Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La maison des agapanthes
Stétié Salah ; Titus-Carmel Gérard
FATA MORGANA
11,00 €
Épuisé
EAN :9782377920006
Capitale de la douleur, capitale de la merveille et de la grâce. Grâce non religieuse, mais cependant divine ? : d'un seul coup, je comprenais brutalement que le divin habitait parmi nous, que les mots autant que les monts du Liban, qui coiffaient ma rencontre adolescente avec Bounoure d'un peu d'éternité de neige, que les mots et les monts nous étaient une demeure, que le sacre était notre quotidien. La brûlure de cette gi ? e ne m'a pas quitté depuis lors et, de temps en temps, il m'arrive de toucher distraitement ma joue ? : Bounoure est mort, je vais bientôt mourir, mais sa ? èvre, la contagion de sa ? èvre est toujours là et je sais que jusqu'en ma dernière minute j'aurai vécu, dans le sillage de Bounoure, audacieusement, modestement, selon le grand exemple qu'il m'a laissé, au seuil du feu. " Dissimulée sous le transparent pseudonyme de Soliman, la voix de Salah Stétié - voix majeure de la poésie contemporaine - révèle toute la puissance émotionnelle d'un souvenir ? : celui des rencontres avec Gabriel Bounoure, grand critique de l'entre-deux guerres, qui agira à la manière d'un astre, à la fois lumière et voie.
Essayiste et poète, Salah Stétié, lui-même libanais, s'est attaché dans cet ouvrage à suivre dans ses tours et détours l'évolution de la poésie arabe contemporaine, dont la capitale incontestée est Beyrouth. Il le fait en s'appuyant sur des ?uvres dont il livre en traduction d'importants extraits, révélant au lecteur français ces poètes, «hommes de déchirement» et «porteurs de feu», «de ce feu qui soude l'épars ou le ressoude».Trois essais sont consacrés au «Liban de rêve» (selon Rimbaud) ou du rêve, et, notamment, à Georges Schehadé. Une exploration du rôle de l'Orient dans la «cristallisation» nervalienne précède les pages finales qui s'interrogent sur la vocation et le destin des pays méditerranéens.
Poète et écrivain d'origine libanaise et de réputation internationale, Salah Stétié a réuni ici huit essais qui traitent de certains thèmes symboliques de l'Islam. La grande civilisation musulmane, au-delà des problèmes auxquels elle est confrontée de nos jours, demeure l'une des plus riches en symboles. Le paysage que nous offre Salah Stétié rassemble le « vin mystique » de l'Islam; son regard sur les images, qui ne sont pas toujours interdites comme on le prétend à tort; la philosophie des jardins; la métaphysique des nuages, de la terre et de la mer; la figure énigmatique de la Reine de Saba; et, enfin, ses vues sur la poésie et la nature mystique de la calligraphie arabe. Salah Stétié, qui fut récompensé par le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française en 1995, nous présente de subtiles analyses qui rectifient beaucoup de notions erronées et de déformations systématiques.
97 poèmes, huitains pour la plupart et généralement de vers hexasyllabes, suivis de 21 poèmes de trois tercets, qui sont dédiés à André Pieyre de Mandiargues. L'euphonie et l'eurythmie donnent à ces poèmes un ton classique, bien qu'ils ménagent beaucoup de surprises. Le poète crée l'ambiance de rite érotique et ontologique qu'annonce le titre, liant poupée (de puppa, qui veut dire le sein, en bas latin) et être. Le langage amoureux et le langage métaphysique apportent un subtil mélange de séduction et d'ésotérisme. Et, dans chaque pièce, un art accompli témoigne de l'exigence de perfection qui est toujours le propre de Salah Stétié.
Salah Stétié prosodie en son coeur solitaire, images, rêves et pensées, puis s'interroge, à l'aube ou au plus profond de la nuit, sur la place véritable de l'homme en ce monde, tantôt aride où "s'abîme l'abîme" et parfois "si bleu dans le bruissement des palmes" . L'oeuvre de Salah Stétié manifeste "le désir d'une vigilance et une foi dans la parole de poésie" (Yves Bonnefoy), elle se découvre dans une "illuminante complexité", prolongement de la plainte du temps. Ici, tous les paradoxes s'éteignent dans le verbe devenu matière adamantine. Poète, essayiste et critique d'art, Salah Stétié fait ses études universitaires en France après avoir suivi, à l'école Supérieure des Lettres de Beyrouth, les cours de Gabriel Bounoure. Il se lie d'amitié dès les années cinquante avec Jouve, Mandiargues, Ungaretti, Bonnefoy ou André du Bouchet. Il obtient en 1995 le Grand Prix de la Francophonie, décerné par l'Académie française. Il est membre de la Commission de Terminologie et de Néologie de la langue française.
L'art de Daniel de Montmollin - Frère (et fondateur) de la communauté de Taizé et aujourd'hui reconnu comme l'un des grands maîtres de la céramique - dépasse de loin la simple fabrique des objets. Son travail n'est pas celui de la recherche mais plutôt celui d'une perpétuelle interrogation, toujours à la croisée de la terre et du feu. La beauté qu'il nous offre est celle d'une découverte, "dispensatrice d'une joie qui traverse toute son oeuvre écrite". Ces quatre textes inédits cuisent les paradoxes de la poterie ? : sur le tour, "l'argile paraît immobile comme en un vivant repos. C'est là ce repos qui s'étend à l'être même du potier. "
Ces pages (...) étaient nées, avant l'année 50, dans l'exaltation d'un premier voyage vers une ville fabuleuse : fabuleuse par l'antiquité, par l'histoire, et par l'admirable lumière, soleil ou lune, posée sur les pierres raf ? nées ou violentes d'architectures civiles, religieuses ou militaires, constituant l'un des ensembles les plus remarquables qu'il y ait à voir dans cette région de la planète. Eh bien, soit : que ces quelques pages subissent l'épreuve d'une petite édition amicale. Je les dédie au souvenir d'un temps où cette région du monde n'était pas encore ce terrible noeud insécable, où la rosée matinale savait tomber avec bonté sur les hommes et les choses de l'Orient, où le Paradis perdu ne l'était pas complètement pour un garçon de dix-huit ans qui rêvait les yeux ouverts. " Adamantins, ces premiers textes de Salah Stétié sont devenus ceux de l'espace et du temps perdus, dont ils mesurent l'empan avec vertige. Dernières traces d'une ville martyre.
Au coeur de cette Agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l'écrasement de la civilisation d'oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de ré? exions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent ? : "La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ? ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs".