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ECRIRE A LA LUMIERE. Le philosophe et l'ordinateur
Van Sevenant Ann
GALILEE
29,00 €
Épuisé
EAN :9782718605135
Cet essai traite du mode d'existence de la philosophie à l'âge de l'ordinateur et, du rapport indissociable entre écriture et instrument employé. L'idée n'est pas récente : Platon considérait l'écriture à la plume et à l'encre comme une activité infructueuse, et se servait de l'expression écrire à l'eau pour la distinguer de l'écriture dans l'âme. Contenant plus d'une ambiguïté, cette expression permet d'aborder une série de questions sur les rapports entre la philosophie et la technique d'écriture utilisée. Il s'agit notamment de s'interroger sur les préférences des philosophes pour certaines techniques et de reconsidérer leurs théories de l'écriture à la lumière de l'écriture électronique. En partant des espoirs bien précis que nourrissait Platon au sujet du discours oral et du discours écrit, une première analyse cherche à déterminer s'il aurait renoncé à écrire ses dialogues au moyen de l'ordinateur. L'enquête se poursuit chez Heidegger où l'apparente préférence pour l'écriture à la main conduit inévitablement à replacer la philosophie heideggerienne de la technique dans le cadre des technologies les plus avancées. Sont évaluées, en outre, les implications d'une technogrammatologie chez Derrida, théorie de l'écriture qui inclut également l'emploi de l'ordinateur. Puisque la question de la technique utilisée joue un rôle majeur dans ce débat, il importe également de prendre en considération les différentes formes d'expression de la philosophie, le fait que l'ordinateur rend possibles de nouvelles écritures et lectures, et les déplacements qui s'opèrent entre écriture privée, écriture publique et écriture collective. Sont ainsi pris en compte l'expérience de la lecture selon les phénoménologues, l'apport de l'esthétique dans le multimédia, sans oublier la transformation du code éthique depuis l'informatisation de la société et la quête d'une altitude adéquate face aux nouvelles technologies envahissantes. Et à l'arrière-plan de ces différentes approches, se dessine la recherche d'une possible coexistence des différentes techniques d'écriture caractérisée par les mots à la fois et superposition, traits caractéristiques et répétitifs de cet essai.
L'écriture philosophique a toujours été un travail de précision. Parmi les éléments dont elle est composée, les caractères alphabétiques et les données graphiques jouent un rôle d'importance égale. Depuis la visualisation électronique de l'information, les outils de travail du philosophe se sont manifestement multipliés. Mais bien avant cette visualisation, le philosophe disposait déjà de précieux instruments minimalistes pour attirer l'attention sur les qualités métadiscursives du texte. Dans cet essai, Ann Van Sevenant mesure l'impact de ces signes appelés non verbaux, sans lesquels la philosophie n'aurait pu pleinement se développer. Ainsi, les parenthèses, les guillemets et les italiques sont considérés comme des signes insertifs ou importants. Ils permettent d'introduire de nouvelles significations dans le texte, véhiculent des arrière-pensées et facilitent l'importation de langues étrangères. Etant donné que rien n'assure que le multimédia le plus polychrome, polyphone et polyglotte. conduise par définition au multilinguisme, rien n'indique, inversement, que le texte imprimé soit uniquement monolingue.
L'histoire de la philosophie commence avec la pensée de Zarathoustra, mille ans avant la naissance de la philosophie grecque. L'étude d'Ann Van Sevenant se fonde sur l'un des textes les plus anciens de l'humanité, appelés les Gathas. Ces chants, attribués à Zarathushtra Spitama, sont à l'origine de la religion zoroastrienne, qui a eu une influence considérable sur les trois monothéismes et qui est encore pratiquée aujourd'hui par 250 000 personnes dans le monde. Mais il y a aussi une dimension existentielle dans la pensée de Zarathoustra dont les grands philosophes orientaux et occidentaux se sont inspirés tout au long de l'histoire, entre autres, Pythagore, Héraclite, Platon, Aristote, Plotin, Mani, Augustin, Avicenne,Thomas d'Aquin, Pléthon, Ficino, Spinoza, Hume,Voltaire, Kant, Hegel et Nietzsche. Cet ouvrage propose une nouvelle approche de la philosophie à partir de Zarathoustra.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.