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Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination
Stépanoff Charles ; Descola Philippe
EMPECHEURS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782359251586
Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes. Ce livre permet enfin de rendre compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes pratiques cognitives des chamanes.Le chamane est un individu capable, d'une façon mystérieuse pour nous, de voyager en esprit, de se percevoir simultanément dans deux espaces, l'un visible, l'autre virtuel, et de les mettre en connexion. Ce type de voyage mental joue un rôle clé pour établir des liens avec les êtres non humains qui peuplent l'environnement.Les chamanes ne gardent pas pour eux seuls l'expérience du voyage en esprit : ils la partagent avec un malade, une famille, parfois une vaste communauté de parents et de voisins. Les participants au rituel vivent tous ensemble cette odyssée à travers un espace virtuel. De génération en génération, les sociétés à chamanes se sont transmis comme un précieux patrimoine des trésors d'images hautes en couleur, mais en grande partie invisibles.Ce livre est le fruit d'enquêtes de terrain et reprend l'ample littérature ethnographique décrivant les traditions autochtones du nord de l'Eurasie et de l'Amérique. Au travers de récits pleins de vie, il rend compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes technologies cognitives des chamanes. Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du Nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes, qu'il s'agisse de l'URSS, des États-Unis ou du Canada. Ce livre nous permet enfin de les appréhender dans toute leur richesse.Table des matières : Préface. Les nomades de l'imaginaire, par Philippe DescolaIntroductionI / Voyager en esprit1. Imagination et voyage mentalImaginaire-réel : histoire d'une ruptureLes expériences imaginaires sont des expériences réellesNous voyageons tous en espritExplorer les mondes non humainsDes imaginations multiplesAu c?ur de l'expérience religieuse2. Les argonautes de l'invisibleLe chamanisme, une relation à troisComment reconnaît-on un chamane à Tuva ?À travers l'Asie du NordDes corps ouverts à l'invisibleLa grande chaîne des êtres singuliers3. Tente sombre et tente claireTrois tentes sombresUn phénomène transcontinental méconnuComment la tente sombre a-t-elle fait le tour de l'Arctique ?L'antichambre du rêveLa tente claireDeux modes de division du travail imaginatif4. Les deux chamanismesCorps ouverts et corps fermés : le monde hiérarchiqueMagies hétérarchiquesMycophiles et mycophobesLe voyage chamanique : mode d'emploiInégalités rituelles et délégationII / Technologies de l'imagination et hiérarchie5. Les routes célestes des KetUne guerre des sexesAu centre du monde, un corps humainLa traversée des sept cerclesTrouver sa route invisible6. Un tambour pour s'orienter dans les pays obscursPour une approche sensorimotrice des imagesLes vertiges de la réflexivitéÀ cheval sur un tambour7. Un voyage cosmique à la maisonLes tambours khakasLes esprits dans la yourteLe rituel et ses espaces de référence8. Le costume, corps-universL'emblême de la hiérarchieLa fenêtre de l'imagerie" Une machine à remonter le temps pour conquérir le monde "9. Technologies iakoutes de l'espace virtuelUne chorégraphie cosmiqueNombrils multimodaux10. L'ours, d'une ontologie l'autreLe maître de la forêt déchuChez les hommes de la montagneIII / La grande expansion de la hiérarchie11. Une expansion continentaleSur la piste de l'ostentation : la poitrine transparenteUn plastron conquérantLes défaites de l'hétérarchie12. Pourquoi la hiérarchie ?Un investissement collectifLa dette du chamaneMarié à l'esprit ou au clan ?Le rêve mis au pasConclusion. L'invisible, les images et la hiérarchieRéférencesTable des illustrationsRemerciementsIndex.
Albert Thomas, jeune étudiant, gagne en 1898 un prix d'excellence peu banal offert par la Compagnie des wagons-lits: un billet pour le Transsibérien. Ses impressions de voyage forment un témoignage exceptionnel sur cette ligne mythique encore inachevée à l'époque, mais transportant déjà des milliers de moujiks partis à la conquête du grand Est sibérien.
