, le discours sur la perspective est soudain convoqué par la philosophie, pour éclairer le nouveau partage entre la représentation du sujet pensant et une matière désormais géométrisable. A quelles conditions, improbables et contingentes, la perspective a-t-elle pu tenir cette place à la fois décisive et ambiguë dans l'émergence de l'âme classique ? Par quelles transformations, de la surface de la peinture et de la place du spectateur, a-t-elle dû passer pour rendre possible la clôture de l'image sur la représentation classique ? A l'histoire d'une forme symbolique, ce livre substitue le récit désormais éclaté d'une archéologie ou d'une généalogie de la modernité.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.