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La maison-monde. Libres leçons de Braudel
Verschave François-Xavier
ECLM
15,30 €
Épuisé
EAN :9782843770890
Disparu en 1985, Fernand Braudel a révolutionné la façon de concevoir et d'écrire l'histoire, traditionnellement organisée autour des faits et gestes des " grands hommes ". En convoquant les données de la géographie, de l'économie politique et de la sociologie, il a redonné à l'histoire humaine toute l'amplitude de son mouvement. L'?uvre de Braudel, qui a tant marqué la pensée historique, peut-elle ébranler le discours des économistes et des technocrates d'aujourd'hui ? En mettant en avant l'autonomie relative des différents étages de l'économie (économie de subsistance, économie de marché local, économie-monde), ainsi que les voies de passage entre eux, son analyse permet de comprendre les processus de domination actuels. Elle fait mieux voir les possibilités qu'offrent les étages " inférieurs " de traiter les problèmes économiques, sociaux et politiques, et de " civiliser " l'étage supérieur. En s'appliquant aussi bien aux rapports à l'intérieur des sociétés qu'aux rapports des sociétés entre elles dans le cadre de la mondialisation de l'économie, les travaux de Braudel ébranlent ainsi l'affirmation selon laquelle rien ne peut être fait tant que les mécanismes d'assujettissement macro-économique n'auront pas été détruits. Au contraire, c'est l'inventivité et la réactivité de ces étages " inférieurs " qui sont le mieux à même de minimiser cet assujettissement. " L'architecture braudélienne, estime François-Xavier Verschave, est un schéma plus utile que jamais pour ceux qui cherchent à rendre la cohabitation dans la maison-monde aussi harmonieuse (ou aussi peu ruineuse) que possible ".
Le brassage continu de l'or noir et de " l'argent noir ", du pétrole offshore (dans les paradis fiscaux), des spéculations inavouables sur le pétrole, la dette et les fournitures de guerre, dessinent un paysage où criminalité économique et politique entrent en synergie. Il devient évident que les acteurs les plus conscients participent à un " groupe criminel organisé " ; Ils n'ont pas conscience, en revanche, que peut leur être collée cette étiquette, car ils évoluent depuis trop longtemps dans les espaces sans loi, les no man's land déshumanisants d'une mondialisation dérégulée, avec la quasi-assurance de l'impunité. Les ouvrages sur le pétrole, la dette, les trafics d'armes, les guerre au Congo-Brazaville et en Angola, avec leurs cortèges d'horreurs et de destructions, ne manquent pas. Il manquait de tisser ensemble ces divers éléments. C'est l'objet de ce " Dossier noir ".
Dès lors qu'il s'agit d'un pays d'Afrique "noire", la République a pris l'habitude de s'octroyer tous les droits. Et d'abord celui de mentir. L'information est devenue une arme. De RFI au Monde, son traitement est surveillé, filtré, parfois même organisé. L'un de ces "ingénieurs de l'âme" s'appelle Stephen Smith, maître des faux scoops qui arrangent Paris. Responsable de la rubrique Afrique au Monde après avoir tenu celle de Libération, il est aussi l'auteur d'un best-seller inquiétant, Négrologie, qui ressuscite les pires clichés coloniaux. Trois auteurs de référence ont mêlé leurs plumes pour décortiquer le discours pervers de Négrologie, qui joue avec le feu du racisme pour mieux masquer la face honteuse de la République. Ils mettent à nu, preuves à l'appui, dix ans de désinformation, à Libération et au Monde.
La politique franco-africaine, autrement appelée Françafrique, est extrêmement nocive. Après la proclamation de l'indépendance des anciennes colonies françaises d'Afrique, des réseaux politiciens ont assuré la continuité du pillage du continent noir au profit notamment des hommes de pouvoir en France en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. Ce texte, retranscription d'une conférence donnée fin 2003, nous propose de survoler les rouages de la Françafrique et ses dérives mafieuses et nous propose quelques pistes pour de nouveaux rapports avec les peuples du tiers monde en approfondissant la démocratie à l'échelle planétaire.
Il n'est plus possible que des matières premières continuent à dormir, sous prétexte que leur exploitation bouleverserait le mode de vie de ceux qui ont la chance de vivre où elles se trouvent. Si des peuples, demeurés arriérés, ne peuvent ou ne veulent s'occuper de leur mise en valeur, d'autres peuples plus entreprenants viendront le faire à leur place de gré ou de force . Ainsi parlait, en 1951, un ouvrage consacré aux ressources minières de la France et de ses colonies.. Un demi-siècle plus tard, les peuples entreprenants -incarnés par une poignée de firmes occidentales soutenues par la Banque mondiale- ne se privent guère, en effet, d'exploiter l'or africain et de bouleverser le mode de vie des populations locales : cadences infernales, normes de sécurité inexistantes, mouvements syndicaux réprimés, pollution catastrophique, etc.. Ces firmes privées, tentaculaires, exploitent aujourd'hui 80 % des gigantesques gisements africains. Liées à des trafiquants d'armes, à la famille Bush, à la CIA ou au lobby nucléaire, on les retrouve au Mali, au Ghana, en Tanzanie, en Afrique du Sud et jusque dans les régions en conflit - comme en République démocratique du Congo -, où elles soutiennent parfois des mouvements armés. Elles sont si puissantes que l'ONU renonce à les sanctionner. Leurs bénéfices sont rapatriés dans des paradis fiscaux, tandis que les pays africains riches en or ne cessent de s'appauvrir...
Si certains problèmes sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont complexes, d'autres sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont trop simples. La crise climatique est un problème du deuxième genre : pour la résoudre, il suffit d'arrêter de brûler le carbone fossile, c'est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon, ces sources d'énergie qui ont alimenté l'économie mondiale depuis deux siècles. Une grande partie des instruments de la politique du climat ont été créés pour cacher la simplicité désarmante de ce fait, car la politique climatique est aussi une politique de puissance, le carbone fossile alimentant la croissance économique depuis des décennies. En conséquence, les opposants à une politique climatique efficace exercent une grande influence. Or si l'on peut agir sur l'activité économique, on ne peut changer les lois de la nature, et l'on doit de ce fait dessiner un monde avec moins de croissance.