Les peuples d'Asie septentrionale reconnaissent parmi eux des individus doués de qualités hors du commun à qui ils confient la gestion des relations avec le monde invisible. Le terme utilisé en Occident pour les désigner, "chamane", appartient aux langues toungouses de Sibérie. Au cours de rituels destinés à une communauté, une famille ou un individu, les chamanes font surgir dans leurs chants des esprits anthropomorphes et zoomorphes et miment les dialogues, négociations et combats qu'ils mènent avec eux. Par la force ou l'habileté, le chamane obtient ainsi pour ceux qui le consultent la guérison, la fécondité, le succès à la chasse ou le croît du bétail. Les traditions chamaniques d'Asie centrale et septentrionale présentent une forte unité, notamment en raison de la continuité du fond culturel turco-mongol qui, au fil des migrations, s'est étendu jusqu'à l'Arctique et à la Méditerranée. Comme la plupart des positions sociales dans le monde turco-mongol, la fonction de chamane est fortement héréditaire. Dans les pratiques mêmes des chamanes, de nombreux thèmes directement issus de la civilisation nomade des steppes occupent une place centrale. Souvent assimilé à un guerrier ou un cavalier, le chamane d'Asie se distingue du chamane amérindien par l'attirail d'objets chamarrés dont il s'entoure: tambour, "armes", "cuirasse", "monture", cravache... La diffusion de l'islam en Asie centrale, à partir du VIIIe siècle, ne signe pas la fin du chamanisme, car celui-ci est recomposé avec cette nouvelle religion et, en particulier, avec sa forme mystique, le soufisme. Un phénomène semblable se produit dans les régions où le bouddhisme est introduit à partir du VIIe siècle (Tibet, Mongolie). Dans la nouvelle société musulmane, le chaman remplit généralement une fonction de thérapeute, parfois en association avec l'art du barde. Le XXe siècle a réuni dans un destin commun les chamanes d'Asie centrale et septentrionale, soumis aux persécutions des régimes communistes en URSS et en Chine. Vus comme des alliés de la classe dominante, de nombreux chamanes furent exilés et exécutés. Lorsque les pratiques chamaniques réapparurent au grand jour au début des années 1990, ce fut dans un monde nouveau. Si certains chamanes ont tenu à rester fidèles aux traditions perpétuées dans le secret pendant la période soviétique, d'autres ont choisi de s'adapter au monde urbanisé moderne en vendant leurs services dans le cadre d'associations. Dans les sociétés occidentales, les tenants du New Age prônent un "néochamanisme", dans lequel les rituels de guérison peuvent désormais s'enseigner, se transmettre, voire faire l'objet d'un commerce lucratif.
Akhmatova, Balzac, Blok, Biely, Brodsky, Casanova, Céline, Diderot, Dostoïevski, Dumas, Gautier, Gide, Gogol, Guitry, Maïakovski, Maistre, Mandelstam, Nabokov, Nekrassov, Nerval, Pasternak, Pouchkine, Sarraute, Soupault, Staël, Voltaire... les plus grands auteurs russes et français, célèbrent ensemble le tricentenaire de la ville idéale voulue par Pierre le Grand, le tsar fondateur, née en 1703.
Il fallait au moins la plume raffinée de Gautier (1811-1872) pour décrire celle qu'il appelle " l'Athènes du Nord " avec l'élégance et le charme qui lui sont dus. Ébloui par les palais et les cathédrales aux teintes pastel, il glisse en traîneau sur la Perspective Nevski, traverse la Néva gelée, pénètre dans le Palais d'Hiver et assiste à la bénédiction du fleuve en présence du tsar. Gautier, le " fils du soleil ", s'émerveille devant les prestiges méconnus de la capitale des neiges.
Opposer les scientifiques à un "public prêt à croire n'importe quoi" - et qu'il faut maintenir à distance - est un désastre politique. "Ceux qui savent" deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis. Si la science est une "aventure" - selon la formule du philosophe Whitehead -, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine ("oui... mais quand même") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain. Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait "notre" civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.
Selon Serge Besançon, l'oeuvre de Cabanis est absolument essentielle et originale : elle permet la naissance d'un positivisme en matière psychologique. Cabanis invente la psyché moderne à côté de l'âme et considère le cerveau comme " l'organe de la pensée ". Ce qui l'intéresse, ce n'est pas l'union de l'âme et du corps, ce qui ferait de Cabanis un auteur banal, mais l'union de l'âme et de la pensée. Séparer l'âme de la pensée, c'est rendre son étude possible selon les critères médicaux et scientifiques, il n'est donc pas étonnant que l'on retrouve l'héritage de Cabanis chez Schopenhauer dont on connaît l'influence sur Freud. Une nouvelle filiation se dessine à travers ce remarquable essai d'un tout jeune philosophe.
