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Le mendiant aux mains de neige
Stétié Salah
FATA MORGANA
22,00 €
Épuisé
EAN :9782377920181
Salah Stétié prosodie en son coeur solitaire, images, rêves et pensées, puis s'interroge, à l'aube ou au plus profond de la nuit, sur la place véritable de l'homme en ce monde, tantôt aride où "s'abîme l'abîme" et parfois "si bleu dans le bruissement des palmes" . L'oeuvre de Salah Stétié manifeste "le désir d'une vigilance et une foi dans la parole de poésie" (Yves Bonnefoy), elle se découvre dans une "illuminante complexité", prolongement de la plainte du temps. Ici, tous les paradoxes s'éteignent dans le verbe devenu matière adamantine. Poète, essayiste et critique d'art, Salah Stétié fait ses études universitaires en France après avoir suivi, à l'école Supérieure des Lettres de Beyrouth, les cours de Gabriel Bounoure. Il se lie d'amitié dès les années cinquante avec Jouve, Mandiargues, Ungaretti, Bonnefoy ou André du Bouchet. Il obtient en 1995 le Grand Prix de la Francophonie, décerné par l'Académie française. Il est membre de la Commission de Terminologie et de Néologie de la langue française.
... Petit volume, très riche de substance, celui du grand poète libanais d'expression française, Salah Stétié - écrit, à propos de L'Interdit, publié par José Corti en 1993, Jean-Pierre Jossua dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques d'avril 1994. Et le critique d'ajouter : "Une cinquantaine de pages très subtiles, quoique issues d'une volonté constante de clarté, remplies d'expressions remarquables par leur force et leur beauté, vigoureusement articulées". C'est ce même type de réaction que ne manquera pas d'avoir - après avoir lu L'Interdit et Le Nibbio (Corti, 1993) - le lecteur du nouveau recueil d'essais de Salah Stétié : L'ouvraison. Dans ce grand livre de réflexion et d'intuition, le poète sollicite à nouveau "les mythes gouverneurs" comme il les appelle, notamment le puissant mythe des Sept Dormants, si profond, si prégnant, si mal élucidé encore, et les hommes dont l'oeuvre est portée par le voeu de la haute parole poétique. Stétié n'attache sa pensée méditative et analytique à un homme ou à un mythe que si l'un ou l'autre, auteur ou structure, lui paraissent pouvoir éclairer l'essentiel, l'arcane majeur dont nous sommes tous, pour autant que nous sommes, les dépositaires. André Pieyre de Mandiargues a comparé "l'intelligence" du monde telle que l'entend Stétié à la façon de penser de Valéry, pour dire qu'il préférait, plus secrète, plus subtile et "caressante", plus oblique aussi, et pénétrée d'un puissant influx poétique, la démarche de Stétié. Il appartient au lecteur de trancher. Reste qu'à seulement pouvoir mettre en parallèle les deux démarches, on voit l'intérêt et l'importance de l'approche stétienne, admirablement médiatrice entre les idées, les hommes, les imaginaires et les choses : l'ouvraison, c'est ce type-là de médiation. Diplomate, essayiste et poète, Salah Stétié est né à Beyrouth (Liban) en 1929. Il vit actuellement en France.
Un Discours sur l'universalité de la langue française par un grand poète arabe de langue française, libanais et français. Et surtout un acte d'amour pour notre langue, un essai de définition de ses vertus propres.
Densité, tel est le mot qui convient pour ce recueil qui est comme un poème de poèmes. Une puissante nostalgie s'en dégage, parlant pour une âme "confinée" par une mystérieuse blessure. La rupture, l'ellipse, la syncope, le rejet (dans la langue comme dans le coeur) sont la marque de notre époque et rendent proche le poète.
Le nibbio est le petit faucon ou aigle qui, d'après une tradition souvent reprise, se serait posé sur la bouche du petit Léonard de Vinci dans son berceau installé dans le jardin et, des plumes de sa queue, lui aurait entrouvert la bouche. Ce récit aurait si fort frappé l'imagination du grand peintre et savant que par la suite il aurait inconsciemment cédé dans son oeuvre de créateur formel et d'inventeur "scientifique" à l'obsession que représentait pour lui l'image de l'oiseau de proie : d'après Freud, notamment, on retrouverait dans la plupart des grandes toiles de Vinci, camouflée par les plis des vêtements des personnages ou inscrite dans le paysage, la mystérieuse figure. A partir d'une telle connection qui sait joindre les impondérables, Salah Stétié, établit sa propre toile d'araignée afin d'imaginer, à travers les siècles et les cultures, depuis les premiers textes sacrés jusqu'à la fusée Ariane, les liens qui se sont tissés entre la religion, la poésie, la philosophie, l'art et la science pour parvenir à formuler l'espace. Cette même démarche de pensée, mêlant l'intuition la plus aiguë à l'érudition la plus vaste, se retrouve dans l'ensemble des essais - sur la notion de "gouffre", sur les rapports entre la langue orale et la langue écrite, sur l'identité poétique dans son conflit avec l'Histoire, sur la spécificité de chaque langue, etc. - où l'on voit se répondre, d'un millénaire à l'autre et d'un continent à l'autre, véritable "médiation des imaginaires" qui montre à l'évidence la plénitude et la complétude des hommes, de grands thèmes et de grands témoins.
Trois voyages : l'Andalousie, la Grèce et, tout récemment, l'Egypte, donnent naissance à trois proses qui sont, comme toujours avec Jaccottet, à la fois de poétiques notations d'instants privilégiés et de graves réflexions sur l'univers méditerranéen. Vignette de Pierre Tal Coat.
Au coeur de cette Agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l'écrasement de la civilisation d'oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de ré? exions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent ? : "La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ? ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs".
Ces pages (...) étaient nées, avant l'année 50, dans l'exaltation d'un premier voyage vers une ville fabuleuse : fabuleuse par l'antiquité, par l'histoire, et par l'admirable lumière, soleil ou lune, posée sur les pierres raf ? nées ou violentes d'architectures civiles, religieuses ou militaires, constituant l'un des ensembles les plus remarquables qu'il y ait à voir dans cette région de la planète. Eh bien, soit : que ces quelques pages subissent l'épreuve d'une petite édition amicale. Je les dédie au souvenir d'un temps où cette région du monde n'était pas encore ce terrible noeud insécable, où la rosée matinale savait tomber avec bonté sur les hommes et les choses de l'Orient, où le Paradis perdu ne l'était pas complètement pour un garçon de dix-huit ans qui rêvait les yeux ouverts. " Adamantins, ces premiers textes de Salah Stétié sont devenus ceux de l'espace et du temps perdus, dont ils mesurent l'empan avec vertige. Dernières traces d'une ville martyre.