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VILA-MATAS, PILE ET FACE - RENCONTRE AVEC A. GABASTOU
VILA-MATAS ENRIQUE
ARGOL
24,91 €
Épuisé
EAN :9782915978476
En 1985, un jeune écrivain de Barcelone publiait un livre qui allait secouer les lettres espagnoles: Abrégé d'histoire de la littérature portative. L'ouvrage s'inscrit dans une lignée d'écrivains inattendue (celle de Laurence Sterne) et est entièrement composé d'échos littéraires. Tous les livres qui suivent s'emboîtent et se répondent sans pour autant se répéter, chacun explorant un continent littéraire pour mieux s'en affranchir: Pessoa, Kafka, Musil, Joyce, etc. Homme-livre, Enrique Vila-Matas l'est à plus d'un titre mais sans perdre pour autant de vue ce qui fait la matière la plus précieuse de l'écrit: la place de l'être dans le monde et le temps. Pile et face, tel un funambule, l'écrivain joue avec l'ombre et la lumière à cheval entre la fiction et l'essai pour accéder à un équilibre fragile dont le profil se dessine peu à peu.
Enrique Vila-Matas est un voleur de noms. Dans une valise, il les transporte sur des chemins étranges, Europe, Afrique rêvée, au gré d'une fantaisie alerte et armée de lectures orientées dans le sens du plaisir et de la grâce. Qu'il ouvre sa valise, les noms s'échappent - Duchamp, Larbaud, Gomez de la Serna et cent autres -, minuscules incarnations d'une épopée de l'art gai, petites silhouettes qui marchent, valise à la main. Depuis le paradis des mythes, Tristram Shandy les protège - comme cette Vierge espagnole, les saints rassemblés sous son manteau et qu'elle arrose de son lait - et fait germer cette lignée souterraine, société secrète de la poésie dangereuse. Vila-Matas a fabriqué une machine à déclencher les rêves, et ce Meccano de mots prend de tels airs d'authentique qu'on ne sait plus où l'on en est, comment distinguer le faux du vrai, le vraisemblable de l'incertain. Premier livre traduit en français du jeune écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas, l'Abrégé d'Histoire de la littérature portative a été finaliste du prix Herralde.
Retour pour Vila-Matas au genre du Traité de littérature portative, pour s'intéresser cette fois aux écrivains. "Bartleby" (du Bartleby de Melville, qui à tout répondait : "j'aimerais mieux ne pas le faire"), formant - comme dans l'autre livre les "shandys" - une sorte de confrérie informelle d'auteurs ayant cessé d'écrire (pour l'anecdote, Axtaga a sa place, "atteint des premiers symptômes du mal de Bartleby"...), prenant ses distances, usant d'une autre langue, bref prenant leurs précautions. L'occasion pour Vila-Matas de se livrer à une sorte de révision quasi exhaustive et de classement des auteurs de sa famille, au fond, et de ceux qui ne le sont pas. Les Bartlebys d'honneur ? Rimbaud, Beckett, Salinger, Gracq, Cela... Qui sont les anti-Bartlebys ? Les profus, les rapides, dont Simenon devient un paradigme. Valery se rapproche du genre, malgré des pages de Cahiers. D'autres sont présents par leur discrétion (Walser), par leur réflexion (Flaubert), par leurs refus final (Maupassant, Tolstoï). Le premier pour Vila-Matas est son cher Juan Rulfo. C'est un tourbillon de noms, d'avis, de remarques. La forme : une suite de 86 notules de longueurs variables qui sont en fait des notes de pied de page à un texte qui ne nous est pas donné. L'abondance des lectures de Vila-Matas affleurent, les noms se succèdent, et les citations, vraies ou fausses ? Un rythme enlevé pour cette sorte de roman de l'érudition et de la méditation sur la littérature par les voies toujours contournées, humoristiques et tendrement désolées de Vila-Matas. Lecture tonique, mais ce n'est pas de la fiction. Non plus de la critique. C'est un hommage intelligent et raffiné, personnel, vivace et la littérature telle qu'on l'aime.
Résumé : Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub. En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle. J'ai six ans et je dispose les ustensiles doucement pour ne pas alerter mes frères. Je cuisine avec mes petites mains. J'urine. Je dépasse d'une tête mon bout de ficelle. J'éprouve immédiatement mon existence. La sérénité. Mon sexe n'est pas un petit trou où je me cache quand il pleut. Mais un instrument de travail. Bientôt je dégotte d'autres moyens de feindre l'existence. Respirer par exemple.
D'octobre 2012 à septembre 2013, au Domaine départemental de Chamarande (Essonne) et dans le cadre du programme régional de résidences en Ile-de-France, Frank Smith a mené une enquête portant sur la question : Qu'est-ce que ça veut dire, "penser à quelqu'un" ? La pensée à quelqu'un est-elle une pensée comme les autres ? Serait-elle vide, comme le prétendait Roland Barthes ? Surplis, composé d'une centaine de fragments mis en page par Julie Patat, a été construit lors de ce séjour à Chamarande. En agitant nos mains, nous causons une vibration dans l'atmosphère ambiante. Désormais "Je pense à toi" n'est plus à toi, et cette série de compositions multiples - signes, traces, preuves, indices, legs - dresse un livre-plateau portatif. Chaque pensée à toi est comme au bord d'un précipice. Chaque pensée à toi est au bord de son précipice : aucune pensée ne peut se perdre, les pensées ne brûlent jamais, la pensée déserte la pensée. Frank Smith est écrivain. Il est également producteur à France Culture et l'auteur de ciné-poésies. Sont parus récemment : Etats de faits, L'Attente, Gaza, d'ici-là, Al Dante, 2013 et Le Film des questions, Plaine Page, 2014 ; Eureka, Dasein, 2014. www. franksmith. fr
L'acidité, c'est d'abord celle des végétaux avec toutes leurs nuances, de l'acerbe au tout juste acidulé; ensuite, celle des fermentations, vins, vinaigres, laitages et conserves, du simplement sur au franchement aigre. L'attirance pour l'acide n'est pas celle de tous : c'est allaire de physiologie et aussi de culture. Bénédict Beaugé avait exploré la saveur acide en 2002 auprès de Michel Troisgros, grand amateur et cuisinier des acidités. Il revient ici en toute liberté dans une exploration sensuelle très singulière de souvenirs de plats où l'acidité fut un révélateur de grandes émotions. On peut affirmer qu'ici, avec Bénédict Beaugé, l'écriture des sensations en bouche fait son entrée en littérature.