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Les Sarrasins. L'islam dans l'imagination européenne au Moyen Age
Tolan John ; Dauzat Pierre-Emmanuel
AUBIER
25,40 €
Épuisé
EAN :9782700723342
Au premier siècle de l'islam, la majeure partie de l'Empire romain chrétien, de la Syrie à l'Espagne, passa sous la coupe des musulmans. Confrontés à cette conquête aux proportions inédites, comment les chrétiens du Moyen Âge réagirent-ils, face à ce qu'ils percevaient comme une menace épouvantable, face aux Sarrasins et à leur " loi " ? À cette foi nouvelle, certains se convertirent ; d'autres prirent les armes pour lutter contre elle. D'autres encore choisirent de combattre par le verbe cette religion si orgueilleusement triomphante, qui semblait dire aux chrétiens que leur Dieu les avait abandonnés. C'est ainsi que, entre le VIIe et le XIIIe siècle, nombreux furent les polémistes qui prirent la plume pour en saper les fondements mêmes. L'islam ? Au pire, un culte païen, au mieux une hérésie. Mahomet ? Une nouvelle idole, ou un faux prophète lubrique. Le Coran ? Un tissu d'insanités, dont on cite des passages évidemment falsifiés. Au fil des siècles, les stratégies des penseurs chrétiens ou des missionnaires européens évoluent, à mesure que l'islam est mieux connu, pour affiner la charge et les arguments théologiques. Mais la guerre idéologique demeure un enjeu fondamental, si marquant qu'il sous-tend nos propres représentations aujourd'hui : le sentiment de supériorité des Occidentaux à l'égard des musulmans et des Arabes n'est pas né avec la colonisation, il plonge ses racines au Moyen Âge.
En 1219, dans le cadre de la cinquième croisade, François d'Assise rend visite au sultan Malik al-Kâmil. Cette rencontre du christianisme et de l'islam n'a cessé depuis huit siècles de nourrir interprétations et représentations. Des discours hagiographiques à Benoît XVI en passant par Voltaire, des fresques de la basilique d'Assise aux gravures de Gustave Doré, l'événement a suscité une abondance de points de vue : geste de martyr ? mission de prédication aux infidèles ? acte d'audace naïf ? volonté de négocier une issue pacifique et, partant, modèle de dialogue pour l'Église d'aujourd'hui ? Autant de questions qui sont ici replacées dans leur contexte et soumises au crible du regard de l'historien. . . Professeur d'histoire médiévale à l'université de Nantes, John Tolan est l'auteur, notamment, des Sarrasins (Aubier, 2003, Flammarion, Champs , 2006).
Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d'Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l'Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011. Le concept d'une "identité" nationale ou ethnique (et l'assimilation de l'une à l'autre) est bâti, en particulier au XIXe siècle en Europe, sur la base des histoires de "nations" dont on cherchait les origines dans l'antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d'identités nationales au XIXe siècle, que ce soit l'idée les visions nationalistes de l'histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité "nationale" tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d'implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d'une importance accrue : la décolonisation, puis l'implosion de l'URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d' "identité" politique, nationale, religieuse, font l'objet d'interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
Voici l'histoire d'une relation tumultueuse sans laquelle il est impossible de comprendre notre temps. La conquête arabe, la décomposition de Byzance, les croisades, l'Espagne maure et la Reconquista, les échanges et les conflits du XVIIIe siècle, l'Empire ottoman, la colonisation européenne et la décolonisation: depuis 630, lorsque les armées de Constantinople et de Médine se disputèrent le contrôle de la Syrie-Palestine, les contacts entre l'Europe et le monde musulman n'ont cessé. Leur importance, leur richesse, leur variété, si manifestes pour celui qui connaît l'histoire, ne sont pourtant pas si évidentes pour tous. Pour les comprendre, il ne s'agit pas d'opposer les deux "civilisations" rivales que seraient, selon Samuel Huntington, Islam et Europe, mais d'explorer les relations multiples entre Génois et Tunisiens, Constantinopolitains et Alexandrins ou encore Catalans et Maghrébins, bref, entre tous les individus et les groupes qui ont forgé ce que nous appelons désormais l'Europe et le monde musulman, dont les racines s'enfoncent profondément dans un héritage religieux, culturel et intellectuel commun. Trois grands spécialistes font revivre ici cette histoire multiséculaire et proposent une somme historique de référence pour éclairer la complexité des enjeux, des héritages et des événements contemporains. Biographie de l'auteur Henry Laurens, spécialiste du monde arabomusulman, est professeur au Collège de France (chaire d'histoire contemporaine du monde arabe). John Tolan, médiéviste, est professeur d'histoire à l'université de Nantes et directeur de la Maison des sciences de l'homme Ange-Guépin. Gilles Veinstein est professeur au Collège de France (chaire d'histoire turque et ottomane) et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.
Résumé : Mahomet fascine l'Europe depuis le Moyen Age. Les caricatures et portraits polémiques se sont répandus dans les pages des manuscrits, le représentant tour à tour comme un charlatan, un hérésiarque, un personnage lubrique ou l'incarnation de l'Antéchrist. Un personnage était né : le prophète de l'islam vu par les Européens. L'historien John Tolan en retrace ici le destin dans un récit passionnant. Alors que ce sont, tout d'abord, les peurs de la Chrétienté qui se cristallisent dans les portraits de Mahomet, celui-ci deviendra pourtant au fil des siècles un objet de fascination, comme chez Goethe ou Lamartine. De même certains théologiens le tiendront pour un grand réformateur, et il sera admiré par Napoléon. Tantôt vilipendé, tantôt glorifié, Mahomet est un adversaire ou un allié toujours profitable, instrumentalisé par les Européens depuis des siècles dans leurs polémiques internes. Ainsi éclairé par une formidable érudition, il devient une figure incontournable pour comprendre comment l'Europe s'est construite. Un livre qui fera date.
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.