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Qu'est-ce que l'ethnopragmatique ?
Traimond Bernard
PU BORDEAUX
19,00 €
Épuisé
EAN :9791030000849
Depuis peu, l'apparition du terme d'ethnopragmatique exprime l'intérêt croissant pour les questions qu'elle soulève, et surtout, pour les manières dont elle les résout. L'expression a été utilisée pour la première fois dés 1993 - semble-t-il - par Alessandro Durante qui a formé un "mot valise" pour réunir deux traditions antérieurement séparées : d'un c8té, l'anthropologie, discipline à laquelle il se rattachait par ses enquêtes, et de l'autre, la pragmatique du langage, type de linguistique développée à la suite de Wittgenstein et d'Austin. L'importance accordée aux discours enregistrés permet, pour sortir des thèmes canoniques de l'anthropologie, d'examiner n'importe quel objet à partir des propos tenus sur les pratiques par les acteurs et les témoins. Pour cela, l'ethnopragmatique, rendue possible par l'usage du magnétophone, utilise les instruments que nous fournit la pragmatique du langage appliquée â l'analyse des paroles recueillies lors des enquêtes, propos que l'anthropologue présente à son lecteur. Ces procédures s'appuient sur de nouveaux paradigmes (continuité entre discours naturel et discours sérieux, pluralité des points de vue, interaction, sources de première main, critique des informations, microanalyse) et font du processus d'enquête un instrument de connaissance. Ce livre retrace la démarche ethnopragmatique qui désigne, depuis une quinzaine d'années, les moyens utilisés pour surmonter les obstacles rencontrés à chaque étape des recherches.
Considérable, l'influence de Sartre sur l'anthropologie reste méconnue. Ce livre a pour but de mettre au jour le rôle que sa pensée a joué, en France, chez Althaea, Favret-Saada, Chauvier... , en Espagne, avec Lison-Tolosana et surtout aux Etats-Unis, chez Goffman, Carpanzano ou Jackson. En effet, le courant dit "interactionniste" provient directement de la phénoménologie par trois canaux : les Français, Sartre et Merleau-Ponty ; le Russe Bakhtine ; et, plus directement, par Alfred Schütz. Il convient donc de retrouver chez les plus intéressants anthropologues d'aujourd'hui les parcours qui les ont amenés à utiliser la pensée de Sartre dans leurs recherches, même s'il ne le disent pas tous.
En présentant cinq expériences successives qu'a rencontrées et/ou effectuées Gérard Althabe (1932-2004), Bernard Traimond cherche à conserver autant que faire se peut toute l'ampleur de sa pensée sans cependant en cacher les limites. Elles constituent des étapes qu'il a parcourues - sans en suivre ni la logique, ni la chronologie - pour affiner et préciser ses recherches. Chaque expérience ouvre de nouvelles possibilités qu'exploite la suivante. En fin de parcours, j'espère avoir fait entrer le lecteur dans le labyrinthe des débats anthropologiques actuels, en gardant leurs richesses tout en enlevant une partie de leur complexité. Il ne s'agit donc pas de réaliser une hagiographie (inutile) mais de montrer l'ampleur des recherches de Gérard Althabe afin de les dépasser au plus vite. Pour cela, il est urgent d'installer son oeuvre à la place qu'elle mérite. Ce livre veut donc montrer la force, l'originalité et la fécondité de démarches et travaux que jusqu'ici peu ont su lire, ou en tout cas, utiliser.
... Ce livre peut se lire comme un plaidoyer en faveur de la critique des sources en anthropologie. En effet, pour diverses raisons - parfois contradictoires - cette discipline s'est rarement préoccupée de la qualité des informations dont elle dispose. Généralement, l'anthropologue fabrique lui-même les données qu'il utilise au moyen d'entretiens avec les locuteurs qu'il rencontre. Par là même, il s'adresse directement à l'objet de ses recherches, sans utiliser le moindre biais, le moindre intermédiaire. Il enquête auprès de ceux qu'il étudie. Mais les informations ainsi récoltées résultent d'une interaction dans laquelle le chercheur joue un rôle décisif. Une question induit une réponse et si l'enquêteur ou même le moment changent, les propos tenus feront de même. Au mystificateur cynique, Psalmanaazaar, a succédé l'honnête chercheur calomnié puis réhabilité, La Villemarqué. Avec Bladé, nous avons cherché à suivre toute la démarche de l'enquêteur, de ses collectes en langue indigène peu connue, ici le gascon, à sa traduction et sa publication en langue nationale chez les éditeurs de la capitale. Il ne nous restait donc plus qu'à examiner des supercheries contemporaines, Castañeda, avant de montrer que certaines critiques peuvent porter même sur des domaines difficilement contestables (Freeman et Mead). Ce parcours nous conduit au carnet d'enquête, aujourd'hui objet de focalisation de toute critique des sources en anthropologie.
