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Que fait la critique ?
Toudoire-Surlapierre Frédérique
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252036785
La critique n'est pas seulement une activité intellectuelle ou artistique neutre: en elle se révèle l'ambivalence de notre rapport aux autres, dans notre façon de dialoguer avec eux et/ou de les affronter. Cette duplicité tient au fait que la critique se présente comme une posture intellectuelle alors même qu'elle est aussi toujours une réaction affective et émotionnelle. Plus profondément encore, elle renvoie à notre façon de percevoir et de comprendre une oeuvre qu'un autre, témoignant ainsi d'un talent qui révèle sa différence et sa distinction, a créée. Que fait la critique face à cette manifestation du pouvoir de créer? Elle dévoile en tout cas ce que nous sommes (ou non) à même de recevoir et de restituer. Biographie de l'auteur Frédérique Toudoire-Surlapierre enseigne la littérature comparée et le théâtre à l'université de Franche-Comté. Elle a publié Hamlet, l'ombre et la mémoire (2004), L'Imaginaire nordique (2005) et La Dernière Fois (2007); elle s'intéresse également au cinéma, aux arts et aux rapports entre les disciplines.
Résumé : " Plus on fuit, plus on a peur" écrivait Jean-Paul Sartre dans son Esquisse pour une théorie des émotions. La peur est une émotion négative qui possède le pouvoir de se surenchérir elle-même... Il faut donc la prendre à son propre piège, c'est-à-dire à revers et par ruse. Le chevalier Bayard nous le disait déjà, être " sans peur ", c'est être " sans reproche "... Au-delà des bons mots de l'Histoire, faut-il en conclure que c'est parce qu'il nous faudrait lutter contre l'angoisse, l'horreur ou l'inquiétude que celles-ci font tant l'unanimité ? Aurions-nous besoin d'avoir peur, nourrissant nos craintes dans une imagination insatiable du pire et une surenchère médiatique d'un mal qui va bon train ?
ARTICLES Frédérique TOUDOIRE-SURLAPIERRE, Sylvain BRIENS, Pierre-Brice STAHL, Alessandra BALLOTTI : Introduction. Topographies boréales et esprit d'aventure Torfi H. TULINIUS : Je est un Autre. Le Groenland dans l'imaginaire des Islandais du Moyen Age Dorine ROUILLER : Terra incognita et frigida : l'(in)habitabilité du Grand Nord à la Renaissance Álvaro LLOSA SANZ : Un chevalier errant à la recherche du Nord. Le boréalisme dans Don Quichotte de Cervantes Guillaume DUCOUR : Topographie boréale et topologie boréaliste chez Pierre-Daniel Huet (1630-1721) Vincent ROY-DI PIAZZA : Musis Borealibus : science boréale et discours sur le Nord, 1620-1720 Alessandra BALLOTTI : La Revue du Nord (1904-1907) : le boréalisme francophone en Italie Thomas BEAUFILS : Cultures matérielles en miroir : transferts "boréalistes" entre les Pays-Bas et la Norvège Laurent PAGES : Enquêtes d'aujourd'hui sur les explorations polaires d'autrefois : le récit d'une expédition en Arctique dans Un monde sans rivage d'Hélène Gaudy NOTES ET DOCUMENTS Claire McKEOWN : Ecrire le Nord du Nord.
Quoi de plus simple en apparence que de téléphoner ? Quels rapports à l'autre le téléphone engage-t-il ? Le moins que l'on puisse dire est que le monde contemporain s'est évertué à diversifier et à complexifier ce rapport à l'autre en multipliant les possibilités d'un contact vocal à distance : appeler ou recevoir un appel, le manquer, y répondre ou laisser sonner, prendre un message... Les possibilités sont nombreuses et disent en filigrane la multiplicité des enjeux identitaires et communautaires dès lors qu'on prend un téléphone en main. Celui-ci a subrepticement pris le pouvoir. Alors qu'il se présente de prime abord comme un écho sonore, nous transformant en autant d'Echo, nous nous sommes employés à en faire un reflet de nous-mêmes, à le narcissiser en quelque sorte. Passionnel ou conflictuel, introspectif ou expansif, le rapport que nous entretenons au téléphone se dévoile au prisme du mythe de Narcisse et d'Echo. D'une manière inattendue, se joue le face-à-face (plus ou moins amical) des médias et de la culture. Parce qu'il ne doute de rien, le télé- phone concurrence la littérature, allant jusqu'à lui subtiliser ses propres modalités dialogiques, littéraires et mêmes esthétiques. Il suscite un nouvel usage de soi dont le téléphone portable est l'emblème médiatiquement narcissique où se révèlent autant le plaisir d'une parole qui a su se dérober aux exigences de la présence qu'une inquiétude sourde, ce risque toujours latent de perdre le contact avec l'autre. Mais, au téléphone, suffit-il de raccrocher ?
Un livre peut-il nous faire changer d'avis ? Le fait divers nous donne à le croire. En nous interrogeant sur les rôles respectifs de la littérature, de l'écrivain et du lecteur dans la société contemporaine, il nous montre à quel point nos opinions sont malléables, changeantes mais surtout réversibles. Dans cette rumeur collective que constitue la circulation des opinions, une voix résonne tout particulièrement, celle des faits divers, parce qu'ils sont précisément un moment de prédilection du partage et de la manipulation des opinions. Le pouvoir de conviction du fait divers découle de sa puissance intrinsèquement fictionnelle. Et parce qu'il est un enchaînement, parfois horrible ou sordide mais toujours impressionnant, de péripéties inattendues et spectaculaires, le fait divers est la preuve que le réel est narrativement orchestré et que nous avons bien raison de nous représenter le monde comme une fiction.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.