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Fin du dogme paternel
Tort Michel
AUBIER
24,40 €
Épuisé
EAN :9782700724271
Le discours sur le déclin du père et sur la faillite de la fonction paternelle est devenu un lieu commun. Ce livre s'efforce d'interpréter ce discours angoissé et de renverser les termes du problème : "le Père" est une construction historique, solidaire des formes traditionnelles de la domination masculine, qui assure aux pères le monopole de la fonction symbolique. Cette figure patriarcale est en passe de céder la place à de nouveaux arrangements des rapports de parentalité. C'est la fin de la "solutions paternelle". Mais comment s'est construite historiquement la légende du père et comment jeter les bases d'une histoire positive de la paternité qui cesse de broder sur le récit édifiant d'un déclin permanent ? Cette opération ne va pas sans un réexamen critique des constructions freudiennes et lacaniennes sur le père, qui déploient une version particulière de l'Oedipe, cet "Oedipe à solution paternelle", dont les jours sont comptés. Du coup, comment peut s'effectuer la mise en oeuvre de la fonction paternelle et, à travers elle, la constitution du sujet ? Du mouvement anti-paternel de la jeunesse du milieu du XXème siècle à la mise en cause des violences paternelles, en passant par la législation sur le nom, il s'agit de repérer les principaux aspects de la décomposition de la "solution paternelle" (perte de la maîtrise sur la procréation notamment), ses tentatives de restauration (le bricolage d'un "ordre symbolique") et l'invention de nouveaux modes de subjectivation liés aux nouveaux rapports de genre et de sexe.
Psychanalyste et anthropologue, Anne Levallois interroge les conditions de la pratique analytique : le fantasme dans le transfert, les effets de la parole et du discours, et plus spécifiquement les signifiants liés au féminin, mais aussi les fonctions de la liberté et de l'étonnement. Sa lecture sans concession du mouvement psychanalytique français et de ses scissions, dominées par la question de la passe et de la transmission, cerne les enjeux du pouvoir dans une institution. Son originalité tient aussi à son intérêt pour l'histoire, qu'elle confronte à la psychanalyse en mettant en perspective la psychohistoire avec l'école des Annales. Elle montre que c'est par une appréhension nouvelle de la singularité que psychanalyse et histoire se rejoignent. Ainsi, Anne Levallois inscrit la psychanalyse dans le champ de la connaissance, entre histoire sociale et psychologie collective.
D'où vient l'évolutionnisme et où va-t-il ? Une histoire générale de l'évolutionnisme permettrait à la pensée occidentale de mieux se reconnaître et s'analyser dans les complexes scientifiques et philosophiques qui la caractérisent et la manoeuvrent. Elle montrerait moins une révolution de la pensée qu'une étonnante persistance d'intuitions classificatoires et hiérarchiques apparues bien avant le XIX ème siècle, dans les domaines étroitement liés de la réflexion anthropologique, de l'étude comparée des systèmes d'écriture, de la philologie et des sciences linguistiques en général. Surgirait alors, au sein d'une remise en ordre obligée des phénomènes discursifs, la nécessité d'un réexamen profond de l'efficience objective des "modèles" : pour avoir voulu penser, par exemple, l'évolutionnisme linguistique de Schleicher comme une "conséquence" applicative de l'évolutionnisme des sciences de la nature, on s'est empêché de comprendre de quel poids était pour ce dernier, à rebours, la référence qu'il fait aux sciences linguistiques, dont l'intuition évolutionniste était déjà fortement constituée en Europe lorsque parut, en 1859, "L'origine des Espèces" de Darwin.
Le discours sur le déclin du père est devenu un lieu commun. Ce diagnostic sur la faillite de la fonction paternelle est porté au nom de la psychanalyse, qui statuerait sur les atteintes aux fonctions symboliques vitales pour le psychisme humain et leur déstructuration actuelle. La psychanalyse se doit d'interpréter ce discours angoissé en renversant les termes du problème. Le Père est une construction historique, fidèle aux formes traditionnelles de la domination masculine, qui assure aux pères le monopole de la fonction symbolique. Cette figure patriarcale en crise depuis les années 1980 est en passe de céder la place, clans les sociétés démocratiques occidentales, à de nouveaux rapports de parentalité. Mais la fin d'un père, le Père du patriarcat occidental, est la fin d'un monde - pas la fin du monde. Les formes du devenir-sujet et l'exercice des fonctions paternelles mettent en jeu le pouvoir entre les sexes. Ce changement de perspective ne va pas sans un réexamen critique des constructions freudienne et lacanienne sur le père, qui reposent sur la soumission à un potentat séparateur. On peut alors jeter les bases d'une histoire positive de la paternité et mettre un terme au récit édifiant du déclin permanent. Du mouvement antipaternel de la jeunesse, au milieu du XXe siècle, dont 1968 demeure le symbole, à la mise en cause des violences paternelles, il s'agit de repérer les principaux aspects de la décomposition de la solution paternelle, ses tentatives de restauration par le bricolage d'un ordre symbolique, mais aussi de discerner l'invention de nouveaux modes de paternité, liés à l'évolution des rapports entre les sexes.Michel Tort est psychanalyste, professeur à l'université Paris 7. Il a notamment publié Le Désir froid. Procréation artificielle et crise des repères symboliques (La Découverte, 1992).
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.