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L'essor des universités au XIIIe siècle
Verger Jacques
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204055154
Le XIIIe siècle est le siècle des cathédrales : cathédrales de pierre qui se dressent à Paris, Chartres ou Amiens, mais aussi cathédrales de l'esprit que sont les Sommes d'Albert le Grand ou de Thomas d'Aquin ou les collationes de Bonaventure. Au terme de plus d'un siècle de progrès intellectuel, où la méditation de l'Ecriture s'est enrichie de toutes les ressources de la philosophie, la théologie médiévale semble inaugurer, après 1200, son âge d'or. De nouvelles institutions éducatives — les universités, au premier rang desquelles se détache celle de Paris — canalisent l'afflux des étudiants et garantissent aux théologiens la liberté de la réflexion. De grands papes réformateurs encouragent cet essor où se ressource le magistère romain. De nouveaux ordres religieux enfin, Dominicains et Franciscains, qui ont fait le pari délibéré du savoir et de la modernité, cherchent dans la théologie scolastique le langage et les moyens d'une conciliation entre l'Eglise et les mutations sociales et politiques du temps. Mais cette synthèse, aussi brillante soit-elle, de l'institutionnel et de l'intellectuel, ne va pas sans risque. La faculté de théologie forge aussi les armes de la censure et de la répression. Les philosophes "averroïstes" voient briser leur rêve d'une pensée laïque. Le thomisme lui-même inquiète les tenants de la tradition augustinienne. Les grandes crises théologiques et religieuses de la fin du Moyen Age sont déjà en germe dans les débats qui agitent l'Université après 1250.
Résumé : Les universités, institutions autonomes d?enseignement supérieur, sont une des créations les plus originales de la civilisation médiévale occidentale. On ne leur trouve guère d?équivalents ni dans l?Antiquité ni dans les mondes extra-européens. Elles ont joué un rôle capital dans l?élaboration de notre culture savante en même temps que dans la formation des élites politiques qui ont façonné l?Etat moderne. Elles ont permis la reconnaissance sociale des compétences intellectuelles et la promotion des gens de savoir. Leur contrôle est rapidement devenu un enjeu politique que se sont disputé l?Eglise et l?Etat.
L'université, entendue comme une communauté autonome de maîtres et d'étudiants réunis pour assurer à un niveau supérieur l'enseignement d'un certain nombre de disciplines, est une institution née en Italie, en France et en Angleterre au début du XIIIe siècle. Ce modèle a perduré, est même devenu l'élément central des systèmes d'enseignement supérieur sur tous les continents. Une telle continuité ne doit pourtant pas masquer les profondes mutations de l'institution universitaire que cet ouvrage met en lumière. Il révèle aussi que l'histoire de l'université offre une clé de lecture pertinente pour mieux comprendre notre héritage intellectuel et le fonctionnement de nos sociétés.Membre de l'Institut universitaire de France. Christophe Charle est professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (CNRS/ENS/Collège de France). Directeur d'études à l'EHESS, Jacques Verger est professeur d'histoire médiévale à l'Université de Paris IV.
Christophe Charle et Jacques Verger, respectivement professeur et professeur émérite dans deux universités issues de l'ancienne Sorbonne sont des spécialistes internationalement reconnus de l'histoire des universités et plus largement de la culture européenne, le premier à l'époque contemporaine, le second à l'époque médiévale. Ils ont publié chacun près d'une vingtaine de livres traduits en plusieurs langues.
La dérision n'est pas la plaisanterie inoffensive qui fait sourire, ni l'humour qui habille délicatement la fausse modestie. Dans les sociétés médiévales, où l'individu n'existait guère que dans le regard des autres, elle était une arme, simple mais redoutablement efficace. Sans autres moyens que les mots et les gestes, quelquefois les images, elle permettait de démoraliser l'ennemi, de disqualifier le rival, d'abolir l'honneur et jusqu'à l'humanité du vaincu ou du condamné. Volontiers grossière ou sanglante, elle n'en reposait pas moins sur des codes sociaux connus de tous - bourreaux, victimes et spectateurs -, et son déroulement s'apparentait souvent à un véritable rituel politique ou judiciaire. À la fin du Moyen Âge, cependant, l'acharnement impitoyable de la moquerie le cède parfois à la compassion pour l'homme souffrant ou la réconciliation offerte à l'adversaire humilié. Les usages sociaux et politiques de la dérision sont comme un miroir, souvent cruel, parfois émouvant, dans lequel le Moyen Age occidental laisse affleurer quelques-uns des ressorts profonds de ses sensibilités collectives.
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.
Résumé : "Au XIIe siècle, des prêtres se sont mis à parler plus souvent des femmes, à leur parler aussi, à les écouter parfois. Celles de leurs paroles qui sont parvenues jusqu'à nous éclairent un peu mieux ce que je cherche, et que l'on voit si mal : comment les femmes étaient en ce temps-là traitées. Evidemment, je n'aperçois encore que des ombres. Cependant, au terme de l'enquête, les dames du XIIe siècle m'apparaissent plus fortes que je n'imaginais, si fortes que les hommes s'efforçaient de les affaiblir par les angoisses du péché. Je crois aussi pouvoir situer vers 1180 le moment où leur condition fut quelque peu rehaussée, où les chevaliers et les prêtres s'accoutumèrent à débattre avec elles, à élargir le champ de leur liberté, à cultiver ces dons particuliers qui les rendent plus proches de la surnature. Quant aux hommes, j'en sais maintenant beaucoup plus sur le regard qu'ils portaient sur les femmes. Elles les attiraient, elles les effrayaient. Sûrs de leur supériorité, ils s'écartaient d'elles ou bien les rudoyaient. Ce sont eux, finalement, qui les ont manquées." G.D.
Résumé : Convoitée pour son vaste héritage, qui s'étend de la Loire aux Pyrénées et de l'Atlantique à l'Auvergne, Aliénor d'Aquitaine a marqué le XIIe siècle de son empreinte. Deux fois reine, mère de onze enfants, infatigable voyageuse qui parcourt l'Occident et le Proche-Orient jusqu'en Terre sainte, active politicienne qui fomente une révolte contre son second époux, Henri II d'Angleterre, captive pendant quinze ans, son destin est en tous points hors norme. Devenue veuve, elle s'attache à défendre le pouvoir de ses fils, le célèbre Richard Coeur de Lion, puis Jean sans Terre. Si la disparition d'Aliénor d'Aquitaine signe la fin de l'empire Plantagenêt, son personnage de femme puissante et insoumise à l'exceptionnelle longévité, entouré d'une persistante légende noire, n'a jamais cessé de fasciner.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni