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Tu ne tueras plus !. Émile Derré, anarchiste, pacifiste, sculpteur
Galibert Thierry
LIBERTAIRES
12,00 €
Épuisé
EAN :9782900886199
Le samedi 3 mai 1924, en première page de l'Humanité, on pouvait apercevoir une photographie du plus extraordinaire monument non pas aux morts mais aux vivants de l'après-guerre Réconciliation : une femme assise vêtue d'un long drapé descendant jusqu'aux chevilles, portant sur ses genoux, deux soldats nus mais casqués, l'un français, l'autre allemand, enlacés comme un couple amoureux en un baiser de cinéma. L'auteur : un certain Emile Derré. Derré, en voilà un qui a sombré tout vif dans la légende, de sa vie on sait peu de choses, pis encore, une partie de ses oeuvres a tout simplement disparu, sa statue de Fourier : fondu sous l'occupation, le groupe Réconciliation évaporé à une date inconnue, Le chapiteau des Baisers, où l'on voit Louise Michel embrasser Blanqui, retiré du jardin du Luxembourg à la demande de Mitterrand. Le titre d'artiste maudit lui va comme un gant, il suffirait pour s'en convaincre de mettre en vis-a-vis la photographie de Nadar où on le voit posant fièrement dans un habit sombre, petite barbe, regard profond, se disant que ça y est, qu'il y est arrivé, qu'issu de rien il fait à présent parti du cénacle, des grands hommes, des artistes qui comptent, et quelques années plus tard, un certain Emmanuel Bourcier trace de lui une caricature, vieil homme maigre aux yeux creusés, grande moustache qui se voudrait élégant avec sa lavallière mais dont le feutre informe hurle la misère. De Montmartre à Nice, du buste d'Elisée Reclus au plus beau des monuments pacifiste, voici Emile Derré, sculpteur anarchiste, injustement tombé dans l'oubli.
Charles Lassailly fait partie de la jeunesse romantique désenchantée des années 1830 qui compte également Gérard de Nerval et Petrus Borel. " Monté " à Paris pour y faire fortune dans les lettres, il sera le collaborateur de Balzac, l'ami d'Alfred de Vigny et de Théophile Gautier, le fondateur de plusieurs journaux destinés à défendre ses idées républicaines ainsi que l'auteur d'un unique et fulgurant roman, Les Roueries de Trialph. Le héros est un raté qui, conscient de ses faiblesses, résolu à se suicider, s'" amuse ", en attendant, " à faire un livre ". Particulièrement hostile aux Romantiques qui, tels Victor Hugo, pratiquent la littérature commerciale, Lassailly invente un personnage qui, en accord avec un siècle qui " pense beaucoup mais n'agit jamais ", ne peut que devenir " penseur, par métier, homme de lettres de nom ". A l'époque, un tel sujet était déjà d'actualité. Les Roueries de Trialph est précédé d'une introduction de Thierry Galibert, Professeur de littérature française à l'université Paul Cézanne-Aix-Marseïlle. Elle permet de situer l'auteur et l'ouvre dans l'histoire du Romantisme français, ainsi que de souligner ce qui fait de Lassailly un précurseur de Baudelaire et de Lautréamont.
Oh, quel genre d'hommes sont les Européens ! [...] J'appelle un homme celui qui a penchant naturel à faire le bien et qui ne songe jamais à faire du mal. Tu vois bien que nous n'avons point des juges : pourquoi ? parce que nous n'avons point de querelles ni de procès. Mais pourquoi n'avons nous pas de procès ? C'est parce que nous ne voulons point recevoir ni connaître l'argent. Pourquoi est-ce que nous ne voulons pas admettre cet argent ? C'est parce que nous ne voulons pas de lois et que depuis que le monde est monde nos pères ont vécu sans cela. Au reste, il est faux, comme je l'ai déjà dit, que le mot de lois signifie parmi vous les choses justes et raisonnables, puisque les riches s'en moquent et qu'il n'y a que les malheureux qui les suivent. " Ce livre, mi romanesque mi philosophique, est tout à la fois le précurseur de l'anthropologie moderne et le premier exemple d'ouvrage de fiction où le "sauvage" sert à critiquer les m?urs occidentales. Il est d'autant plus étonnant qu'il est l'?uvre d'un noble, Louis-Armand de Lom d'Arce, baron de Lahontan, gentilhomme campagnard désargenté, parti tenter sa chance en Amérique, à l'âge de 17 ans. La Hontan, qui deviendra lieutenant du roi au Canada et à Terre-Neuve de 1683 à 1693, partagera la vie des Indiens et des Hurons et erra ensuite pendant dix ans en Europe pour tenter vainement de devenir espion au service de la France puis de vendre ses connaissances sur l'Amérique à l'Espagne et à l'Angleterre.
