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Les chants de l'enténébré. Edition bilingue français-allemand
Trakl Georg ; Finck Michèle
ARFUYEN
15,00 €
Épuisé
EAN :9782845903074
Rimbaud cesse d'écrire avant trente ans, Trakl meurt à vingt-sept ans en 1914 et sa période dite de " maturité " n'aura également duré que quatre ans (1910-1914). Comme celui de Rimbaud, le parcours poétique de Trakl est menacé par la folie : " Aucun des sophismes de la folie, – la folie qu'on enferme – n'a été oublié par moi ", écrit Rimbaud. C'est cette même démence qui " enténèbre " l'oeuvre de Trakl. Mais alors que Rimbaud, prophète solaire et exalté, travaille à l'échelle de " l'immensité de l'univers " et de tous les hommes, Trakl, l'ermite nocturne, ne conçoit qu'une harmonie transmissible à quelques " séparés " L'hostilité de Trakl envers le classicisme bourgeois de Goethe contraste avec son admiration pour Novalis, qui apparaît comme son double bienheureux. Mais, plus encore que Novalis, l'interlocuteur majeur de Trakl est Hölderlin, qui incarne la figure du " poète fou ", devenu étranger à une réalité extérieure sans emprise sur lui. Rilke disait avoir " beaucoup fréquenté, avec la plus grande émotion, la poésie de Georg Trakl " : les deux oeuvres se rencontrent autour de ce que Rilke nomme " le Terrible ". Mais le poème trakléen se différencie du poème rilkéen par son caractère apocalyptique, présage d'une destruction. Paul Celan, héritier de Trakl s'il en est, parle à propos de sa propre oeuvre de " reste chantable " C'est bien en termes de " restes chantables " qu'on peut comprendre ce qui demeure chez Trakl de la tradition qu'il recueille et du monde qu'il affronte.
L'oeuvre de Trakl occupe dans les pays de langue allemande la situation singulière qui est, au centre d'une redéfinition moderne de la poésie, celle de Rimbaud en France. Questionnée, parfois détournée par les philosophes ou les historiens de la littérature, comme celle de Hölderlin, elle est avant tout le lieu d'une tentative d'écriture impersonnelle.
L'oeuvre de Trakl est extrêmement brève. Dans sa jeunesse, il écrit de nombreux poèmes qu'il détruit par la suite, ne voulant laisser de pages imparfaites derrière lui. Ses deux pièces de théâtre "La Mort de don Juan" et "Barbe-Bleue" suivent le même sort ; toutefois, elles nous ont été conservées à l'insu de leur auteur. Nous sont également parvenues les ébauches d'un troisième drame datant des dernières années de sa vie, et dont l'atmosphère et la langue sont comparables aux poèmes les plus accomplis. Si l'on exclut ces écrits que Trakl ne destinait pas à la publication, l'oeuvre poétique se compose d'une cinquantaine de poèmes rimés, d'une soixantaine en vers libres, et de quatre poèmes en prose. Ce petit recueil de deux cents pages à peine suffit à faire de Trakl l'un des plus extraordinaires poètes lyrique de la langue allemande, pourtant si féconde dans ce domaine. Première traduction parue en langue française (GLM, 1956), Rêve et Folie & autres poèmesprésente vingt et un poèmes en vers libres, ainsi que les quatre écrits en prose, dont font partie les admirables pages de "Rêve et Folie" ; cette vaste fresque, souvent autobiographique, est la pièce maîtresse de l'auteur, et a fourni le titre de ce volume. Le texte allemand reproduit la version des oeuvres complètes publiées par les Editions Otto Muller à Salzbourg.
Résumé : Über den schwarzen Winkel hasten Am Mittag die Raben mit hartem Schrei. Ihr Schatten streift an der Hirschkuh vorbei Und manchmal sieht man sie mürrisch rasten. O wie sie die braune Stille stören, In der ein Acker sich verzückt, Wie ein Weib, das schwere Ahnung berückt, Und manchmal kann man sie keifen hören Um ein Aas, das sie irgendwo wittern, Und plötzlich richten nach Nord sie den Flug Und schwinden wie ein Leichenzug In Lüften, die von Wollust zittern. Fenster, bunte Blumenbeeten, Eine Orgel spielt herein. Schatten tanzen an Tapeten, Wunderlich ein toller Reihn. Lichterloh die Büsche wehen Und ein Schwarm von Mücken schwingt, Fern im Acker Sensen mähen Und ein altes Wasser singt. Wessen Atem kommt mich kosen ? Schwalben irre Zeichen ziehn. Leise fließt im Grenzenlosen Dort das goldne Waldland hin. Flammen flackern in den Beeten. Wirr verzückt der tolle Reihn An den gelblichen Tapeten. Jemand schaut zur Tür herein. Weihrauch duftet süß und Birne Und es dämmern Glas und Truh. Langsam beugt die heiße Stirne Sich den weißen Sternen zu.
Résumé : " Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. " Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort. Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : " Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. " C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : " La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. " Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer : " Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer " (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf ? Mrs Dalloway, Les Vagues etc. ?, mais elle ne ?y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra-phiques que nous arrivons avec elle " au coeur " : ce " coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ".
L'oeuvre de Rilke n'a cessé d'accompagner les éditions Arfuyen depuis leur création. De Rilke elles ont publié six ouvrages, souvent réédités : Le Vent du retour, trad. Claude Vigée (1989, rééd. 2005) ; La Vie de Marie, trad. Claire Lucques (1989, rééd. 1992 et 2013) ; L'Amour de Madeleine (1992, rééd. 2000 et 2015) ; Le Livre de la Pauvreté et de la Mort, trad. Jacques Legrand (1997, rééd. 2016) ; " Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l'Ici-Bas " (2006), enfin Ainsi parlait Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister (2018). Le Livre de la vie monastique (Das Buch vom mönchischen Leben) a été écrit par en 1899 au retour de son premier voyage en Russie (avril-juin 1899) avec Lou Andreas-Salomé, à qui il est dédié. Il constitue la première partie du Livre d'heures publié en 1905. Lou Andreas-Salomé en conservait le manuscrit original qui sera publié en fac-similé en 1936 : y figurent à côté des poèmes de nombreux et précieux commentaires sur les lieux, les circonstances et l'état d'esprit dans lesquels ils ont été écrits par le " moine " réputé en être l'auteur. Ils sont reproduits ici pour la première fois avec les poèmes. Ecrit dans des circonstances exceptionnelles, ce texte est une des oeuvres les plus fortes, les plus " nietzschéennes " de Rilke, l'une de celle qu'Etty Hillesum gardait toujours avec elle. Peu et souvent très mal traduite en français (car très difficile à rendre), elle reste à découvrir par le public français.