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L'Ermite & le Vagabond. Pour saluer François Augiéras
Vernet Joël
ESCAMPETTE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782356080240
Ce livre rend hommage à un artiste entré dans la légende, François Augiéras, écrivain génial et peintre singulier. Hier, adulé par Gide, Camus, Bonnefoy, Yourcenar, Malraux. Aujourd'hui, par Le Clézio, Jacques Lacarrière, Charles Juliet, Pierre Michon, Bernard Noël et tant d'autres dont je suis. Augiéras est l'un des grands écrivains de la seconde moitié du vingtième siècle. C'est aussi un peintre étonnant qui retient aujourd'hui l'extrême attention des collectionneurs. Pourtant, il est mort, indigent, à l'hospice de Montignac, en Périgord, le 13 décembre 1971, à l'âge de 46 ans... Ce livre n'est pas une biographie, plutôt un exercice d'admiration, sous la forme d'un récit épistolaire, mettant en relief un élément déterminant dans la trajectoire d'Augiéras - comme dans celle de Rimbaud ou de Gauguin, dont les aventures existentielles et artistiques sont proches : la question de l'absence du Père. J'ai moi-même perdu le mien lorsque j'avais dix ans. Cette perte, qui creusa un abîme, fut aussi déclenchement, ouverture, interrogation... Après de nombreux voyages en Afrique du Nord et de l'Ouest et au mont Athos, Augiéras est mort de dénuement, d'épuisement, de lassitude. Il vivait en Dordogne, d'hospice en hospice, investissant des grottes où il peignait, écrivait, méditait, jouait de la musique sur un instrument de sa fabrication. Augiéras est véritablement un artiste hors du commun". Joël Vernet
Il est encore temps d'aller aux fontaines, de trancher les secondes comme un fruit, d'écouter le chant des paroles montant de Babel. Personne n'est plus dans sa vie, dans aucune vie. Oui, tout est à réinventer, tout. Même l'amour, surtout l'amour et la bonté. Ces deux diamants qui se sont éteints au cours des siècles, sur lesquels nous avons jeté les eaux de nos tourments, sur lesquels nous crachons notre fiel. Oui, tout est à faire jaillir de la lumière, pour étendre la liberté, la liberté de tous. Nous sommes au matin de l'aventure fabuleuse, avec nos outils de préhistoire, nos goûts de caverne, nos vieux démons. Nous manquent la fraîcheur des sources, le renouveau des fleuves, la fraternité des oiseaux. Nous manque le plus simple que nous avons relégué aux oubliettes. Il est encore temps d'aller aux fontaines. Ce livre est composé de quatre parties.
Les livres naissent bien avant l'écriture. C'est certitude. Je vivais alors dans le Nord du Mali. Des phrases montaient en moi que je ne retenais pas. C'était plutôt un chant, des psalmodies. Mes petits livres dansaient déjà autour des feux. Ils venaient lentement sous ma main puis repartaient vers un désert plus grand. Me fascinait cet étrange théâtre dont je mesurais si mal la portée. J'habitais chez un homme qui eût pu être mon père. J'avais pour maison sa terrasse et, pour toit, des étoiles. Cet homme était l'oncle d'un ami, d'un frère. Tous les dés étaient jetés autour des lampes lorsque nous conversions avec des nomades de passage à la maison. J'aimais mes carnets recouverts de poussière, la fragilité de leurs pages, de chacun de mes jours. J'aimais déjà ce qui allait surgir plus tard, presque à mon insu. J'aimais cette vie aventureuse, les rencontres qu'elle me procurait.
À nos yeux, le Journal authentique n'existe pas ou à de très rares exceptions, la plupart posthumes. Il n'est le plus souvent qu'accompagnement d'une oeuvre ou bribes sauvées à travers les jours lorsque l'écriture s'avère impossible. Il ne peut témoigner d'une extraordinaire authenticité ou d'un pitoyable mensonge. Il est, comme toutes les pages, soumis à réécriture immédiate ou différée. Le Journal ment et révèle, tente un tant soit peu de suspendre le temps dans l'acrobatie des dates, des heures et des jours. Le journal est toujours le Livre par défaut, celui qui marque l'impuissance de l'écrivain à trouver l'élan de l'épopée, du récit ou du poème. Ou alors soumis à d'autres arrières- pensées, même si l'auteur s'en défend.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
Sylvie Fabre G. interroge son expérience amoureuse, parfois au plus intime du corps ; elle cherche à donner sa vraie place à l'amour dans "le champ grand ouvert de l'existence". Elle trouve des réponses dans le secret de la poésie. Ainsi, tout au long de ce Corps subtil, l'amour et la poésie seront les deux noms d'une même vérité. "Nous sommes dans la séparation, pays premier. C'est ainsi que s'expriment les amants, au détour du poème. Peu importe que 1a voix entendue soit celle de l'homme ou de la femme. L'un et l'autre partagent, dans la douleur de fond, la même certitude, celle qui les a conduits, hors d'eux-mêmes en eux-mêmes, jusqu'au point de rencontre où leurs destins ont fusionné, et celle qui, si essentiellement liés qu'ils soient, par le désir, par l'attente et par la communion, les rappelle à tout moment à cette dure réalité de l'existence qui a valeur d'une loi de nature : Nous sommes dans la séparation, pays premier. Nous y sommes, au termes comme au commencement, et il semble que nous n'y soyons jamais sortis. "