ARTICLES Frédérique TOUDOIRE-SURLAPIERRE, Sylvain BRIENS, Pierre-Brice STAHL, Alessandra BALLOTTI : Introduction. Topographies boréales et esprit d'aventure Torfi H. TULINIUS : Je est un Autre. Le Groenland dans l'imaginaire des Islandais du Moyen Age Dorine ROUILLER : Terra incognita et frigida : l'(in)habitabilité du Grand Nord à la Renaissance Álvaro LLOSA SANZ : Un chevalier errant à la recherche du Nord. Le boréalisme dans Don Quichotte de Cervantes Guillaume DUCOUR : Topographie boréale et topologie boréaliste chez Pierre-Daniel Huet (1630-1721) Vincent ROY-DI PIAZZA : Musis Borealibus : science boréale et discours sur le Nord, 1620-1720 Alessandra BALLOTTI : La Revue du Nord (1904-1907) : le boréalisme francophone en Italie Thomas BEAUFILS : Cultures matérielles en miroir : transferts "boréalistes" entre les Pays-Bas et la Norvège Laurent PAGES : Enquêtes d'aujourd'hui sur les explorations polaires d'autrefois : le récit d'une expédition en Arctique dans Un monde sans rivage d'Hélène Gaudy NOTES ET DOCUMENTS Claire McKEOWN : Ecrire le Nord du Nord.
Savoir dire non, c?est affirmer sa force de caractère. Le non est un séducteur, il a toujours eu les faveurs intellectuelles de l?Europe. Il permet le débat, la contestation, il met en valeur l?esprit critique. Mais ce mot est dangereux : poussé dans ses retranchements, il peut devenir nihilisme ou négationnisme. Le oui paraît en revanche beaucoup plus insignifiant. Il est le mot de l?accord, du consentement, de l?assentiment un peu béat. La littérature a stigmatisé cette posture par le oui du mariage, le happy end attendu des comédies. Le oui ne serait donc pas plus qu?un faire-valoir du non, une sorte d?interlocuteur un peu naïf sommé de lui donner la réplique ? C?est sans compter les chocs de l?Histoire et les traumatismes de la seconde guerre mondiale qui ont redistribué les cartes du oui et du non, relativisant la force de l?un pour postuler la nécessité vitale de l?autre. Pris entre le oui et le non, le lecteur est pris entre deux feux littéraires. Tout l?avenir de la littérature est ainsi mis en question. Se libérer des stéréotypes de la langue et des conventions sociales, des affirmations commodes et des refus catégoriques, prendre ses distances avec le non, assumer la légèreté et la sensualité du oui nous permettra-t-il de nous défaire de la négativité et du pessimisme ? C?est tout le pari de cet essai.
Résumé : Regarder Bacon pour mieux lire (déchiffrer) les toiles de Munch, et réciproquement puiser dans ses images corporelles pour entrer dans l'univers de Bacon. Mémoriser les analyses de l'un afin d'assembler des indices et avancer dans cette enquête conjointe du corps en peinture. Qu'est-ce qui se donne à voir dans les représentations picturales du corps : est-il nu, habillé, en pied, de face, de biais ou de dos, caché ou vêtu ? Se montre-t-il ou se cache-t-il ? Toutes ces questions permettent de cerner comment le corps se positionne dans l'espace pictural, et, par la manière dont il s'empare du tableau, elles donnent à comprendre également la façon dont un corps peut toucher des peintures qui forment mais qui défigurent aussi les apparences, les visages et les corpulences.
La critique n'est pas seulement une activité intellectuelle ou artistique neutre: en elle se révèle l'ambivalence de notre rapport aux autres, dans notre façon de dialoguer avec eux et/ou de les affronter. Cette duplicité tient au fait que la critique se présente comme une posture intellectuelle alors même qu'elle est aussi toujours une réaction affective et émotionnelle. Plus profondément encore, elle renvoie à notre façon de percevoir et de comprendre une oeuvre qu'un autre, témoignant ainsi d'un talent qui révèle sa différence et sa distinction, a créée. Que fait la critique face à cette manifestation du pouvoir de créer? Elle dévoile en tout cas ce que nous sommes (ou non) à même de recevoir et de restituer. Biographie de l'auteur Frédérique Toudoire-Surlapierre enseigne la littérature comparée et le théâtre à l'université de Franche-Comté. Elle a publié Hamlet, l'ombre et la mémoire (2004), L'Imaginaire nordique (2005) et La Dernière Fois (2007); elle s'intéresse également au cinéma, aux arts et aux rapports entre les disciplines.