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Ce que les savants pensent de nous et pourquoi ils ont tort. Critique de Pierre Bourdieu
Verdrager Pierre
EMPECHEURS
19,30 €
Épuisé
EAN :9782359250039
La sociologie de Pierre Bourdieu s'est imposée bien au-delà du monde universitaire. Dans le même temps, ce dernier est devenu un défenseur des dominés et des opprimés, un militant de justes causes. Ce livre reprend certains des grands chantiers ouverts par le sociologue - les femmes, les classes populaires, les sciences, l'Algérie, l'épistémologie - afin de bien comprendre son mode d'exploration du monde. En confrontant les positions de Bourdieu à celles d'autres chercheurs, Pierre Verdrager fait apparaître des traits permanents qui caractérisent la "sociologie critique" qu'il a fondée: elle requiert des gens capables de trop peu, vulnérables en tout, mais des sociologues capables de tout et vulnérables en rien! Ce livre s'adresse d'abord aux acteurs et aux militants. Il n'est pas certain qu'on doive considérer comme un bon guide quelqu'un qui ne croyait pas en l'intelligence des gens, qui faisait dépendre le changement social de la survenue de miracles, qui considérait toute prise de conscience comme une impossibilité et qui disait pis que pendre des associations. Les militants n'ont pas besoin de guide ni d'homme providentiel capables d'indiquer ce qui est à faire: la science peut peut-être informer modestement l'action, certainement pas s'y substituer. La pédagogie ne remplacera jamais la politique. Tout compte fait, ce dont les acteurs ont d'abord besoin d'être libérés, c'est d'une sociologie critique qui se sent autorisée, au nom de son savoir accumulé et de ses "méthodes rigoureuses", à les penser incapables de toute critique.
Faire reculer le paludisme", tel est aujourd'hui le slogan et l'objectif de l'OMS : un constat désastreux pour cette agence spécialisée des Nations Unies dont l'objectif initial était l'éradication mondiale de la malaria. S'appuyant sur sa longue expérience au service de l'OMS, l'auteur qui a organisé la campagne d'éradication du paludisme à l'île Maurice - campagne couronnée de succès - porte un jugement sévère sur la politique de l'Organisation. Les projets de l'OMS de distribution de masse de sel de cuisine médicamenté à la chloroquine (méthode de Pinotti) ont été responsables de l'émergence de la pharmacorésistance du paludisme à falciparum en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Le projet de sel médicamenté où s'est développé la plus forte résistance est celui de Païlin au Cambodge. La politique utopique de la santé pour tous d'ici à l'an 2000, accordant la priorité à la promotion de la santé au détriment de la lutte contre les grandes endémies, a entrainé la démantèlement progressif des services antipaludiques et contribué à la propagation de la résistance à toute l'Asie du Sud-Est, à l'Inde, puis à l'Afrique subsaharienne où se précise maintenant la menace annoncée d'un désastre sanitaire sans précédent.
Lapp Aymeric ; Sergent Océane ; Verdaguer Marion ;
En raison de la situation, souvent critique, des patients accueillis, l'univers des urgences s'impose, pour tous les personnels soignants, comme un cadre de travail exigeant au sein duquel chaque seconde compte. La pandémie de la COVID-19 a révélé aussi bien l'efficacité que la fragilité de notre système de santé, le contraignant à une réorganisation portée par l'ensemble de ses acteurs. Médecine de ville et médecine hospitalière s'en sont trouvées fortement impactées. Cela s'est traduit notamment par des changements de poste et, in fine, parla nécessité de prendre en charge, du jour au lendemain,des patients atteints de pathologies avec lesquelles les soignants avaient une expérience plus limitée. Pour l'infirmier(e) en service d'urgence, la nécessaire adaptation passe parla prise en main de techniques de soins et de procédures spécifiques, la familiarisation avec les nouvelles pathologies, la nouvelle organisation des équipes et parfois des locaux. Conçu comme un guide d'accompagnement, cet ouvrage permet aux soignants nouvellement arrivés au service d'urgence, de développer les compétences et savoir-faire nécessaires à l'exercice de leur métier dans ce service. Composé de 48 chapitres, il aborde tous les aspects du métier en ciblant les postes occupés par un(e) infirmier(e) aux urgences. Le texte, clair et synthétique, est richement illustré de photos, tableaux, encadrés et logigrammes qui facilitent l'apprentissage. Outil de travail et de connaissances, cet ouvrage constitue à la fois un outil pédagogique pour les étudiants, un support pour les nouveaux arrivants dans les services d'urgence et une ressource pour l'actualisation des connaissances et la formation continue des infirmier(e)s expérimenté(e)s et des cadres. La rédaction de cet ouvrage a été coordonnée par Aymeric Lapp, qui a réuni autour de lui une dizaine de professionnels (infirmiers, cadre de santé, juriste) afin de refléter au mieux la réalité du quotidien des professionnels.
