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Le voyage de Colbert. Nouvelles et récits
Ungar Hermann
OMBRES
8,60 €
Épuisé
EAN :9782841420872
Publiée en 1924, la nouvelle Le Voyage de Colbert introduit, dans une narration d'une rare efficacité, la figure de Modlizki, valet autodidacte, taciturne par principe et destructeur méthodique de l'ordre bourgeois, dont Ungar fera l'un des pivots de La Classe et qui est assurément parmi ses créations les plus fortes et les plus étrangement inquiétantes. D'autres récits, plus courts et non moins surprenants par la maîtrise de l'écriture que l'auteur y manifeste, dessinent une sorte de paysage affectif de la jeunesse provinciale de Ungar, paysage remarquable de cohérence, où le nom des personnages semble décider de leur destin, où l'essentiel ne peut jamais se dire, où la confrontation avec l'autre est toujours brutale et décevante, où l'arrachement au pays natal, nourri de rêves et d'espoir, ne laisse à l'âme qu'un «goût douceâtre et écoeurant». Les dix nouvelles de ce recueil peuvent toutes, à un titre ou à un autre, être considérées comme des textes expérimentaux, des fragments ou des esquisses de l'oeuvre de Hermann Ungar.
Jo et Lili ne comprennent pas pourquoi leur mère veut toujours faire des balades en forêt. "Mais pour découvrir des choses passionnantes, mes enfants". Et Jo et Lili vont rencontrer la linotte mélodieuse, Robert le diable, la traînasse des prés mais aussi le grand rhino...
Résumé : Franz Polzer est un employé de banque ponctuel et méticuleux. Il détestait son père et sa belle-mère ; la vie sexuelle est pour lui une hantise fascinante. Il loge chez Madame Porges, énorme et disgracieuse, qui l'entraîne dans son lit. Honteux devant ses collègues, il se cache. Franz a un ami d'enfance, Carl, juif et riche, atteint d'une sorte de gangrène, et dont la ravissante épouse, Dora, refuse la présence d'un infirmier pour soigner son époux. La veuve Porges, la logeuse, va alors semer le trouble en imposant un infirmier colossal et inquiétant. Elle va tramer de sombres intrigues mêlant le chantage, la jalousie le mensonge et le goût effréné de l'argent, pour plonger Franz et les autres dans un drame où l'érotisme bizarre côtoie la violence et bientôt la mort. Un roman court, étrange et beau, qui dévoile un monde très proche de celui de Franz Kafka.
Rarement le comportement physique et le délabrement mental de personnages au bord de la démence auront été décrits avec autant de force et d'économie à la fois. L'un des premiers lecteurs - Thomas Mann - a écrit que la scène finale "d'Histoire d'un meurtre" dans Enfants et meurtriers l'avait marqué pour la vie. Combien de romans par siècle proposent une telle expérience ? Il ne faut pas la laisser passer." (Patrick Thevenon, Le Nouvel Observateur).
Voici donc quel est le sens du récit qui suit. De Quincey considère que jamais l'intelligence humaine ne s'éleva au point qu'elle atteignit en Emmanuel Kant. Et pourtant l'intelligence humaine, même à ce point, n'est pas divine. Non seulement elle est mortelle mais, chose affreuse, elle petit décroître, vieillir, se décrépir. Et petit-être De Quincey éprouve-t-il encore plus d'affection pour cette suprême lueur, au moment où elle vacille. il suit ses palpitations. Il note l'heure où Kant cessa de pouvoir créer des idées générales et ordonna faussement les faits de la nature. Il marque la minute où sa mémoire défaillit. Il Inscrit la seconde où sa faculté de reconnaissance s'éteignit. Et parallèlement Il peint les tableaux successifs de sa déchéance physique, jusqu'à l'agonie, jusqu'aux soubresauts du râle, jusqu'à la dernière étincelle de conscience, jusqu'au hoquet final."
Niels Lyhne va maintenant s'ouvrir devant vous, livre de splendeurs et de pénétrations. Plus on le lit, plus il apparaît que tout y est: du parfum le plus léger de la vie à la pleine saveur de ses fruits les plus lourds. Il n'est rien là qui ne soit compris, saisi, ressenti, et - à la résonance vibrante du souvenir - reconnu. Rien n'y est petit. Le moindre événement se déroule comme une destinée, et la destinée elle-même s'y déploie comme un tissu, ample et magnifique, dont chaque fil, conduit par une main infiniment douce, se trouve pris et maintenu par cent autres. Vous allez connaître le grand bonheur de lire ce livre pour la première fois. Vous irez, comme dans un rêve, d'étonnement en étonnement. Et je puis vous dire que, dans la suite, vous serez toujours à travers ces pages le même marcheur émerveillé, car elles ne sauraient jamais rien perdre du charme féerique, de la puissance miraculeuse de leur première rencontre. On en jouit chaque fois davantage. Elles vous rendent toujours plus reconnaissants, meilleurs, plus simples de regard, plus pénétrés de foi en la vie, et, dans la vie même, plus heureux et plus grands."
Résumé : Emile Verhaeren (1855-1916), est l'un des plus grands poètes belges d'expression française. Dans ses vers, marqués par un symbolisme sensuel et mystique, sa conscience sociale lui fait évoquer avec lyrisme, et sur un ton d'une grande musicalité, le monde moderne dans ce qu'il a de plus brutal mais aussi de plus vrai : Les Débâcles (1888), Les Campagnes hallucinées (1893), Les Villes tentaculaires (1895), Les Villages illusoires (1895). Auteur de très nombreux recueils de poèmes, d'impressions de voyage, de critiques littéraires, d'études d'art ainsi que de pièces de théâtre, Emile Verhaeren fut aussi un magnifique conteur, au style chatoyant et imagé, usant volontiers du fantastique et de l'insolite. On trouvera ici réunis pour la première fois, l'ensemble des récits et des contes publiés par ses soins dans des revues et dans les Contes de minuit (1884), ainsi que ceux recueillis après sa mort dans Cinq récits (1920) et dans Le Travailleur étrange (1921), illustrés des cinquante-quatre admirables gravures sur bois de Frans Masereel.
Seul, il ne saurait où fuir. Que de fois déjà, las de lui-même est-il descendu, non pour demander secours à quelque autre, mais pour se perdre dans la rue, parc anonyme, mais le plus beau, se forçait-il à croire, de toutes les promesses. Il marchait, ne trouvait point ce rêve sans nom et sans visage en quoi il avait décidé de se perdre. Il marchait. Aucun regard ne retenait le sien. Sur le sol mouillé la plus faible lueur multipliait toute tristesse. Il marchait et le froid se faisait maillot sous les vêtements, le linge. Ses dents claquaient. Son squelette souffrait seul et tout entier, car déjà ce squelette avait dévoré sa chair. Ce qui, de son corps, demeurait apte au bonheur se fanait. Dans ses poches, ses mains étaient des fleurs, sans sève, sans couleur. Alors il entrait n'importe où, non pour trouver quelque secours précis, humain, car s'il cherchait à retarder la débâcle c'était par d'étranges aides et il n'eût su que faire d'une peau habitée par un esprit semblable au sien.Né en 1900, René Crevel se donnera la mort en 1935. Dadaïste, surréaliste, dandy, mondain, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, militant révolutionnaire, de tous les écrivains de l'entre-deux guerres, il a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Conjointement à ses essais polémiques (l'Esprit contre la raison, Le Clavecin de Diderot), son oeuvre romanesque (Détours, Mon corps et moi, La Mort difficile, Babylone, Etes-vous fous ?, Les Pieds dans le plat), mêle l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture.