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Mahomet l'européen. Histoire des représentations du Prophète en Occident
Tolan John ; Deniard Cécile
ALBIN MICHEL
28,01 €
Épuisé
EAN :9782226326966
Mahomet fascine l'Europe depuis le Moyen Age. Les caricatures et portraits polémiques se sont répandus dans les pages des manuscrits, le représentant tour à tour comme un charlatan, un hérésiarque, un personnage lubrique ou l'incarnation de l'Antéchrist. Un personnage était né : le prophète de l'islam vu par les Européens. L'historien John Tolan en retrace ici le destin dans un récit passionnant. Alors que ce sont, tout d'abord, les peurs de la Chrétienté qui se cristallisent dans les portraits de Mahomet, celui-ci deviendra pourtant au fil des siècles un objet de fascination, comme chez Goethe ou Lamartine. De même certains théologiens le tiendront pour un grand réformateur, et il sera admiré par Napoléon. Tantôt vilipendé, tantôt glorifié, Mahomet est un adversaire ou un allié toujours profitable, instrumentalisé par les Européens depuis des siècles dans leurs polémiques internes. Ainsi éclairé par une formidable érudition, il devient une figure incontournable pour comprendre comment l'Europe s'est construite. Un livre qui fera date.
Résumé : Qu'est-ce qu'être musulman au XXIe siècle ? Pour certains, l'essence de l'islam serait la charia, loi qui dicte le comportement rituel et social, révélée par Dieu au Prophète. Pour d'autres, l'islam serait une spiritualité ouverte sur le monde, célébrant la diversité de l'humanité et la paix. Avec cet ouvrage, John Tolan raconte comment ce dernier-né des trois grands monothéismes s'est développé, non pas en autarcie mais en contact avec les traditions religieuses juives et chrétiennes, dans un mélange de cultures arabe, grecque, perse... Il analyse les fondements et les mutations de l'islam. Cette histoire longue nous montre que les fractures au sein d'un monde musulman tantôt ouvert, tantôt rigoriste, sont autant de défis posés à la possibilité d'une entente entre Orient et Occident.
Au premier siècle de l'islam, la majeure partie de l'Empire romain chrétien, de la Syrie à l'Espagne, passa sous la coupe des musulmans. Confrontés à cette conquête aux proportions inédites, comment les chrétiens du Moyen Âge réagirent-ils, face à ce qu'ils percevaient comme une menace épouvantable, face aux Sarrasins et à leur " loi " ? À cette foi nouvelle, certains se convertirent ; d'autres prirent les armes pour lutter contre elle. D'autres encore choisirent de combattre par le verbe cette religion si orgueilleusement triomphante, qui semblait dire aux chrétiens que leur Dieu les avait abandonnés. C'est ainsi que, entre le VIIe et le XIIIe siècle, nombreux furent les polémistes qui prirent la plume pour en saper les fondements mêmes. L'islam ? Au pire, un culte païen, au mieux une hérésie. Mahomet ? Une nouvelle idole, ou un faux prophète lubrique. Le Coran ? Un tissu d'insanités, dont on cite des passages évidemment falsifiés. Au fil des siècles, les stratégies des penseurs chrétiens ou des missionnaires européens évoluent, à mesure que l'islam est mieux connu, pour affiner la charge et les arguments théologiques. Mais la guerre idéologique demeure un enjeu fondamental, si marquant qu'il sous-tend nos propres représentations aujourd'hui : le sentiment de supériorité des Occidentaux à l'égard des musulmans et des Arabes n'est pas né avec la colonisation, il plonge ses racines au Moyen Âge.
Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d'Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l'Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011. Le concept d'une "identité" nationale ou ethnique (et l'assimilation de l'une à l'autre) est bâti, en particulier au XIXe siècle en Europe, sur la base des histoires de "nations" dont on cherchait les origines dans l'antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d'identités nationales au XIXe siècle, que ce soit l'idée les visions nationalistes de l'histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité "nationale" tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d'implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d'une importance accrue : la décolonisation, puis l'implosion de l'URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d' "identité" politique, nationale, religieuse, font l'objet d'interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
L'Europe découvre l'islam avec la conquête de l'Espagne au VIIIe siècle, mais c'est avec les croisades que s'améliore la connaissance de la culture arabe au XIIe siècle. Des moines et des clercs recherchent la science grecque dans le monde musulman, apprennent la langue arabe et procèdent aux premières traductions du Coran, que l'on appelle à l'époque l'Alcoran. Le commerce et la diplomatie en Méditerranée exigent de comprendre l'adversaire dans sa langue pour mieux échanger. Des Européens polyglottes se risquent en Orient. Les traductions se multiplient, accompagnées de dossiers polémiques. Pourtant, malgré les préjugés, la connaissance du Coran se répand, enrichissant les réflexions des savants de la Renaissance et des Lumières. L'arabe entre dans la culture classique européenne, jusqu'à susciter une véritable fascination au XIXe siècle à travers l'orientalisme. Comment les Européens ont-ils appris l'existence du Coran et ont-ils pu se le procurer ? Comment traduisait-on ce texte dont la religion paraissait si étrangère ? Qui parlait l'arabe en Europe avant le XXe siècle ? Cet ouvrage retrace quatorze siècles d'étude de la langue arabe et du Coran en Europe, montre comment la civilisation occidentale a construit son rapport à l'islam, et pourquoi la question culturelle l'emporte finalement sur la différence religieuse.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Un jour, entendant le son des marteaux qui travaillaient l'or dans l'atelier d'un ami bijoutier, Rumi crut entendre une invocation du nom d'Allah et, pris d'une grande émotion, il se mit à danser au beau milieu du bazar. Cette danse devint plus tard la danse rituelle de ses disciples, connus en Europe sous le nom de derviches tourneurs écrit Ahmed Kudsi-Erguner dans l'introduction de ce recueil. Bien des épisodes de la vie de Rumi, poète, sage et mystique soufi du XIIIe siècle, ont l'air comme celui-ci tirés d'un conte. Le mot Mesnevi désigne un poème composé de distiques (groupes de deux vers renfermant un énoncé complet) ; celui de Rumi en comporte 24 000. Versets du Coran, hadiths (paroles du prophète), légendes bibliques, contes hindous ou bouddhistes, vie quotidienne sont autant de points de départ à son inspiration. Extraits de cette grande oeuvre, sont présentés ici les contes que Rumi utilisait pour illustrer son enseignement très vivant. Si cette oeuvre est considérée comme un commentaire du Coran, sa sagesse, accessible à tous, toujours actuelle, fait fi des étiquettes. --Colette-Rebecca Estin