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Abrégé d'histoire de la littérature portative
Vila-Matas Enrique
BOURGOIS
14,00 €
Épuisé
EAN :9782267007466
Enrique Vila-Matas est un voleur de noms. Dans une valise, il les transporte sur des chemins étranges, Europe, Afrique rêvée, au gré d'une fantaisie alerte et armée de lectures orientées dans le sens du plaisir et de la grâce. Qu'il ouvre sa valise, les noms s'échappent - Duchamp, Larbaud, Gomez de la Serna et cent autres -, minuscules incarnations d'une épopée de l'art gai, petites silhouettes qui marchent, valise à la main. Depuis le paradis des mythes, Tristram Shandy les protège - comme cette Vierge espagnole, les saints rassemblés sous son manteau et qu'elle arrose de son lait - et fait germer cette lignée souterraine, société secrète de la poésie dangereuse. Vila-Matas a fabriqué une machine à déclencher les rêves, et ce Meccano de mots prend de tels airs d'authentique qu'on ne sait plus où l'on en est, comment distinguer le faux du vrai, le vraisemblable de l'incertain. Premier livre traduit en français du jeune écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas, l'Abrégé d'Histoire de la littérature portative a été finaliste du prix Herralde.
Retour pour Vila-Matas au genre du Traité de littérature portative, pour s'intéresser cette fois aux écrivains. "Bartleby" (du Bartleby de Melville, qui à tout répondait : "j'aimerais mieux ne pas le faire"), formant - comme dans l'autre livre les "shandys" - une sorte de confrérie informelle d'auteurs ayant cessé d'écrire (pour l'anecdote, Axtaga a sa place, "atteint des premiers symptômes du mal de Bartleby"...), prenant ses distances, usant d'une autre langue, bref prenant leurs précautions. L'occasion pour Vila-Matas de se livrer à une sorte de révision quasi exhaustive et de classement des auteurs de sa famille, au fond, et de ceux qui ne le sont pas. Les Bartlebys d'honneur ? Rimbaud, Beckett, Salinger, Gracq, Cela... Qui sont les anti-Bartlebys ? Les profus, les rapides, dont Simenon devient un paradigme. Valery se rapproche du genre, malgré des pages de Cahiers. D'autres sont présents par leur discrétion (Walser), par leur réflexion (Flaubert), par leurs refus final (Maupassant, Tolstoï). Le premier pour Vila-Matas est son cher Juan Rulfo. C'est un tourbillon de noms, d'avis, de remarques. La forme : une suite de 86 notules de longueurs variables qui sont en fait des notes de pied de page à un texte qui ne nous est pas donné. L'abondance des lectures de Vila-Matas affleurent, les noms se succèdent, et les citations, vraies ou fausses ? Un rythme enlevé pour cette sorte de roman de l'érudition et de la méditation sur la littérature par les voies toujours contournées, humoristiques et tendrement désolées de Vila-Matas. Lecture tonique, mais ce n'est pas de la fiction. Non plus de la critique. C'est un hommage intelligent et raffiné, personnel, vivace et la littérature telle qu'on l'aime.
Résumé : Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub. En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).
À l?occasion d?une conférence sur l?ironie, qu?il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d?apprentissage littéraire à Paris. Sous la figure tutélaire d?Ernest Hemingway, il dit son amour pour cette ville à travers les souvenirs de ses premiers pas dans l?écriture, tandis qu?il habitait dans une chambre louée par Marguerite Duras à partir de 1974. Maniant en maître l?ironie et la digression, Vila-Matas offre une promenade décalée, à la fois tendre et grinçante, dans la mythique capitale.
Loin de Veracruz est un texte saoul et insomniaque que Enrique Vila-Matas maîtrise avec brio et fantaisie. Roman du voyage immobile dans une géographie de rêve, à la fois vraie et fantasmée. Des êtres inattendus - une belle chanteuse de boléro meurtrière, un dentiste alcoolique, un maquereau, un coiffeur fasciste, l'écrivain mexicain Sergio Pitol - gravitent autour de trois frères rivaux en amours, en arts, en vies, et qui, comme Don Juan, portent le nom de Tenerio. Vila-Matas une fois encore nous démontre que le réel n'est supportable que transmué par les pièges de la littérature.
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
Dora Chance, ancienne danseuse de music-hall, raconte avec verve soixante ans de vie du théâtre et du cinéma à travers l'histoire d'une famille où la bâtardise est de tradition. De génération en génération, les enfants seraient bien malins de connaître leur père ! Il y a de l'Evelyn Waugh, de l'Anthony Powell et parfois même du Wodehouse dans cette chronique facétieuse et attendrie qui nous mène des bastringues du Londres de l'entre-deux-guerres à Hollywood et aux plus beaux châteaux anglais. Mais le théâtre n'est qu'un prétexte et Angela Carter sait créer des personnages tous plus originaux, attachants et pittoresques les uns que les autres.
Résumé : Retombées de sombrero est publié en 1980 aux États-Unis. Une partie de ce roman se déroule dans la corbeille à papier d'un " humoriste américain " après qu'il y a jeté le début d'une histoire ratée. Cette histoire se poursuit indépendamment de sa volonté, à San Francisco, secouée par des émeutes à cause de la chute d'un sombrero, inexplicablement venu du ciel. L'autre partie se concentre sur l'humoriste, en proie au désespoir depuis que Yukiko, son amie japonaise, l'a quitté. Ces deux parties sont réunies en un entrelacs de séquences brèves, l'action est morcelée en plusieurs points qui s'imbriquent tandis que le dénouement approche.
Lady Susan était resté inédit du vivant de Jane Austen. L'intrigue est entièrement bâtie autour des lettres échangées entre les différents protagonistes : Susan, ravissante veuve d'environ trente-cinq ans, en est le personnage central. Ses agissements volages engendrent bien des critiques. Cette femme spirituelle et sans le sou s'est en effet installée chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou simplement une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Réginald risque de payer cher la réponse à cette question... Ce texte est suivi de deux fragments inachevés rédigés, l'un au milieu de sa vie, et l'autre juste avant sa mort. Au-delà de leur intérêt documentaire, ils valent par leur qualité littéraire et le plaisir de lecture qu'ils procurent.