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Un rêve en éclat
Titus-Carmel Gérard
FATA MORGANA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782377920297
Né à Paris en 1942, Gérard Titus-Carmel, après ses études à l'école Boulle de Paris, se passionne pour le surréalisme et la poésie. Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent titres et dédicaces de ses tableaux. Il illustre les poètes qu'il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres texes. Gérard Titus-Carmel poursuit son oeuvre de peintre et d'écrivain dans le silence d'une grande bâtisse qu'il habite depuis plus de trente ans à Oulchy le Château. Un rêve en éclats, "rêverie hagarde et anglo-normande" comme il aime le quali ? er, est le premier texte de Gérard Titus-Carmel, oublié et resté totalement inédit depuis 1966. Avec cette mise en pièces ou histoire en morceaux, le verbe éclôt et jette une lumière nouvelle sur le demi-siècle de création qui a suivi ? : un vrai règlement de conte.
Les saisons succédant aux saisons, ces poèmes et ces textes disparates ne pouvaient plus se recommander de leur seul désordre pour justifier leur tenue à l'écart ; il fallait donc les rallier à l'aventure commune des livres qui signalaient chaque fois plus leur dispersion autour de l'axe qui portait un désir voisin, mais tous tendus vers le même rêve : celui d'une écriture qui, n'ayant plus - et depuis bien longtemps déjà - de comptes à rendre à (ou à régler avec) la peinture, avait avoué ses intentions et défini ses enjeux en se préoccupant un peu plus de la seule machinerie. Autrement dit, inscrits à part entière dans la secrète ambition de cette entreprise, le temps était venu pour eux de cesser de jouer aux beaux indépendants, et de rentrer enfin dans le rang. Voilà qui est fait.
Très tôt remarqué comme dessinateur, Gérard Titus-Carmel a engagé depuis 1970 une oeuvre picturale en de longues "séries" attachées à travailler successivement les mêmes motifs, comme pour mettre à l'épreuve quelques formes singulières et faire jouer leurs nuances et couleurs. La poésie de Gérard Titus-Carmel paraît s'ouvrir à plus de variations encore. Une vingtaine de volumes déploient proses, vers, dispersions de mots ou cristallisations de texte dans l'espace de la page, ballets de typographies : des pages pour l'oeil autant que pour l'esprit. L'oeuvre picturale et l'oeuvre poétique de Titus-Carmel n'ont jamais été aussi liées que dans ce recueil dédié à l'albâtre, matière qui prend vie et semble ici plus organique que minérale.
Dans cette nouvelle inédite d'Henri Thomas, le personnage échappe à son auteur et au carcan de l'intrigue pour vagabonder parmi les souvenirs que lui remémorent le ciel maussade et la mer grise de la petite ville côtière où il séjourne et à travers les fantasmes que lui inspirent la tenancière de l'hôtel et ses voisins de chambre.
Ces pages (...) étaient nées, avant l'année 50, dans l'exaltation d'un premier voyage vers une ville fabuleuse : fabuleuse par l'antiquité, par l'histoire, et par l'admirable lumière, soleil ou lune, posée sur les pierres raf ? nées ou violentes d'architectures civiles, religieuses ou militaires, constituant l'un des ensembles les plus remarquables qu'il y ait à voir dans cette région de la planète. Eh bien, soit : que ces quelques pages subissent l'épreuve d'une petite édition amicale. Je les dédie au souvenir d'un temps où cette région du monde n'était pas encore ce terrible noeud insécable, où la rosée matinale savait tomber avec bonté sur les hommes et les choses de l'Orient, où le Paradis perdu ne l'était pas complètement pour un garçon de dix-huit ans qui rêvait les yeux ouverts. " Adamantins, ces premiers textes de Salah Stétié sont devenus ceux de l'espace et du temps perdus, dont ils mesurent l'empan avec vertige. Dernières traces d'une ville martyre.
Capitale de la douleur, capitale de la merveille et de la grâce. Grâce non religieuse, mais cependant divine ? : d'un seul coup, je comprenais brutalement que le divin habitait parmi nous, que les mots autant que les monts du Liban, qui coiffaient ma rencontre adolescente avec Bounoure d'un peu d'éternité de neige, que les mots et les monts nous étaient une demeure, que le sacre était notre quotidien. La brûlure de cette gi ? e ne m'a pas quitté depuis lors et, de temps en temps, il m'arrive de toucher distraitement ma joue ? : Bounoure est mort, je vais bientôt mourir, mais sa ? èvre, la contagion de sa ? èvre est toujours là et je sais que jusqu'en ma dernière minute j'aurai vécu, dans le sillage de Bounoure, audacieusement, modestement, selon le grand exemple qu'il m'a laissé, au seuil du feu. " Dissimulée sous le transparent pseudonyme de Soliman, la voix de Salah Stétié - voix majeure de la poésie contemporaine - révèle toute la puissance émotionnelle d'un souvenir ? : celui des rencontres avec Gabriel Bounoure, grand critique de l'entre-deux guerres, qui agira à la manière d'un astre, à la fois lumière et voie.
Au coeur de cette Agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l'écrasement de la civilisation d'oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de ré? exions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent ? : "La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ? ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs".