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Le maître et la mort
Trillard Marc
GALLIMARD
19,30 €
Épuisé
EAN :9782070729869
Port-au-Prince, comme une pièce de charogne, une carcasse entre les mâchoires d'un chien sur sa décharge »: c'est là que commence le roman, lors des funérailles quasi nationales organisées à la mémoire d'un journaliste assassiné sur les ordres d'un sénateur véreux, membre influent de la mouvance Lavalas actuellement au pouvoir, qui prépare le retour du prêtre-président Aristide. Le personnage central du roman, Valéry Vlatine, est employé à la bibliothèque de l'Institut français. On est en période électorale, et Haïti vit dans un climat de guerre civile larvée. Vlatine occupe ses journées à se promener dans le pays, évitant les banlieues résidentielles fréquentées par les Blancs, cherchant un apaisement à son vague à l'âme dans les bras de très jeunes prostituées haïtiennes. Seule contrainte professionnelle, il doit accueillir un écrivain venu de métropole, Exantus Phanord, natif de l'île mais qui n'y est pas retourné depuis l'enfance. Vlatine le guide dans les quartiers populaires, puis lassé par la naïveté et les bons sentiments de l'écrivain, l'abandonne à son sort. Phanord se retrouvera dans une manifestation de l'opposition, des policiers l'embarqueront au poste où il fera un séjour à la fois instructif et traumatisant, qui hâtera son retour vers Paris. Vlatine a décidé de rester sur l'île, se rapproche d'une secte évangéliste dirigée par le pasteur Habermas, qui ne tarde pas à repérer ses qualités de prédicateur. Vlatine monte dans la hiérarchie et finit par fonder sa propre secte, baptisée le Rocher de Baden, avec quelques prêtres d'Habermas qu'il parvient à dévoyer. La secte a du succès, grâce à la force de persuasion du Blanc, et à la liqueur miraculeuse dont il vend les fioles à prix d'or (une mixture à laquelle il affirme avoir mélangé le sang de ses stigmates ? en fait, du sang de poulet). Il loue une superbe maison, qu'il appelle la Volière, dans laquelle il convie des restaveks, enfants abandonnés par leurs parents auprès de riches protecteurs. Entouré d'adolescentes, il se construit là son Eden privé. Mais sa disciple Guirlène, numéro deux de la secte, ancienne maîtresse qu'il délaisse, le trahit comme lui-même avait trahi Habermas. Elle entraîne les fidèles avec elle, et il se retrouve seul, Blanc parmi une population qui lui est désormais hostile.C'est un roman étrange, passionnant, magnifiquement écrit. Ce qui retient et fascine, c'est l'écriture tonique, inventive, foisonnante, très libre et mûre: on peut appeler cela un style. Le thème lui-même, l'intrigue et ses ressorts, ne sont qu'un support à cette fête de mots qui savent aussi bien célébrer le corps des femmes que décrire la haine, la médiocrité, la déliquescence tropicale, la tyrannie du désir qui pousse les hommes à leur perte, la violence et la perversité des rapports post-coloniaux? Les dialogues, acérés, font preuve d'une grande maîtrise. Les caractères sont remarquablement ébauchés. Trillard donne à chaque page la preuve sans conteste d'une exceptionnelle puissance romanesque. Peu d'auteurs, en tout cas, sont capables de restituer avec une telle vigueur d'évocation des atmosphères de moiteur tropicale, de violence collective, d'érotisme trouble.
