Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Shakespeare, les puissances du théâtre. Un essai philosophique
Van Eynde Laurent
KIME
24,40 €
Épuisé
EAN :9782841743582
Les pièces historiques et les tragédies de Shakespeare apparaissent ici comme la ressource d'une interrogation philosophique infinie sur ce qu'est l'histoire, le sujet, la négativité du langage, son rapport à l'image - en fin de compte sur les ambiguïtés de la construction d'un monde à laquelle la philosophie elle-même est partie prenante. La philosophie du théâtre révèle un langage créateur et destructeur de mondes, traversé de doutes et exposé à tous les inconforts de l'aventure historique - un langage qui trouve dans le drame shakespearien (Hamlet, Richard II, Richard III, Roméo et Juliette, Le Roi Lear, Othello, Macbeth) le lieu d'épanouissement de toutes ses équivocités. Car au-delà du phantasme de la systématicité et de la clôture de la connaissance, la vie même s'accomplit dans le mouvement d'un langage qui invente des mondes au risque de lui-même, au risque de ses univers tragiques. Dès lors, la philosophie elle-même ne serait-elle pas une création théâtrale qui s'ignore ou se nie ? Il ne s'agit pas ici de faire de Shakespeare un philosophe mais de reconnaître dans son ?uvre une incitation à penser le langage philosophique dans sa propre mise en scène - créations concrètes et sans cesse recommencées de mondes infinis.
Alfred Hitchcock a investi sans reste les conditions mêmes de l'image cinématographique: formes perceptives et narratives, mais aussi déterminations propres à une production industrielle, possibilités offertes par la « reproductibilité technique », sidération du « spectaculaire » hollywoodien, etc. Hitchcock s est ainsi posé en formaliste d'une image autosuffisante jusqu à en devenir trop réelle, « hyperréelle ». Mais il redouble aussi bien ce mouvement instituant d'une réflexivité de l image, en ne cessant de montrer « ce qu'il fait », d'avertir le regard fasciné de la puissance de son image. C est dans le même élan qu Alfred Hitchcock crée, dessine, compose, et s interroge sur la culpabilité du faire-image. L analyse de six films majeurs se veut une contribution à une philosophie de l image et de ses formes.
Cet essai sur le cinéma de Roman Polanski explore l'enjeu formel et thématique de l'espace clos, en le décalant néanmoins du trop classique et trop univoque huis clos vers une dialectique affinée de l'intérieur et de l'extérieur. Par le biais de différentes figures de cette dialectique, c'est le statut même de l'image que le cinéma de Polanski permet de penser. Le choix est aussi fait ici de mobiliser les références à la peinture qui travaillent de l'intérieur le cinéma de Polanski et contribuent de manière décisive à son esthétique.
Résumé : " Si Soy Cuba avait pu être montré au public en 1964, le cinéma du monde entier aurait été différent. " Martin Scorcese Soy Cuba sort en 1964 sur les écrans à La Havane et à Moscou. Il s'agit de la première co-production entre Cuba et l'Union soviétique. Initialement, donc, il s'agit de réaliser un film de propagande. Mais Mikhaïl Kalatozov, son réalisateur récemment couronné de la Palme d'or, et son directeur de la photographie, Sergueï Ourroussevski, ont d'autres ambitions, notamment esthétiques. Finalement, le film ne plaît ni aux Cubains, qui le trouvent trop lyrique, ni aux Soviétiques, qui en condamnent l'ambiguïté idéologique et il est rapidement retiré des écrans. Il faudra attendre 1995 et l'intervention de Scorcese et Coppola, qui y voient un véritable chef-d'oeuvre, pour qu'il soit de nouveau diffusé, cette fois dans le monde entier. Le film se compose de quatre histoires différentes qui décrivent la Cuba précastriste tout en se dirigeant progressivement vers l'évidence du soulèvement révolutionnaire : la présence envahissante des touristes américains à La Havane, l'exploitation des paysans cubains par la United Fruit, l'effervescence du milieu étudiant à l'université, enfin l'organisation de la rébellion dans la Sierra Maestra. En s'intéressant à ses nombreuses références (le Cuirassé Potemkine par exemple), à son magnifique traitement du mouvement ou à son étrange bande-son, les auteurs nous font ainsi découvrir un trésor longtemps caché de l'histoire mondiale du cinéma.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.