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La Mort difficile
Crevel René
OMBRES
9,50 €
Épuisé
EAN :9782841421718
Seul, il ne saurait où fuir. Que de fois déjà, las de lui-même est-il descendu, non pour demander secours à quelque autre, mais pour se perdre dans la rue, parc anonyme, mais le plus beau, se forçait-il à croire, de toutes les promesses. Il marchait, ne trouvait point ce rêve sans nom et sans visage en quoi il avait décidé de se perdre. Il marchait. Aucun regard ne retenait le sien. Sur le sol mouillé la plus faible lueur multipliait toute tristesse. Il marchait et le froid se faisait maillot sous les vêtements, le linge. Ses dents claquaient. Son squelette souffrait seul et tout entier, car déjà ce squelette avait dévoré sa chair. Ce qui, de son corps, demeurait apte au bonheur se fanait. Dans ses poches, ses mains étaient des fleurs, sans sève, sans couleur. Alors il entrait n'importe où, non pour trouver quelque secours précis, humain, car s'il cherchait à retarder la débâcle c'était par d'étranges aides et il n'eût su que faire d'une peau habitée par un esprit semblable au sien.Né en 1900, René Crevel se donnera la mort en 1935. Dadaïste, surréaliste, dandy, mondain, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, militant révolutionnaire, de tous les écrivains de l'entre-deux guerres, il a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Conjointement à ses essais polémiques (l'Esprit contre la raison, Le Clavecin de Diderot), son oeuvre romanesque (Détours, Mon corps et moi, La Mort difficile, Babylone, Etes-vous fous ?, Les Pieds dans le plat), mêle l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture.
Textes merveilleux (vraiment merveilleux) d'un surréaliste que l'on cite toujours, mais que presque aucune personne de moins de cinquante ans n'a lu. " Le Nouvel Observateur " Proche d'un Radiguet, d'un Drieu, d'un Cocteau. " Christian Delacampagne, La Quinzaine Littéraire " Crevel n'a pas besoin de légende. Avec Antonin Artaud, il est un des surréalistes dont la vie authentifie l'oeuvre. " Jacques Brenner, Paris-Normandie " Il y a une raison à la redécouverte de Crevel : c'est le malaise contemporain. Certains ont vu en lui une image prémonitoire de Mai 68. Il correspond aux lendemains désenchantés de ce mai-là. " Hubert Juin, Le Monde " La réédition des principaux livres de René Crevel, pour la plupart épuisés depuis longtemps, apparaît comme un acte de justice et de salubrité. De justice, parce qu'il convient de mettre enfin Crevel à sa vraie place, l'une des premières parmi les écrivains surréalistes et parmi les écrivains tout court. De salubrité, parce qu'il suffit d'ouvrir au hasard n'importe lequel de ses livres inclassables pour respirer le grand air de la liberté. " Jean-Louis Bédouin, Les Nouvelles Littéraires " Crevel, auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages au vrai, n'aura écrit qu'une seule phrase. La longue phrase d'un monologue fiévreux qui serait d'un Proust ayant trempé un biscuit au L. S. D. dans son thé, à la place de l'onctueuse madeleine. " Angelo Rinaldi, L'Express " La réédition des livres de René Crevel, prodigieux météore d'entre les deux guerres, le replace à coup sûr quarante ans plus tard à la pointe de nos mouvements les plus ouverts. " Dominique Rolin, Le Point
René Crevel aux Editions Pauvert Mon corps et moi, préface de Jean Frémon. La mort difficile, préface de Salvador Dali. Les pieds dans le plat, préface de Ezra Pound. Babylone. Détours, préface de Michel Carassou. L'Esprit contre la Raison et autres écrits surréalistes, préface de Annie Le Brun. à la Librairie Arthème Fayard René Crevel, biographie de Michel Carassou.
