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L'économie n'existe pas
Traimond Bernard
BORD DE L EAU
10,20 €
Épuisé
EAN :9782356871015
Quand deux personnes parlent d'économie, le moindre examen des conversations le montre, elles invoquent rarement la même chose. D'où proviennent cette polysémie et ces ambiguïtés ? Partant de cette singulière constatation, l'ouvrage examine les glissements successifs qui ont installé un type de discours fondé sur des catégories immuables depuis trois siècles, gagnant ainsi une autorité qu'il est devenu impossible de discuter. Pourtant, la tradition de déconstruction installée depuis quelques décennies dans les sciences sociales qui a déjà démantelé les mentalités, l'ethnie, l'auteur, l'opinion publique... rend nécessaire le démontage de l'" économie ". Il suffit alors de dévoiler les raisons historiques de sa mise en place et les contradictions entre les divers principes qui la fondent. Cet examen permet sans peine de préciser quelques-unes des raisons pour lesquelles le " discours économique " présente d'extrêmes faiblesses qui contrastent avec son universel succès. Les critiques qu'il suscite de ci de là méritent d'être rassemblées de façon un peu systématique. En proposant une autre approche du monde, en déplaçant les points de vue " indiscutés ", l'auteur cherche à ouvrir la voie à une mise en cause des discours dominants, des catégories pré-construites et des problématiques imposées pour surtout laisser la place à des démarches plus sérieuses... et qui sait à un nouvel enchantement du monde...
Résumé : Pourquoi, à nos yeux, l'orthographe a-t-elle une si grande importance ? Lorsque le regard se porte soit sur le passé, soit sur d'autres langues, la place de la graphie n'apparaît pas aussi déterminante. Jusqu'à ces dernières années, un Anglo-Saxon ne se souvenait pas comment il avait appris la façon dont il écrit sa propre langue alors que pas un Français ne l'ignore. Mieux, dans ce dernier pays, chacun dispose généralement sur ce point d'une conception très arrêtée de l'orthographe, sur sa dégradation, sur les causes de son irrespect. Chacun se sent capable de proposer des solutions. L'orthographe partage avec quelques autres thèmes, comme la religion musulmane, les " maths modernes " ou l'apprentissage de la lecture, le privilège de constituer un objet sur lequel quiconque a un avis. Dès lors, qu'ils choisissent la conformité, la nécessité ou le refus de l'orthographe, les locuteurs que nous avons rencontrés expriment chaque fois des relations aux autres. Ils doivent impérativement prendre position par rapport à leur entourage. Aussi, avec la question de l'orthographe, nous rencontrons un " lieu de cristallisation " issu non seulement des émotions ressenties dans l'activité quotidienne mais aussi de l'intériorisation des plus dogmatiques des doctrines. Le " vécu " des locuteurs s'articule aux théories des linguistes plus ou moins consciemment intériorisées, exprimées avec plus ou moins de bonheur. Ce faisceau de rencontres déterminera notre recherche. Il s'agira de garder dans leur intégralité, non seulement ces émotions - l'arc-en-ciel des joies et des terreurs que suscite l'orthographe - mais aussi les théories aussi farfelues ou abstraites soient-elles, afin de rendre compte, autant que faire se peut, de la façon dont, dans ce pays, tout locuteur tente d'écrire sa langue. Nous rencontrons ainsi un lieu où se bousculent les discours les plus divers, ceux du théoricien et ceux du praticien, ceux du savant et ceux du vulgaire, chacun prenant généralement le plus grand soin d'occulter ses objectifs.
Résumé : L'art de la Russie ancienne s'épanouit durant plus de sept cents ans, du quinzième au dix-septième siècle. Profondément marqué par l'empreinte religieuse, son évolution est étroitement liée au christianisme et aux finalités du culte orthodoxe. Très vite, les bâtisseurs russes manifestent un authentique génie créateur, marqué par l'élégance et l'harmonie des proportions. Ce premier volume est consacré à la naissance et à l'épanouissement d'une architecture d'abord sous influence byzantine au temps de la Russie kiévienne (du dixième au treizième siècle), mais qui ne tarde pas à s'émanciper et à susciter de nombreuses écoles régionales. Il ne faut pas attendre longtemps, en effet, pour voir surgir les puissants chefs-d'?uvre que sont les cathédrales Sainte-Sophie de Kiev et de Novgorod, puis la Dormition de Vladimir. Après une éclipse due aux invasions tataromongoles, la renaissance artistique et culturelle s'amorce dès le quinzième siècle sous l'égide des princes de Moscou. L'auteur présente les sources lointaines qui ont alimenté le génie artistique de la Russie et étudie la façon dont elles se sont combinées pour donner naissance à un style original, remarquable par son unité de pensée et d'expression. L'iconographie, somptueuse et entièrement inédite, témoigne avec éloquence de la maîtrise et des dons artistiques des Russes.