Bruno Latour inspire depuis plusieurs décennies le travail de philosophes, historiennes et historiens, sociologues, éthologues, anthropologues et artistes dans le monde entier. Face à Gaïa occupe une place particulière dans son oeuvre : ce livre appelle à une réaction au-delà de la simple assimilation théorique. Ce qui a l'apparence d'une question purement scientifique est en vérité un différend d'ordre politique. L'hypothèse Gaïa de Lovelock et Margulis représente l'effort pour reconnaître que la Terre est un sujet qui agit et intervient avec force dans notre histoire. Nous sommes moins sur la Terre que face à elle. La question écologique est moins celle du respect du vivant que celle de l'acceptation et de la représentation de l'actrice politique par excellence : notre planète. Reconnaître sa puissance d'agir signifie faire coïncider la protagoniste de l'histoire de la vie avec sa scène. Autour de ce défi, des spécialistes de différentes disciplines scientifiques et artistiques se sont réunis. Chacun des auteurs raconte sa rencontre avec une des propositions contenues dans Face à Gaïa, comment elle l'a interrogé, bouleversé, voire contrarié. On ne fera face à Gaïa qu'en entremêlant les savoirs issus de l'exploration de cette " zone critique " (autre nom de Gaïa), les performances des artistes, la philosophie, la métaphysique et la théologie. Gaïa en sort encore plus fascinante, provocante et menaçante.
Vous ne percevrez plus la mort comme avant ! Philosophe et psychologue, l’auteure nous dévoile de nombreux témoignages de “ceux qui restent”. Selon elle, “faire son deuil” consiste davantage à faire vivre nos morts à travers nous qu’à les enterrer une bonne fois pour toute. Après tout, comme le disait George Sand, “L’oubli est le vrai linceul des morts”.
Résumé : Les passagers, munis de titres de transport électroniques, de bagages de cabine passés aux rayons X, attendent, guidés par un personnel aux uniformes seyants et sous l'oeil d'une police affairée à regarder les écrans de contrôle de sécurité, d'embarquer pour Wapenamanda, Goroka, Kikori, Kundiawa et Wewak. Nous sommes à Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Rien que de normal. L'essentiel est ailleurs : ces hommes d'équipage, ces policiers à gadgets électroniques et ces passagers coutumiers de l'avion sont les descendants directs de ces millions de Papous, découverts par une expédition australienne en 1931, vivants isolés dans leurs diverses vallées montagneuses, en petites sociétés closes, dépourvues d'écriture, de monnaie, d'écoles et de gouvernement centralisé, à un âge trop vite jugé "de pierre". En quelque quatre-vingts années, la population des Highlands de Nouvelle-Guinée a vécu des changements qui prirent des millénaires à advenir dans le reste du monde. Jared Diamond, qui découvrit la Nouvelle-Guinée en 1964 pour sa première étude de terrain ornithologique, pose la question, rarement envisagée : que nous apprennent ces Papous de ce que les Occidentaux ont perdu avec la disparition des sociétés traditionnelles - ces sociétés structurées en groupes de faible densité de population (allant de quelques dizaines à quelques milliers d'individus), subsistant de la chasse et de la cueillette, de la culture ou de l'élevage, et que les contacts avec les grandes sociétés industrielles ont transformées de façon limitée ? Elles ont en effet inventé des milliers de solutions aux problèmes humains différentes de celles adoptées par nos sociétés modernes. Certaines - par exemple, des manières d'élever les enfants, de traiter les personnes âgées, de demeurer en bonne santé, de bavarder, de passer le temps libre, de pratiquer le multilinguisme ou de régler les litiges - semblent supérieures à celles des pays occidentalisés et riches. Les sociétés traditionnelles peuvent nous inspirer quelques meilleures pratiques de vie, mais également nous aider à évaluer d'autres avantages de notre propre société que nous avons fini par considérer comme normaux.
La diversité des cultures, la place de la civilisation occidentale dans le déroulement historique et le rôle du hasard, la relativité de l'idée de progrès, tels sont les thèmes majeurs de Race et histoire. Dans ce texte écrit dans une langue toujours claire et précise, et sans technicité exagérée, apparaissent quelques-uns des principes sur lesquels se fonde le structuralisme.
Seul l'Occident moderne s'est attaché à classer les êtres selon qu'ils relèvent des lois de la matière ou des aléas des conventions. L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle -, elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie. Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d'identifier les "existants" et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle. La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d'autres. Car chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières. C'est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d'y inclure bien plus que l'homme, tous ces "corps associés" trop longtemps relégués dans une fonction d'entourage.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.