Le grand anthropologue de Cambridge Jack Goody nous propose dans ce livre la synthèse magistrale de toute une vie de recherche où se déploie sa vision de l'histoire du monde. Selon lui, à l'idée de " miracle européen " , prisée par l'historiographie eurocentrique, il lui faut substituer celle de " miracle eurasien " : les sociétés de cet immense bloc continental qu'est l'Eurasie, connaissant usage de l'écriture, agriculture développée et culture urbaine, sont en effet globalement comparables sous la plupart des rapports, depuis les structures familiales et l'individualisme jusqu'aux sciences et techniques : Chinois et Indiens, dans ce nouveau cadre d'analyse, n'incarnent plus cette altérité radicale vouée au despotisme et à l'arriération, mais sont les acteurs avec l'Europe d'un espace civilisationnel commun où circulent biens et connaissances. Non seulement l'Occident ne bénéficie plus d'aucune supériorité originelle, mais il ne s'oppose plus à l'Orient : les deux régions participent d'une histoire intégrée et dynamique où alterne la suprématie de l'une, puis de l'autre, dans un mouvement continu en spirale. Ce Petit Traité d'histoire globale, déjà traduit dans plusieurs langues, constitue un texte incontournable d'un des principaux courants de l'historiographie contemporaine : l'histoire globale.
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.
Opposer les scientifiques à un "public prêt à croire n'importe quoi" - et qu'il faut maintenir à distance - est un désastre politique. "Ceux qui savent" deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis. Si la science est une "aventure" - selon la formule du philosophe Whitehead -, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine ("oui... mais quand même") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain. Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait "notre" civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.
Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. " C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous " partageons le pain ", depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc. Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les " zones de contact " ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces " entraîne " à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.
Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes. Ce livre permet enfin de rendre compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes pratiques cognitives des chamanes.Le chamane est un individu capable, d'une façon mystérieuse pour nous, de voyager en esprit, de se percevoir simultanément dans deux espaces, l'un visible, l'autre virtuel, et de les mettre en connexion. Ce type de voyage mental joue un rôle clé pour établir des liens avec les êtres non humains qui peuplent l'environnement.Les chamanes ne gardent pas pour eux seuls l'expérience du voyage en esprit : ils la partagent avec un malade, une famille, parfois une vaste communauté de parents et de voisins. Les participants au rituel vivent tous ensemble cette odyssée à travers un espace virtuel. De génération en génération, les sociétés à chamanes se sont transmis comme un précieux patrimoine des trésors d'images hautes en couleur, mais en grande partie invisibles.Ce livre est le fruit d'enquêtes de terrain et reprend l'ample littérature ethnographique décrivant les traditions autochtones du nord de l'Eurasie et de l'Amérique. Au travers de récits pleins de vie, il rend compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes technologies cognitives des chamanes. Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du Nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes, qu'il s'agisse de l'URSS, des États-Unis ou du Canada. Ce livre nous permet enfin de les appréhender dans toute leur richesse.Table des matières : Préface. Les nomades de l'imaginaire, par Philippe DescolaIntroductionI / Voyager en esprit1. Imagination et voyage mentalImaginaire-réel : histoire d'une ruptureLes expériences imaginaires sont des expériences réellesNous voyageons tous en espritExplorer les mondes non humainsDes imaginations multiplesAu c?ur de l'expérience religieuse2. Les argonautes de l'invisibleLe chamanisme, une relation à troisComment reconnaît-on un chamane à Tuva ?À travers l'Asie du NordDes corps ouverts à l'invisibleLa grande chaîne des êtres singuliers3. Tente sombre et tente claireTrois tentes sombresUn phénomène transcontinental méconnuComment la tente sombre a-t-elle fait le tour de l'Arctique ?L'antichambre du rêveLa tente claireDeux modes de division du travail imaginatif4. Les deux chamanismesCorps ouverts et corps fermés : le monde hiérarchiqueMagies hétérarchiquesMycophiles et mycophobesLe voyage chamanique : mode d'emploiInégalités rituelles et délégationII / Technologies de l'imagination et hiérarchie5. Les routes célestes des KetUne guerre des sexesAu centre du monde, un corps humainLa traversée des sept cerclesTrouver sa route invisible6. Un tambour pour s'orienter dans les pays obscursPour une approche sensorimotrice des imagesLes vertiges de la réflexivitéÀ cheval sur un tambour7. Un voyage cosmique à la maisonLes tambours khakasLes esprits dans la yourteLe rituel et ses espaces de référence8. Le costume, corps-universL'emblême de la hiérarchieLa fenêtre de l'imagerie" Une machine à remonter le temps pour conquérir le monde "9. Technologies iakoutes de l'espace virtuelUne chorégraphie cosmiqueNombrils multimodaux10. L'ours, d'une ontologie l'autreLe maître de la forêt déchuChez les hommes de la montagneIII / La grande expansion de la hiérarchie11. Une expansion continentaleSur la piste de l'ostentation : la poitrine transparenteUn plastron conquérantLes défaites de l'hétérarchie12. Pourquoi la hiérarchie ?Un investissement collectifLa dette du chamaneMarié à l'esprit ou au clan ?Le rêve mis au pasConclusion. L'invisible, les images et la hiérarchieRéférencesTable des illustrationsRemerciementsIndex.