Extrait Extrait de l'introduction : Comme une nouvelle de Borges ou une vitrine d'un musée d'anthropologie, ce livre pourrait commencer par juxtaposer plusieurs objets disparates, un enregistreur de son, la photo d'un chercheur au travail peut-être face à son locuteur, un manuscrit, un livre d'anthropologie. L'année de cette juxtaposition - 1960 - justifie cet assemblage aussi arbitraire qu'hétéroclite. Apparu à ce moment de l'histoire de l'anthropologie, l'irruption du magnétophone - selon l'expression de Jack Goody (1996 : 127) - modifie chacun des différents éléments énumérés. Exprimé après coup par un récit, l'usage généralisé du graveur (et du reproducteur) de paroles fournit un même dénominateur à des éléments antérieurement séparés. À ce moment-là, par le miracle de l'enregistrement et de la transcription, les modalités des enquêtes et les informations recueillies changent de statut et d'échelle. L'écriture et même l'objet de l'anthropologie s'en trouvent modifiés. Je voudrais reconstituer les récits qui permettent de relier ces éléments hétéroclites, proposer une généalogie des liens qui les organisent, établir une dramaturgie qui organise des relations entre des objets disparates. Le terme de magnétophone est nettement antérieur. Ce fut d'abord le nom d'une marque, celle donnée à un appareil d'enregistrement sonore sur bande magnétique construit à partir de 1936 - en plein nazisme - par l'entreprise allemande AEG-Téléfunken. Mais vingt ans plus tard, en 1956, Marcel Griaule parlait encore dans ses derniers cours de «graveur de son». Aujourd'hui, les mots de dictaphone, de lecteur-enregistreur ou de MP3 s'ajoutent à celui de microphone pour désigner des appareils servant à réaliser les mêmes tâches.
Depuis peu, l'apparition du terme d'ethnopragmatique exprime l'intérêt croissant pour les questions qu'elle soulève, et surtout, pour les manières dont elle les résout. L'expression a été utilisée pour la première fois dés 1993 - semble-t-il - par Alessandro Durante qui a formé un "mot valise" pour réunir deux traditions antérieurement séparées : d'un c8té, l'anthropologie, discipline à laquelle il se rattachait par ses enquêtes, et de l'autre, la pragmatique du langage, type de linguistique développée à la suite de Wittgenstein et d'Austin. L'importance accordée aux discours enregistrés permet, pour sortir des thèmes canoniques de l'anthropologie, d'examiner n'importe quel objet à partir des propos tenus sur les pratiques par les acteurs et les témoins. Pour cela, l'ethnopragmatique, rendue possible par l'usage du magnétophone, utilise les instruments que nous fournit la pragmatique du langage appliquée â l'analyse des paroles recueillies lors des enquêtes, propos que l'anthropologue présente à son lecteur. Ces procédures s'appuient sur de nouveaux paradigmes (continuité entre discours naturel et discours sérieux, pluralité des points de vue, interaction, sources de première main, critique des informations, microanalyse) et font du processus d'enquête un instrument de connaissance. Ce livre retrace la démarche ethnopragmatique qui désigne, depuis une quinzaine d'années, les moyens utilisés pour surmonter les obstacles rencontrés à chaque étape des recherches.
Tantôt décrié, tantôt encensé, le revenu de base apparaît comme l'une des principales utopies d'un XXIe siècle où la fin de la croissance économique, les mutations du travail et les transformations de la société nous obligent à réviser nos logiciels de pensée. Loin de n'être qu'un phénomène de mode, le revenu de base s'inscrit dans une tradition historique ancienne qui prend sa source dans la Révolution française. Une ligne de force est ainsi repérable sur deux siècles, qui alterne lueurs et éclipses, pour proposer des solutions aux défis de nos sociétés, successivement : la question agraire, la révolution industrielle et la société postindustrielle. Timothée Duverger suit ainsi la piste du droit au revenu et se concentre en particulier sur les trois grandes démocraties libérales, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il croise tour à tour le radicalisme britannique, le socialisme utopique au XIXe siècle, les propositions de crédit social puis de dividende social dans l'entre-deux-guerres en Grande-Bretagne, le débat sur l'impôt négatif dans les Etats-Unis des années 1970, l'essor d'un mouvement européen autour de l'allocation universelle dans les années 1980, l'émergence contemporaine du débat en France, avant de terminer ce voyage par un tour du monde des expérimentations. A l'issue de cette exploration, une conclusion s'impose : le revenu de base, quels que soient sa forme, le moment ou le lieu où il est conçu, interroge toujours nos sociétés démocratiques et l'autonomie de l'individu dans une reconfiguration permanente des rapports entre l'économie et la société. Le revenu de base se présente bien comme l'une des utopies à expérimenter pour ouvrir une brèche vers le nouveau monde qui tarde à naître.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?
Cet ouvrage propose : 1°) Un état de la recherche en matière de complotisme (surtout du point de vue psychologique - domaine dans lequel de nombreuses recherches ont été menées ces dernières années et dont il n'existe pas de synthèse grand public) ? 2°) Liens entre complotisme , antisémitisme et islamophobie (C'est toujours le Mossad qui est derrière; Eurabia) ? 3°) Repenser le complotisme à l'ère des medias sociaux (les classiques du sujet datent d'avant Facebook) ? 4°) Pourquoi la lutte contre le complotisme est-elle condamnée à l'échec.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.