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LA VILLE ET LA MER
Trotzig Birgitta
GALLIMARD
6,44 €
Épuisé
EAN :9782070263844
Dans l'univers clos d'une petite ville de la côte scandinave de la Baltique, l'angoisse de la fin du monde prédite pour l'an 1500 règne sur les habitants. Au centre du récit, Merete, bossue, bâtarde, est parvenue à atteindre un certain équilibre en acceptant sa souffrance. Elle croit trouver un semblant d'amour auprès d'un lansquenet déserteur, et elle le repousse tout en sachant que cet abandon lui sera fatal. Lars Peder, le maire de la ville, viole Merete un soir d'ivresse. Elle met au monde un petit garçon qui mourra trois ans plus tard, emporté par une épidémie qui décime la ville. Le peuple, désespéré rend Merete responsable de ce fléau et la lapide avant de la jeter à la mer. Avant le supplice final, Dieu, qui a pitié d'elle, sauve son âme. Ce long poème en prose, fresque d'un monde de cauchemar, empreint d'une angoisse métaphhysique et d'une poignante beauté, classe Birgitta Trotzig parmi les meilleurs écrivains suédois.
L'enfant de la princesse cygne et du roi crapaud : ce symbole de la double nature humaine, dû au grand conteur danois Andersen et repris ici par Birgitta Trotzig, est le point de départ d'une oeuvre insolite, d'une grande intensité. L'histoire, qui se déroule dans le sud de la Suède, couvre trois générations. Vers la fin des années vingt, une jeune paysanne, enceinte d'un vagabond, part pour la ville, où elle accouchera d'une fille. Elle y mènera une existence misérable d'ouvrière, élevant son enfant, une petite noiraude un peu demeurée, un être à part dont on se moque. Plus tard, celle-ci aura un fils, au destin encore plus tragique que le sien. L'histoire se répète : la faute engendre la faute, aux yeux d'une société cruelle, à l'esprit étroit, mais où les conditions de vie changent, insensiblement, au point que la grand-mère, restée seule, ne s'y retrouve plus. Ce qui fait la force du récit, c'est le jeu des contrastes, la coexistence des extrêmes : gel et feu, lumière et ténèbres, visions de l'univers et moeurs de province. Toutefois, le grand thème de ce roman, c'est l'amour, avec la violence obscure de l'instinct, mais aussi la tendresse et la compassion.
Résumé : "Deux mondes étranges - difficile de dire s'ils étaient réellement opposés, si l'un ne naissait pas de l'autre. Mais difficile de dire lequel naissait alors de l'autre. Le monde du soleil était clair, cruellement visible, c'est dans sa lumière aveuglante que la guerre avait été menée, c'était à la lumière tranchante comme un couteau qu'elle peinait jour après jour jusqu'à la fin du jour (la lessive sur la pierre du lavoir, le couteau pour tailler la canne à sucre). Et au soleil appartenait aussi le sexe, c'était une des ouvres à la fois généreuses et incompréhensiblement destructrices du soleil, c'était au cours de la chaleur de la sieste de midi que les étrangetés les plus étranges se produisaient, d'elles naissaient alors soudain des enfants qui saignaient et criaient, avec des yeux sombres et rieurs avec en eux le goût du sang. Et l'autre monde, l'autre être humain ?"Ces trois contes rassemblés ici sont autant de variations sur le thème de la dualité, et confirme le talent de Birgitta Trotzig, qui, livre après livre, explore le monde derrière les apparences dans une ouvre inclassable.
Résumé : La nuit terrestre que Birgitta Trotzig, de livre en livre, fait se refermer toujours plus implacablement sur ses personnages, atteint ici une épaisseur qui donne au livre une dimension de cauchemar épique d'autant plus terrifiant qu'il ne cesse d'être lié aux choses les plus concrètes de la nature et de la vie, et qu'il nous est communiqué selon les règles narratives d'un strict réalisme. La misère matérielle, dans l'univers de Birgitta Trotzig, ne se distingue en rien du malheur métaphysique, de l'absence de Dieu. Et ce serait trop peu de dire que l'auteur affronte ici le problème du Mal : le Mal comme problème a ses rires, ses échappées heureuses, ses défis, son plaisir. Rien de tel dans ce livre, où le Mal, si Mal il y a (mais il n'est pas nommé), règne en maître absolu. Cette vaste parabole est inséparable du cadre où elle se déroule : ciel bas sur les terres plates des champs de betteraves argileux, haies de saules dans le blanc dégouttant de pluie, brume, maisons grises. La seule couleur vive est celle des flammes de la briqueterie et celle de la guerre, des ghettos et des villages incendiés. Nulle psychologie, nulle parole presque, nul dialogue ne relance le récit. Dans le mutisme général, gestes et regards traduisent seuls la "vie intérieure", qui se confond avec les cris muets de l'inconscient, la pensée larvaire du rêve, l'incompréhension, traversée de lueurs de pitié. C'est là sans doute la singularité la plus frappante de Birgitta Trotzig que son réalisme insistant, cruel, presque incommodant, atteigne comme sans la rechercher jamais la force poétique.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.