Récit de jeunesse de Jules Barbey d'Aurevilly (1808 - 1889), qui résume peut-être mieux que tout autre les caractéristiques et les mérites de l'art du narrateur. Publié en 1843, il se compose de cent cinquante petits chapitres épigrammiques ; bien que le récit soit plutôt long, il se ramène à un sujet très simple. La scène : les conversations et les réceptions du monde élégant parisien vers le milieu du XIXème siècle ; le personnage principal : Joséphine d'Alcy, jeune femme de vingt-sept-ans... Une charmante petite personne, au passé pas très clair, riche d'esprit et au fond sèche de coeur, résolue à se faire une situation dans la société. M. Baudoin d'Artinel s'éprend d'elle ; c'est un digne magistrat, resté veuf avec trois fils ; une sorte de beau ténébreux devient également amoureux d'elle : intelligent, sceptique et ardent, il a reçu le nom pittoresque d'Aloys de Synarose. Il fait impression sur la jeune femme qui, pourtant sans abandonner le vieillard, voudrait conquérir Aloys ; mais celui-ci devine le calcul et la mesquinerie de cette âme et réussit à vaincre la tentation. L'anneau qui est passé au doigt de Joséphine lors de son mariage avec le vieux magistrat, cérémonie à laquelle Aloys assiste, lui semble comme le légendaire anneau d'Annibal qui contenait un poison caché sous la pierre. Il s'agit ici d'un poison plus subtil, invisible, qui ne tue pas les hommes, mais l'amour. Sur le thème romantique, l'originalité de Barbey d'Aurevilly a modulé une quantité de brillantes variations, mordantes, ironiques, sentimentales, cyniques et poétiques avec un brio et un sens de la mesure qui ne se retrouvent dans aucune de ses autres oeuvres.
Le De Mulieribus claris, traité des femmes célèbres (1361-62), fait partie des oeuvres latines de la fin de la vie de Boccace, dont la diffusion et l'illustration ont été en leur temps supérieures à celles mêmes du Décaméron. Tout comme Pétrarque, avec qui il a contribué à fonder la littérature en toscan, l'auteur conçoit le projet d'une nouvelle culture humaniste ; il désire conquérir le public des lettrés, après avoir fait les délices de la bourgeoisie grâce à son Décaméron. L'ouvrage, qui se situe toujours dans la tradition médiévale des recueils d'exemples, comporte cent-six Vies de femmes réelles ou imaginaires, mêlant des destinées illustres à d'autres qui ne sont restées que par une anecdote obscure. La traduction du De Mulieribus dont nous présentons des extraits a été publiée à Lyon en 1551 chez Guillaume Rouillé, d'après la traduction italienne de L. A. Ridolfi. C'est cette version dont Brantôme recopie un passage dans son Recueil des Dames, pour rendre hommage au " beau livre " du " grand Boccaccio ". Seule peut-être cette langue du XVIe siècle, verte et rabelaisienne, était à même d'exprimer les ruptures de ton d'un texte protéiforme, tour à tour éloquent, gracieux ou grivois, et qui a inspiré des auteurs tels Christine de Pisan, Castiglione ou Chaucer.
Voici donc quel est le sens du récit qui suit. De Quincey considère que jamais l'intelligence humaine ne s'éleva au point qu'elle atteignit en Emmanuel Kant. Et pourtant l'intelligence humaine, même à ce point, n'est pas divine. Non seulement elle est mortelle mais, chose affreuse, elle petit décroître, vieillir, se décrépir. Et petit-être De Quincey éprouve-t-il encore plus d'affection pour cette suprême lueur, au moment où elle vacille. il suit ses palpitations. Il note l'heure où Kant cessa de pouvoir créer des idées générales et ordonna faussement les faits de la nature. Il marque la minute où sa mémoire défaillit. Il Inscrit la seconde où sa faculté de reconnaissance s'éteignit. Et parallèlement Il peint les tableaux successifs de sa déchéance physique, jusqu'à l'agonie, jusqu'aux soubresauts du râle, jusqu'à la dernière étincelle de conscience, jusqu'au hoquet final."
Résumé : Cécile a dix-sept ans. En vacances avec son père, veuf qui se satisfait d'une aventure sans lendemain avec la jolie Elsa, elle découvre l'amour dans les bras de Cyril, un charmant étudiant. Mais l'arrivée d'Anne, une femme belle et intelligente, vient déranger ces délicieux moments d'insouciance. Avec une écriture moderne et un charme troublant resté intact, Françoise Sagan brosse le portrait d'une jeunesse en quête de liberté et de plaisir, jouant avec les sentiments comme on joue avec le feu. Le texte intégral annoté ; Des questionnaires au fil du texte ; Des documents iconographiques exploités ; Une présentation de Françoise Sagan et de son époque ; Un aperçu du genre romanesque ; Un groupement de textes : "Mensonges et manipulations".
J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents, de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre. Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n'ai jamais déposé une fleur sur la tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance. C'est impardonnable.
Bernanos avait été chargé de composer les dialogues d'un scénario cinématographique, lui-même tiré de la célèbre nouvelle de Gertrud von Le Fort, La Dernière à l'échafaud, ayant pour thème la marche au martyre de seize carmélites de Compiègne qui furent guillotinées en place de Grève le 17 juillet 1794. Mais l'oeuvre de Bernanos est profondément différente du récit allemand. Ne serait-ce que parce que Bernanos se trouvait lui-même à la veille de sa propre mort.