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Pierre Leroux. Le socialisme républicain et l'Orient (Mahomet, les Védas, Bouddha, Confucius, le Tao
Viard Bruno
BORD DE L EAU
12,00 €
Épuisé
EAN :9782356877130
Le colonialisme reste assurément une tache sur le drapeau des IIIe et IVe Républiques. Pourtant le projet de "civiliser les races inférieures", comme disait Jules Ferry, n'a pas toujours fait partie du programme du parti républicain. Relire ou plutôt découvrir les textes de Pierre Leroux, c'est s'apercevoir que, dans les années 1830, le socialisme républicain développait une connaissance fine et éclairée des civilisations de l'Orient, inconnue des études postcoloniales. Les textes exhumés et réunis par Bruno Viard constituent une critique de l'ethnocentrisme antérieure de 120 années à celle de Lévi-Strauss. Ils jettent les bases d'un comparatisme déjouant les pièges de la partialité comme du ressentiment et permettent une réévaluation, encore pertinente, des relations entre les cultures d'Orient et celles de l'Europe. Ce livre est aussi l'occasion de méditer sur une tra ' on socialiste encore négligée par notre historiographie, étouffée après l'échec de 1848 et dès la Première Internationale. Parmi les réformateurs sociaux des années 1830 et 1840, la figure de Pierre Leroux s'affirme de plus en plu, car il fut le seul démocrate, avec Proudhon, le seul philosophe et e seul encyclopédiste, doué d'une vision panoramique et historique, tournée ici vers l'Inde et vers la Chine, qui fait encore sens aujourd'hui.
On l'a oublié: Pierre Leroux (1797-1871) est l'inventeur du socialisme. Mais si l'on ajoute que ce socialisme était républicain, libéral et religieux, on comprend pourquoi il fut impossible de lire cette oeuvre tout au long d'un XXe siècle enfermé dans l'alternative du marxisme et du socialisme utopique. Leroux n'est ni scientifique ni utopique. Sa pensée toute dialectique était dirigée dès 1830 vers un dépassement de l'alternative entre ce qu'il appelait l'individualisme absolu et le socialisme absolu. Il proclama à l'ordre du jour la grande question du prolétariat et poursuivit avec constance la critique de l'économie politique. En même temps, sa réflexion sur la Terreur et sur certaines dérives du saint-simonisme l'avait averti du danger pour les sociétés modernes de ce que nous appelons le totalitarisme. Figure dominante de 1848, Leroux influença grandement les fondateurs de la IIIe République. Jaurès lui doit beaucoup, en particulier son idée de ne pas séparer le socialisme de la République. Leroux veillait à ne jamais désolidariser les luttes pour l'égalité sociale et la conquête des formes politiques et juridiques. Le grand problème des sociétés modernes est, à ses yeux, de concilier les frères ennemis que sont l'égalité et la liberté. Il plaçait la fraternité au centre de la devise républicaine pour indiquer qu'aucune solution technocratique ne peut avoir d'efficacité sans la mobilisation des consciences. La culture n'est pas une vaine superstructure ! Sa réflexion sur la religion est toute terrestre et orientée vers la vie universelle: elle anticipe sur la conscience écologique actuelle. Leroux se voulait philosophe de la vie, en même temps qu'il développa une érudition considérable pour évaluer la grandeur et les misères des cultures du passé. Ses grands coups de projecteur multiplient les aperçus saisissants sur l'histoire de l'humanité. Cette oeuvre monumentale, oubliée depuis 1850, commence à ressurgir par blocs séparés. Cette anthologie a l'ambition d'en rendre possible une vision d'ensemble.BRUNO VIARD est professeur de Littérature Française à l'Université de Provence, spécialisé dans la littérature romantique et les idées sociales au XIXe siècle, et collabore à la Revue de Psychologie de la Motivation et à la Revue du MAUSS. Il a publié A la source perdue du socialisme français, Desclée de Brouwer, 1997, Les trois neveux ou l'altruisme et l'égoïsme réconciliés (Pierre Leroux, Marcel Mauss, Paul Diel), PUF, 2002, Les Poètes et les Économistes. Pour une approche anthropologique de la littérature, Kimé, 2004, La littérature et le don. Lecture de Proust, Ovadia 2007, et La morale sans peine. Précis d'éthique républicaine, Ovadia, 2007.
Résumé : Les études proposées (Montaigne, Rousseau, Nerval, Baudelaire, Flaubert, Proust, Giono, Durrell, Littell, Houellebecq) constituent un exercice de méthode à portée anthropologique. Elles empruntent leurs outils à Marcel Mauss et à Paul Diel pour analyser la déchirure qui coupe du monde moderne beaucoup d'oeuvres littéraires.
Résumé : On a vainement cherché pendant les dernières décennies à concilier des ?uvres finalement inconciliables, à savoir celles de Karl Marx, d'Emile Durkheim et de Sigmund Freud. Il demeure un hiatus dans l'étude de l'homme. Dans ce bref essai, brillant et iconoclaste, Bruno Viard nous propose un pari qui prend tous ces efforts à contre-pied ce ne sont pas ces trois figures tutélaires que l'on peut accorder, mais plutôt celles de leurs " neveux " respectifs, plus ou moins oubliés de l'histoire dominante, mais dont la parenté intellectuelle est manifeste sans qu'ils se soient donné le mot : le socialiste réputé " utopique " Pierre Leroux, le sociologue Marcel Mauss, le psychanalyste hétérodoxe Paul Diel. Au terme d'une enquête minutieuse, tant historique qu'anthropologique, Bruno Viard montre que c'est sur la question de l'altruisme et de l'égoïsme que se sont produits le divorce et les errements des " oncles ", et que se noue la surprenante convergence théorique des trois " neveux ". Ce triple décalage permet de construire un modèle anthropologique synthétique et d'éviter la double impasse d'une sociologie ou d'un socialisme sans psychologie et d'une psychologie sans politique. Ecrit avec humour, dans une langue claire et jamais pédante, cet essai dynamite la vision que l'on s'est faite pendant des années de la science politique, de la sociologie et de la psychanalyse. Audacieux et convaincant.
Résumé : L?oeuvre de Houellebecq regorge d?apparentes contradictions. L?objet de ce court essai est de les analyser afin de montrer qu?elles peuvent pour une part se résoudre, et notamment en puisant aux sources : les lectures de Houellebecq, ces "tiroirs" qui contiennent aussi bien des oeuvres de fiction ou d?inspiration autobiographique que des écrits théoriques. Défilent ainsi, sur un rythme enlevé : Auguste Comte, Pierre Leroux, Tocqueville, Schopenhauer, Nietzsche, Montaigne, Victor Hugo, Camus, Balzac, Baudelaire, Proust et quelques autres. À quoi s?ajoutent des constats non moins stimulants, tel celui-ci : On est arrivé à ce paradoxe que la gauche antilibérale en économie est devenue libérale en morale tandis que la droite libérale en économie s?est retrouvée antilibérale en morale. L?originalité de Houellebecq est qu?il est antilibéral en tout, ce qui le rend inclassable.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.
Cet ouvrage propose : 1°) Un état de la recherche en matière de complotisme (surtout du point de vue psychologique - domaine dans lequel de nombreuses recherches ont été menées ces dernières années et dont il n'existe pas de synthèse grand public) ? 2°) Liens entre complotisme , antisémitisme et islamophobie (C'est toujours le Mossad qui est derrière; Eurabia) ? 3°) Repenser le complotisme à l'ère des medias sociaux (les classiques du sujet datent d'avant Facebook) ? 4°) Pourquoi la lutte contre le complotisme est-elle condamnée à l'échec.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.