Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Bifurcations. Pour une critique de la ligne droite
Vauday Patrick
L'HARMATTAN
16,50 €
Épuisé
EAN :9782343253923
Au-delà du terrain de l'histoire, c'est l'ensemble des phénomènes de la vie, des animaux aux hommes, des natures aux cultures, des sociétés aux vies singulières, qui se trouvent concernés par l'enjeu stratégique de la bifurcation. C'est moins d'ailleurs la bifurcation comme telle qui importe, avec ce qui s'y entend d'un choix prédéterminé, ou bien ou bien, que le fait même de bifurquer là où le choix semblait exclu. Le temps bifurque, cela veut dire qu'il ne déroule pas un fil unique mais qu'à l'occasion de circonstances particulières, des fils différents ou divergents tirés sur des lignes de temps hétérogènes aux rythmes asynchrones entrent en résonance, convergent et se nouent en direction d'un futur inattendu. Philosophie, sciences, droit, littérature : quatre matières où la bifurcation est à l'oeuvre et fait oeuvre.
S'il y a un grand siècle de la peinture française, c'est bien le XIXe siècle, qui inaugure avec la souveraineté de l'artiste l'autonomie de la peinture: "je suis mon propre gouvernement", dit Courbet, tandis que Cézanne forme le projet d'une apothéose de Delacroix qui ne vit finalement jamais le jour. Une ombre au tableau, cependant: celle de l'empire colonial français naissant et de son prolongement pictural, l'Orientalisme, colonisation de l'Orient par la représentation occidentale qui fixe les traits de l'autre en son absence. À l'envers du tableau colonial, il y eut pourtant quelques peintres pour se laisser désorienter par leur rencontre de l'Orient et en recevoir une impulsion qui allait reconfigurer l'espace pictural hérité de la tradition européenne. Chacun à sa manière, Delacroix, Gauguin et Monet furent de ceux-là. À la politique de la domination, leurs ?uvres opposent une politique de la peinture ouverte à la négociation avec des esthétiques hétérogènes.
De quoi sont faites les images ? D'imagination et d'imaginaire répond la phénoménologie. De langage symbolique répondent la sémiologie, l'iconologie et la psychanalyse. Le sens du visible serait dans le lisible qui en ferait la trame invisible Les images résistent à cette lecture ; silencieuses ou bavardes, mais toujours insistantes, elles existent au-delà de la fantaisie ou de l'interprétation. Cette résistance est le signe d'un réel négligé. Si l'image n'est pas une chose, elle est bien davantage qu'une simple représentation mentale : un objet qui impose sa réalité spécifique à l'irréel de l'imaginaire et oppose son opacité à l'élucidation symbolique. Avec l'appui de la peinture, de la photographie et du cinéma, on a voulu montrer que les images se nourrissent d'abord des matières dont elles sont faites : lignes et couleurs de la peinture, ombre et lumière de la photographie, espace-temps du cinéma. Les artistes savent que les matériaux ont plus d'imagination que l'imagination n'en aura jamais, aussi doivent-ils se rencontrer. La matière des images que nous regardons est poïétique avant d'être psychologique. Mais elle n'est pas moins esthétique, c'est-à-dire ouverture au monde et mise en forme des expériences indicibles qu'elle suscite. Ce qu'on ne peut dire, on le montre.
Peut-être connaît-on intimement une ville seulement lorsque les multiples itinéraires que l'on y a suivis se laissent reporter et lire sur le plan comme autant de lignes de vie, d'amour et de chance? Il en va assurément ainsi pour Lyon, qu'une réputation de ville secrète accompagne et qui, si volontiers, de prime abord, se retranche. Au long de ces lignes, quelques-unes des images arrachées au temps, quelques-unes des traces de pas qui les dessinent. Avec Du Bellay, Maurice Scève, Petrus Borel, Flora Tristan, Stendhal, Michelet, Fernand Braudel, Julien Gracq, Jean Reverzy, Bernard Simeone et bien d'autres, avec de grandes ombres et des témoins bien vivants, des visiteurs et des habitants, pour avec eux chercher les passages vers le centre.
Le séjour de Gauguin à Tahiti aura autant contribué à sa célébrité qu'à la méconnaissance de son oeuvre et de l'esprit d'aventure qui la porta. Désormais assigné à résidence dans les clichés d'un exotisme de pacotille, il sert de fond de commerce à un tourisme antipodique en mal d'ensauvagement "soft". A rebours de cette légende, l'histoire et les choix de Gauguin révèlent une tout autre version. Celle d'un artiste moins soucieux d'arriver à destination d'un hypothétique paradis perdu que d'être en partance. En témoignent ses voyages qui furent multiples, du Pérou de son enfance à son "dernier décor" à Hiva 0a, en passant par le Brésil, Panama, la Martinique, le Danemark, la Bretagne et la Provence. Autant de déplacements et d'écarts plus ou moins lointains où se font entendre le désir et la nécessité de quitter rivages et frontières, quelle qu'en soit la nature. Ceux d'une tradition esthétique européenne sclérosée et d'une hiérarchie entre les arts et les genres, celles qui séparaient arts savants et populaires et confinaient dans une réserve ethnologique les esthétiques venues d'ailleurs.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.