Extrait Extrait de l'introduction : Comme une nouvelle de Borges ou une vitrine d'un musée d'anthropologie, ce livre pourrait commencer par juxtaposer plusieurs objets disparates, un enregistreur de son, la photo d'un chercheur au travail peut-être face à son locuteur, un manuscrit, un livre d'anthropologie. L'année de cette juxtaposition - 1960 - justifie cet assemblage aussi arbitraire qu'hétéroclite. Apparu à ce moment de l'histoire de l'anthropologie, l'irruption du magnétophone - selon l'expression de Jack Goody (1996 : 127) - modifie chacun des différents éléments énumérés. Exprimé après coup par un récit, l'usage généralisé du graveur (et du reproducteur) de paroles fournit un même dénominateur à des éléments antérieurement séparés. À ce moment-là, par le miracle de l'enregistrement et de la transcription, les modalités des enquêtes et les informations recueillies changent de statut et d'échelle. L'écriture et même l'objet de l'anthropologie s'en trouvent modifiés. Je voudrais reconstituer les récits qui permettent de relier ces éléments hétéroclites, proposer une généalogie des liens qui les organisent, établir une dramaturgie qui organise des relations entre des objets disparates. Le terme de magnétophone est nettement antérieur. Ce fut d'abord le nom d'une marque, celle donnée à un appareil d'enregistrement sonore sur bande magnétique construit à partir de 1936 - en plein nazisme - par l'entreprise allemande AEG-Téléfunken. Mais vingt ans plus tard, en 1956, Marcel Griaule parlait encore dans ses derniers cours de «graveur de son». Aujourd'hui, les mots de dictaphone, de lecteur-enregistreur ou de MP3 s'ajoutent à celui de microphone pour désigner des appareils servant à réaliser les mêmes tâches.
Pour le notaire, la déontologie fonde aussi sûrement sa fonction que les dispositions juridiques qui la décrivent. Elle en est la justification comme la conséquence. Son respect, également partagé, est le ciment de la confraternité et par là même de l'union de la profession. Sa promotion assure au citoyen la solidité comme l'équilibre du contrat établi ou du conseil prodigué par l'étude. Sa description permet à chaque notaire ou à celui qui aspire à le devenir, de confronter à tout instant son action aux principes qui doivent la guider. C'est assez dire l'importance de l'ouvrage de référence de notre confrère Gilles Rouzet, enseignant à la Faculté de droit de Bordeaux, qui en propose aujourd'hui une nouvelle édition aux étudiants comme à tous les notaires. Le lecteur ne pourra qu'être sensible à l'exceptionnelle qualité du travail accompli, et la profession toute entière y puisera un puissant motif de confiance. (Hubert Gence, Président honoraire du Conseil supérieur du notariat.)
Qu'en est il donc aujourd'hui de l'édition littéraire ? Quels sont ses enjeux ? ses soucis ? Quelles sont ses perspectives ? Ce sont là quelques-unes des questions posées à Michel Tournier, Jean Jacques Pauvert, Maurice Nadeau, Paul Otchokovsky-Laurens, Irène Lindon, Raphaël Sorin, Gérard Bobillier et Georges Monti. Pour connaître enfin l'envers du décor éditorial. Pour savoir comment se prépare la rentrée littéraire. Comment se dirige une maison d'édition, un ¦il sur les manuscrits, l'autre sur les comptes d'exploitation... À ces entretiens, inédits, riches d'anecdotes et d'enseignements, ont été ajoutées une étude sur le comité de lecture chez Gallimard, une autre sur le département littéraire des Éditions du Seuil (à partir d'une plongée dans les archives de la maison), de même qu'une réflexion sur les problèmes de la librairie aujourd'hui.