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Logique de Deleuze
Vilani Arnaud
HERMANN
28,05 €
Épuisé
EAN :9782705684037
Extrait Extrait de l'introduction Tous ceux qui ont approché, de près ou de loin, la philosophie de Deleuze, n'ont pas manqué de rencontrer ces «catégories étranges», ces grands concepts qui ont fait l'originalité, le charme et, il faut bien le dire, la difficulté du deleuzianisme : «bloc de sensations, plan d'immanence, corps sans organes, synthèse dans l'usage immanent, déterritorialisation, ritournelle, schizo-analyse, régime de signes, agencement collectif d'énonciation, auteur-araignée, devenir-imperceptible», pour ne citer que ceux-là. Et les néo-deleuziens ne se privent pas de brandir ces termes comme signes de reconnaissance ou de connivence, comme si reprendre une expression ou répéter un néologisme voulait dire avoir compris ce qu'ils signifient en propre. Nul doute, c'est un philosophe séduisant, maître hors de pair en pédagogie, mais laissant bien de la distance entre la compréhension à demi-mot (et, s'il le faut, «clin d'oeil») et la compréhension profonde où commencerait à s'esquisser une structure. Chez lui, il apparaît comme le comble de l'art, je dirais même, comme un «acte de création», d'avoir fait en sorte qu'un grand nombre de ses concepts «fonctionne» immédiatement, comme de manière intuitive. Sa parole donnait cette impression, au fond de salles bondées, que l'on était de plain-pied avec ce qu'il disait et, sans en comprendre forcément les arrière-plans, que l'on pouvait le suivre. Car au fond, c'était cela, parler : non pas discuter, mais permettre de faire un bout de chemin avec lui, d'observer sa façon de regarder un problème «curieux», l'oeil pétillant et la bouche ourlée d'un sourire d'humour bienveillant, admiratif. De sorte qu'on ne quittât pas sa parole ou la lecture de ses écrits sans joie, à quelque niveau d'intellection que l'on fût. Il est clair pourtant que cette philosophie, comme toute grande pensée, demande patience, travail et douleur, dès qu'on a décidé d'examiner à fond ses concepts porteurs et de les légitimer. Il se produit cependant ceci que, même si l'on a passé de nombreuses années à comprendre et expliquer ces concepts, pouvant donc apporter la preuve qu'ils résistent et conservent cohérence et consistance, le système total, la machine dans son ensemble continuent d'abriter un secret. Au fond, on hésite sur le fil à tirer pour comprendre comment le tricot a été, maille à maille, confectionné. Deleuze, pour employer une autre métaphore, nous demande instamment de quitter le théâtre pour rejoindre l'usine. Mais l'usine à concepts de Deleuze, qui tourne au bénéfice de la vie, comment fonctionne-t-elle ? Bien sûr, du fait de l'immanence et de l'univocité partout exigées et manifestées, on aurait tort de chercher une quelconque hiérarchie entre les concepts. Mais on aimerait du moins trouver une séquence, un enchaînement logique. Quelle est la «courroie d'entraînement et de distribution» du moteur deleuzien ? D'où le mouvement part-il, jusqu'où va-t-il, quels en sont les rouages intermédiaires ? Peut-on fournir à l'usager un schéma, simplifié mais adéquat, de la «motorisation» deleuzienne ?
Résumé : Une déambulation philosophique qui nous invite à mieux cohabiter avec le sauvage Etre avec le sauvage, marcher du même pas que lui, c'est faire l'expérience inédite qui, pas à pas, peut nous transformer du tout au tout. Le poète et philosophe Arnaud Villani nous convie ainsi à une déambulation naturelle contée au travers des concepts de la philosophie, depuis les fondateurs de l'Antiquité jusqu'aux grands penseurs du XXe siècle tels que Gilles Deleuze.
Deleuze. La guêpe et l'orchidée est parue en 1999 aux éditions Belin dans la collection "L'extrême contemporain". Cet ouvrage était prêt pour l'essentiel des années auparavant et avait été lu en manuscrit par Gilles Deleuze, qui en évoque la lecture dans une lettre privée, publié pour la première fois dans ce livre. Epuisé depuis longtemps, l'ouvrage est réédité par les éditions Rue d'Ulm avec l'adjonction d'un chapitre introductif, insistant sur l'apparition, à côté de Deleuze et de Guattari, d'une sorte de tiers que l'on peut nommer D&G. Les progrès considérables de la littérature secondaire sur l'oeuvre majeure de Gilles Deleuze n'ont pas paru devoir inciter à renoncer à cette réédition, qui permet entre autres d'accéder à une lettre essentielle de Deleuze sur les raisons qui légitiment une publication en philosophie, et à ses réponses à un questionnaire où il affirme notamment qu'il "se sent pur métaphysicien".
A quoi bon réveiller le souvenir d'une grande guerre entre culture et nature ? Simplement parce qu'il est important de comprendre qu'elle n'a jamais cessé, ce qui s'est traduit par le harcèlement impénitent de la culture humaine sur la nature. On voit bien que cette nature supporte de plus en plus mal ces agressions, qui dépassent ses capacités d'absorption. Mettre en évidence, par la constitution d'un faisceau précis d'indices, le fait de cette guerre millénaire, pour en finir avec les discours lénifiants et les écrans de fumée, me semble devoir donner à l'écologie, fondement de toute politique réaliste, de nouveaux concepts pour une nouvelle culture "mondiale" . Une culture largement ouverte aux milliards d'entités non-humaines que la royauté usurpée de l'homme avait cru pouvoir traiter avec mépris. Le temps des esclaves, humains et non-humains, est révolu. Si la mentalité des maîtres s'exaspère, c'est qu'elle n'est pas loin de perdre sa morgue. Rien ne doit empêcher la pensée de faire ce pas d'une révolution à large spectre. Le suggérer par concepts, c'est la dignité de la philosophie, et sa possibilité de racheter bien des erreurs.
Villani Arnaud ; Sauvagnargues Anne ; Querrien Ann
Issu d'un colloque de Cerisy consacré en 2015 à Gilles Deleuze, cet ouvrage expose les efforts joints de la jeune génération de chercheurs et ceux de ses aînés pour tenter, à partir d'une multitude de points de vue, de rendre compte de la fascination qu'exerce cette pensée, et de l'importance qu'y prend aussi, parallèlement aux personnalités de Deleuze et de Guattari, ce personnage créé entre eux comme un tiers, une "fonction" : D&G. Attaché, dès avant 1953, à restituer des processus, des actes, des mouvements, des transformations, pour remplacer les substances, arrêts sur image, interprétations et représentations, Deleuze n'a cessé de suivre deux lignes qui, échappant au "transcendant" et répondant à une nouvelle théorie du signe, ne cessent de "bifurquer" tout en conservant leur mouvement infini : 1) la ligne de vie et de pensée, qui expérimente les multiplicités, c'est-à-dire manifeste et prend en compte librement l'éclair issu de la rencontre aléatoire entre singularités chargées d'une différence de potentiel ; 2) la ligne de l'art, qui agence les multiplicités, c'est-à-dire produit, "involontairement" et "à côté" , des blocs de vie indépendants, à la fois créateurs et propageant un esprit et un acte de résistance. Cette double direction de recherche s'est afirmée dans la rencontre avec Guattari. Elle inspire aujourd'hui cet ouvrage.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.