Dans la série des études consacrées aux rapports que l'individu entretient avec la modernité, cet essai prend le parti de faire du poète l'exemple de référence. En montrant combien les conditions politiques, économiques et sociales accentuent en lui plus qu'en tout autre le dualisme cartésien entre substance pensante et substance étendue, l'auteur entend faire mieux comprendre les mécanismes qui battent en brèche le mythe de l'individu indivis. La période qui court de la seconde génération romantique à la mort d'Antonin Artaud est, sur ce point, caractéristique. A travers quelques expériences poétiques s'y dessine un rapport sensible à la modernité conçu comme acte de résistance du moi tiraillé. L'auteur relit cette histoire à la lumière de trajectoires qui, pour être individualisées, n'en convergent pas moins vers la perception commune que la singularité de chacun est menacée de disparition. Il montre qu'au point de rencontre de l'histoire, de la philosophie et de la sociologie, l'homo poeticus moderne assimile alors la subjectivité à une simple variation sur l'individu atomisé et universalisé, tout en se démarquant de l'analyse distanciée des sciences humaines du fait qu'il joue son propre rôle sur la scène qu'il décrit. La condition de poète n'est alors plus spécifiquement poétique, elle devient largement humaine.
La bestialité n'est pas la bêtise, aussi peut-on la rencontrer dans des esprits reconnus, tels André Breton ou Jean-Paul Sartre. Elle affecte l'intelligence et conduit à penser à contre bon sens, le plus souvent avec suffisance. Pour la cerner, l'auteur prend le parti de s'appuyer sur Antonin Artaud qui fut à la fois le plus grand pourfendeur de la bestialité et sa victime emblématique. A la suite de Marx qui la découvre en Victor Hugo, Antonin Artaud traque la bestialité dans la modernité occidentale. Avec Nietzsche, il constate alors que le processus évolutif de l'Occident conduit à transformer le monde en hôpital psychiatrique potentiel en lequel l'aliéné n'est pas celui qu'on croit.
L'école libertaire Bonaventure (1993-2001) est une expérience pédagogique et éducative étonnante à plus d'un titre. De par sa durée. Et de par son insertion dans un processus global de révolution sociale libertaire. Ecole, centre éducatif, république éducative, Bonaventure était tout à la fois libertaire, laïque, révolutionnaire et... gratuite. Adhérente au mouvement Freinet dont elle utilisait largement (mais pas seulement) les méthodes pédagogiques, elle a de nouveau entrouvert les portes de ce grand rêve de toujours, celui d'une école du peuple débarrassée de ses oripeaux étatiques, capitalistes et confessionnels. Ce livre raconte son histoire. Celle d'une cinquantaine de mômes, de trois instits, de trois éducateur(trice)s... apprenant à lire, écrire compter et, surtout, à apprendre à apprendre la liberté, l'égalité, l'autogestion... par la liberté, l'égalité, l'autogestion. Un rayon de soleil dans la pénombre du moment. Une arme de destruction massive de la désespérance actuelle.
Résumé : Les Editions libertaires ont pris la décision de rééditer ? immense chantier ? les oeuvres complètes du poète libertaire et chansonnier Gaston Couté (1880-1911). Ce deuxième volume comprend Une vie bellement légendée, un essai biographique d'Alain (Georges) Leduc, qui, de ses années de formation à sa fin tragique, nous entraîne dans le moindre recoin de la vie et de l'oeuvre du jeune chansonnier et analyse son rapport à l'amour, à l'alcool, à la langue, dans son contexte socio-politique ; ainsi que de nouvelles et importantes annexes sur La Guerre sociale, les rapports de police diligentés sur le poète, de nombreux témoignages (Pierre Mac Orlan, Maurice Héliot, Clovys, Fernand Després, Jehan Rictus, Bernard Dimey...), un chapitre sur Le Vent du ch'min, un autre sur le musée de Meung-sur-Loire... Le premier volume comprend le corpus intégral de ses poésies et de ses chansons. On y découvrira ses chansons d'actualité ; ses pièces de théâtre et nouvelles, ses textes de jeunesse, ainsi que ses dessins et caricatures dans un cahier couleurs. S'y ajoutent des pièces d'archives inédites, un ensemble de notes situant chaque écrit dans son contexte historique, un glossaire des termes du patois beauceron-solognot que Gaston Couté employait, ainsi qu'une discographie.
Résumé : La prostitution, aujourd'hui, est un sujet de société sur lequel les empoignades se succédent. On qualifie d'abolitionnistes des mesures prohibitionnistes, tandis que le réglementarisme glamour déferle dans les médias, généralement célébré par des personnalités que leur niveau de vie met à l'abri de ses conséquences, comme il les préserve de la casse sociale. Cet essai s'efforce de remettre les pendules à l'heure dans une perspective féministe et libertaire, résolument abolitionniste, en faisant un tour historique, économique, philosophique et politique de la question. Décapant !
Depuis toujours, lEglise catholique prétend quelle est la gardienne de la morale et que Dieu lui a donné pour mission de combattre le mal sur terre. Pour ce quil en est de la morale, le rapport Sauvé sur la pédophilie dans lEglise vient de remettre à lheure des faits les pendules de cette prétention. Pour ce quil en est du mal, ce texte de Louis Dorlet, alias S. Vergine, paru en 1936 dans La Brochure mensuelle, est un rapport Sauvé avant lheure. Depuis toujours, en effet, lEglise, assoiffée de pouvoir, de richesse et de sang, quand elle ne maniait pas elle-même le sabre, déléguait aux pouvoirs et se partageait avec eux le marché de lexploitation et de loppression du peuple. Explosif !