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Le voyage d'Alep
Stétié Salah ; Capdeville Jean
FATA MORGANA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782377920037
Ces pages (...) étaient nées, avant l'année 50, dans l'exaltation d'un premier voyage vers une ville fabuleuse : fabuleuse par l'antiquité, par l'histoire, et par l'admirable lumière, soleil ou lune, posée sur les pierres raf ? nées ou violentes d'architectures civiles, religieuses ou militaires, constituant l'un des ensembles les plus remarquables qu'il y ait à voir dans cette région de la planète. Eh bien, soit : que ces quelques pages subissent l'épreuve d'une petite édition amicale. Je les dédie au souvenir d'un temps où cette région du monde n'était pas encore ce terrible noeud insécable, où la rosée matinale savait tomber avec bonté sur les hommes et les choses de l'Orient, où le Paradis perdu ne l'était pas complètement pour un garçon de dix-huit ans qui rêvait les yeux ouverts. " Adamantins, ces premiers textes de Salah Stétié sont devenus ceux de l'espace et du temps perdus, dont ils mesurent l'empan avec vertige. Dernières traces d'une ville martyre.
Des années de lente et longue condensation poétique sont " recueillies " dans les soixante poèmes de L'eau froide gardée, gardée parce qu'amoureusement conservée, parce que menacée. L'amour, l'angoisse et leurs échanges dans l'ambiguë et combien vulnérable limpidité de l'être, telles semblent être les " raisons " profondes du poème chez Salah Stétié. Une expression d'un grand raffinement enferme ainsi, à travers les mythes personnels du poète et leur pouvoir de projection distante, la dialectique songeuse de ce qui est et qui n'est pas : subtil et déchirant contre-point, de nature entièrement lyrique, entre les formes tremblantes de la vie, consenties et acceptées, et leur figure cosmique obscure et négatrice. " L'oeuvre de Salah Stétié a l'éclat de ce qui est hautement réussi dans le domaine le plus difficile ", a dit Pieyre de Mandiargues.
... Petit volume, très riche de substance, celui du grand poète libanais d'expression française, Salah Stétié - écrit, à propos de L'Interdit, publié par José Corti en 1993, Jean-Pierre Jossua dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques d'avril 1994. Et le critique d'ajouter : "Une cinquantaine de pages très subtiles, quoique issues d'une volonté constante de clarté, remplies d'expressions remarquables par leur force et leur beauté, vigoureusement articulées". C'est ce même type de réaction que ne manquera pas d'avoir - après avoir lu L'Interdit et Le Nibbio (Corti, 1993) - le lecteur du nouveau recueil d'essais de Salah Stétié : L'ouvraison. Dans ce grand livre de réflexion et d'intuition, le poète sollicite à nouveau "les mythes gouverneurs" comme il les appelle, notamment le puissant mythe des Sept Dormants, si profond, si prégnant, si mal élucidé encore, et les hommes dont l'oeuvre est portée par le voeu de la haute parole poétique. Stétié n'attache sa pensée méditative et analytique à un homme ou à un mythe que si l'un ou l'autre, auteur ou structure, lui paraissent pouvoir éclairer l'essentiel, l'arcane majeur dont nous sommes tous, pour autant que nous sommes, les dépositaires. André Pieyre de Mandiargues a comparé "l'intelligence" du monde telle que l'entend Stétié à la façon de penser de Valéry, pour dire qu'il préférait, plus secrète, plus subtile et "caressante", plus oblique aussi, et pénétrée d'un puissant influx poétique, la démarche de Stétié. Il appartient au lecteur de trancher. Reste qu'à seulement pouvoir mettre en parallèle les deux démarches, on voit l'intérêt et l'importance de l'approche stétienne, admirablement médiatrice entre les idées, les hommes, les imaginaires et les choses : l'ouvraison, c'est ce type-là de médiation. Diplomate, essayiste et poète, Salah Stétié est né à Beyrouth (Liban) en 1929. Il vit actuellement en France.
Résumé : Cent vingt-trois poèmes courts et savants. Ils procèdent par huitains, dizains, sonnets qui répètent et déplacent un même thème, et par là prolongent une tradition qui remonte à Maurice Scève. Salah Stétié reste fidèle aux inspirations de ses précédents livres : l'arbre, la lampe, l'arc, la femme. Le raffinement dans l'emploi des métaphores, des allitérations, des formules condensées aboutit à une rare densité des figures.
97 poèmes, huitains pour la plupart et généralement de vers hexasyllabes, suivis de 21 poèmes de trois tercets, qui sont dédiés à André Pieyre de Mandiargues. L'euphonie et l'eurythmie donnent à ces poèmes un ton classique, bien qu'ils ménagent beaucoup de surprises. Le poète crée l'ambiance de rite érotique et ontologique qu'annonce le titre, liant poupée (de puppa, qui veut dire le sein, en bas latin) et être. Le langage amoureux et le langage métaphysique apportent un subtil mélange de séduction et d'ésotérisme. Et, dans chaque pièce, un art accompli témoigne de l'exigence de perfection qui est toujours le propre de Salah Stétié.
Jean-Luc Parant, inlassablement, d'une obsédante manière, tourne autour de ce qui le hante au plus profond ? : les yeux et la sphère-monde. Tout est contenu dans cet incessant va-et-vient entre les yeux et les boules sur lesquelles vient chanter sa voix. Chant singulier, inimitable transe où les mots s'imbriquent et roulent, dévalent la pente. Le Facteur Cheval, tout aussi fabuleux personnage, chuta au cours d'une des ses tournées et trouva une pierre à l'allure bizarre ? : il venait de sentir la clef de voûte de son Palais idéal. Les boules et les rêves font l'Histoire ? : une seule pierre, travaillée par la pluie et le vent, lie un artiste à un autre et nous invite vers les plus hauts sommets de l'imaginaire.
Dans cette nouvelle inédite d'Henri Thomas, le personnage échappe à son auteur et au carcan de l'intrigue pour vagabonder parmi les souvenirs que lui remémorent le ciel maussade et la mer grise de la petite ville côtière où il séjourne et à travers les fantasmes que lui inspirent la tenancière de l'hôtel et ses voisins de chambre.
Capitale de la douleur, capitale de la merveille et de la grâce. Grâce non religieuse, mais cependant divine ? : d'un seul coup, je comprenais brutalement que le divin habitait parmi nous, que les mots autant que les monts du Liban, qui coiffaient ma rencontre adolescente avec Bounoure d'un peu d'éternité de neige, que les mots et les monts nous étaient une demeure, que le sacre était notre quotidien. La brûlure de cette gi ? e ne m'a pas quitté depuis lors et, de temps en temps, il m'arrive de toucher distraitement ma joue ? : Bounoure est mort, je vais bientôt mourir, mais sa ? èvre, la contagion de sa ? èvre est toujours là et je sais que jusqu'en ma dernière minute j'aurai vécu, dans le sillage de Bounoure, audacieusement, modestement, selon le grand exemple qu'il m'a laissé, au seuil du feu. " Dissimulée sous le transparent pseudonyme de Soliman, la voix de Salah Stétié - voix majeure de la poésie contemporaine - révèle toute la puissance émotionnelle d'un souvenir ? : celui des rencontres avec Gabriel Bounoure, grand critique de l'entre-deux guerres, qui agira à la manière d'un astre, à la fois lumière et voie.