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La maladie
Trotzig Birgitta
GALLIMARD
19,30 €
Épuisé
EAN :9782070296361
La nuit terrestre que Birgitta Trotzig, de livre en livre, fait se refermer toujours plus implacablement sur ses personnages, atteint ici une épaisseur qui donne au livre une dimension de cauchemar épique d'autant plus terrifiant qu'il ne cesse d'être lié aux choses les plus concrètes de la nature et de la vie, et qu'il nous est communiqué selon les règles narratives d'un strict réalisme. La misère matérielle, dans l'univers de Birgitta Trotzig, ne se distingue en rien du malheur métaphysique, de l'absence de Dieu. Et ce serait trop peu de dire que l'auteur affronte ici le problème du Mal : le Mal comme problème a ses rires, ses échappées heureuses, ses défis, son plaisir. Rien de tel dans ce livre, où le Mal, si Mal il y a (mais il n'est pas nommé), règne en maître absolu. Cette vaste parabole est inséparable du cadre où elle se déroule : ciel bas sur les terres plates des champs de betteraves argileux, haies de saules dans le blanc dégouttant de pluie, brume, maisons grises. La seule couleur vive est celle des flammes de la briqueterie et celle de la guerre, des ghettos et des villages incendiés. Nulle psychologie, nulle parole presque, nul dialogue ne relance le récit. Dans le mutisme général, gestes et regards traduisent seuls la "vie intérieure", qui se confond avec les cris muets de l'inconscient, la pensée larvaire du rêve, l'incompréhension, traversée de lueurs de pitié. C'est là sans doute la singularité la plus frappante de Birgitta Trotzig que son réalisme insistant, cruel, presque incommodant, atteigne comme sans la rechercher jamais la force poétique.
Trotzig Birgitta ; Gauffin Jeanne ; Bjurström Carl
Injustement accusé de haute trahison et destitué de sa charge, le vieux pasteur Isak Graa, abandonné de tous et réduit à la mendicité, erre sur les routes de Scanie - province ravagée par les guerres que se livrent, en cette fin de XVIIe siècle, les armées suédoises et danoises. Au milieu de cette misère humaine, le destitué, condamné à être enchaîné comme une bête, essaie de garder sa foi en la Justice divine. Comme Job, il est tourmenté par le mystère d'un Dieu qui accable le juste ou qui le laisse accablé par son absence; comme Job, il doute, désespère, sent sa propre déchéance l'engloutir. Mais dominant sa souffrance et son humiliation, l'élu de Dieu peut enfin saluer la lumière qui chasse les ténèbres. Soudain, il voit clair: de son agonie naîtra un homme nouveau.
Résumé : "Deux mondes étranges - difficile de dire s'ils étaient réellement opposés, si l'un ne naissait pas de l'autre. Mais difficile de dire lequel naissait alors de l'autre. Le monde du soleil était clair, cruellement visible, c'est dans sa lumière aveuglante que la guerre avait été menée, c'était à la lumière tranchante comme un couteau qu'elle peinait jour après jour jusqu'à la fin du jour (la lessive sur la pierre du lavoir, le couteau pour tailler la canne à sucre). Et au soleil appartenait aussi le sexe, c'était une des ouvres à la fois généreuses et incompréhensiblement destructrices du soleil, c'était au cours de la chaleur de la sieste de midi que les étrangetés les plus étranges se produisaient, d'elles naissaient alors soudain des enfants qui saignaient et criaient, avec des yeux sombres et rieurs avec en eux le goût du sang. Et l'autre monde, l'autre être humain ?"Ces trois contes rassemblés ici sont autant de variations sur le thème de la dualité, et confirme le talent de Birgitta Trotzig, qui, livre après livre, explore le monde derrière les apparences dans une ouvre inclassable.
Trotzig Birgitta ; Gauffin Jeanne ; Bjurström Carl
Injustement accusé de haute trahison et destitué de sa charge, le vieux pasteur Isak Graa, abandonné de tous et réduit à la mendicité, erre sur les routes de Scanie, ravagée par la guerre en cette fin du XVII ? siècle. Cependant le destitué essaie de garder sa foi en la Justice divine. Comme Job, il doute, désespère, sent sa propre déchéance l'engloutir. Mais, dominant sa souffrance et son humiliation, l'élu de Dieu peut enfin saluer la lumière qui chasse lés ténèbres : de son agonie naîtra un homme nouveau. Tributaire de Dostoïevski et de Kafka, Birgitta Trotzig a su créer une oeuvre fortement originale, un univers qui reflète sa propre conception de la condition humaine.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.