Au port d'embarquement, face à la place Tiradentes, voici l'agitation coutumière de la fin de journée. On appareille en nombre, Belém en aval, Itaituba vers le sud par le Tapajos. Toutes ces lignes, tous ces ports de sortie ou d'arrivée, tous ces départs que j'enchaîne depuis six semaines... Je sais ce que je cherche, sur le port. Les odeurs du voyage. L'huile et la graisse de moteur, les vapeurs de gasoil, le fer des passerelles. Et après les odeurs, les images, le flux des passagers à l'embarquement, le va-et-vient des marchandises sur les épaules des caregadores, l'accrochage des hamacs aux crochets des poutrelles sous le toit des ponts. Puis ses bruits, sa musique hypnotique, son chant du départ répercuté sur tout le fleuve: les cris des adieux entre bastingage et quai, les coups de corne de brume aux postes de commandement. Combien de kilomètres, depuis que je parcours l'Amazone, le Solimôes, le Coari Grande? Deux mille, deux mille cinq cents. J'en prends encore pour huit à neuf cents ce soir sur le Viagero IV; escales à Monte Alegre vers minuit, Prainha six heures plus tard, Almeirim demain en milieu de journée. Or vend un très bon fromage de lait de bufalo, sur le pies d'Almeirim, ai-je souvenir. Suis-je un voyageur heureux? Au-delà de mes espérances Rends-toi compte. Le fromage de bufalo sur le ponton d'Almeirim, et Macapa en bout de la ligne de mire."
Il y avait deux ans que l'Agence régionale de santé cherchait à effacer le canton de Theyllise de la carte des déserts médicaux, jusqu'à l'arrivée de Jeanne Ambarel au village de Malabre en remplacement de feu le docteur Malbosc. Bien décidée à s'intégrer rapidement à la population pour son premier poste, elle découvre peu à peu une communauté un peu fruste mais bon enfant, avec ses coutumes énigmatiques. Abandonnée à ce cabinet à la pesante histoire, où nul patient ne se résout à franchir le seuil, elle tente de saisir le passé médical des Malabrais. Entre processions païennes, éducation et us d'un autre temps, elle comprend que tout le village partage un secret et qu'elle ne le percera qu'en forçant son passé.
Huis-clos au large : un paradoxe qui n'en est pas pour ceux qui connaissent et la mer et les hommes. Mettons tout de suite les choses au point : Coup de lame n'a rien d'un roman " marin ". On a jeté par-dessus bord le vieux lyrisme du type " mer cruelle ", pour ne garder que ces six hommes enfermés dans une coque d'acier et qui font leur métier de pêcheurs de thon, à l'extrême pointe du XXe siècle. Ce qui compte ici, ce sont ces six personnages démarrés, et l'époque qui les a pris dans sa nasse et qui ne les lâche plus. Le capitaine en est peut-être à sa dernière campagne. La routine et le confort en ont fait un terrien malgré lui. Le bonhomme songe plus à la taille de ses pommiers qu'à la colère des patrons de barque espagnols qui font une ronde menaçante autour de son chalutier ultramoderne. Bah, on n'arrête pas le progrès, se dit-il, tout à son avenir de vieil homme rangé, tandis que ses hommes remâchent, chacun pour soi, des rêves qui ont un goût prononcé d'amertume. A ceci près que le progrès est un allié sournois... et que les coups de lame ne viennent jamais de là où on les attend. L'histoire qu'a nouée ici Marc Trillard, en serrant bien fort les nœuds de son filet, ne concerne pas seulement, on l'aura compris, cette poignée d'hommes affairés à leur métier, quelque part au large. Cette histoire est aussi bien la nôtre. Et elle fait mal, très mal.
Résumé : Un écrivain ami des mauvais chemins part à la découverte d'un archipel peu fréquenté : les îles du Cap Vert, au beau milieu de l'Atlantique. Il est rejoint en route par sa femme, une métisse originaire de l'archipel, qui a perdu de vue sa mère - et ses îles - à l'âge de trois ans. C'est donc pour elle un retour aux sources. Et pour eux deux un temps démarré ponctué d'escales, rythmé surtout par la musique...seule ressource de ce lieu déshérité. Le parcours se révélera fertile en drôles de rencontres, car les voyages ont une façon à eux de vous mener en bateau. Comme l'auteur, on en revient doucement chaviré. Convertis nous aussi aux joies subtiles du cabotage, cette navigation peu hasardeuse qui finit par apprivoiser l'errance et propose à ses adeptes une vie tout ensemble nomade et casanière. Un joli programme que les humains déboussolés devraient bien songer à acclimater ailleurs. Un récit de voyage nimbé de musique - et de fine tristesse. Et la confirmation du talent de Marc Trillard, l'auteur d'Eldorado 51 (prix Interallié 1994).
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "