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Espèces de listes
Tilman Pierre ; Dezeuze Daniel
GALILEE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782718608778
Les listes qu?établit Pierre Tilman sont des poèmes. Ce sont des listes fantaisistes, vagabondes, sans systèmes. Elles sont pour l?auteur une façon de se promener dans le langage, d?y tracer des chemins, d?y suivre des fils. Il décline des expressions, il les développe, il les recoupe, parfois par ordre alphabétique, toujours par ordre sensible. Ces inventaires constituent une réflexion sur l?articulation de notre pensée, sur nos rangements, nos classements mentaux. Pierre Tilman est aussi un artiste des mots, attentif à leur disposition et à leur déploiement dans l?espace visuel de la page. Il n?est pas étonnant qu?un autre artiste de la trempe de Daniel Dezeuze, un des plus importants protagonistes historiques de Support Surface, accompagne les poèmes de dessins drôles et intelligents et qui se déclinent, eux aussi, comme une dérive créatrice dans l?univers des formes. Espèces de listes est un livre ouvert qui donne envie d?écrire et dessiner, qui invite le lecteur à poursuivre l?inventaire, à sa propre manière?.
Simon Tilman ; Herold Isabell ; Chuit Pierre ; Sch
P ourriez-vous faire plus que de meuler ? Remédier à la formation des pics et des crochets est une technique de dentisterie essentielle, mais elle n'est pas la seule à avoir son importance sur le terrain. Les auteurs - praticiens en médecine équine spécialisés en dentisterie - vous montrent dans cet ouvrage comment élargir le spectre de vos thérapies dans votre pratique quotidienne de l'exercice de la dentisterie équine. Après une entrée en matière sur la nécessité de tendre vers une normocclusion et une présentation de la dysfonction cranio-mandibulaire (chez l'homme et chez le cheval), les auteurs détaillent les règles de l'examen dentaire ainsi que les techniques de sédation et d'anesthésie, le matériel nécessaire, les techniques radiographiques (et leurs indications). Ensuite, chaque type de dent est passé en revue, du point de vue anatomique et fonctionnel et du point de vue pathologique. Enfin, les auteurs s'attachent aux maladies de l'endodonte, du parodonte et des sinus paranasaux. Avec des explications délivrées pas-à-pas et étayées par des photographies didactiques, ils vous permettent d'acquérir une technique juste et adéquate, même lors de cas complexes. De plus, vous y trouverez : des conseils pour la pratique délivrés par les praticiens pour les praticiens, des listes rassemblant les instruments nécessaires, la démarche exacte pour la préparation du cheval, les connaissances médicales de base en dentisterie, synthétiques, claires et complètes, des gestes techniques détaillés dans des encadrés. Cette édition, traduite de l'allemand, s'est enrichie de plusieurs illustrations et traite maintenant de la résorption odontoclastique et de l'hypercémentose (EOTRH) affectant les seniors.
Pierre Tilman, né en 1944, est poète et artiste. Il vit et travaille à Sète, sa ville d'adoption depuis un quart de siècle. La poésie est sa maison. Le langage est son terrain d'expérimentation, de jeu, de vie. Pour lui, le langage n'est pas seulement charpenté de mots, de syllabes et de consonnes, il est aussi constitué de gestes, de formes, de couleurs. Il fait physiquement danser les phrases le long de lignes légères, multicolorées et flottantes mais en connaît aussi tout le poids (au gramme et au moral). Ses oeuvres ont le don de raconter des histoires. Tilman ne raconte jamais une simple anecdote. Il part du petit fait ou de la petite aventure mais il les emporte avec lui très loin et, avec humour toujours, il les transforme en leçons d'existence. C'est l'art de l'écoute et de la conversation. L'art du rebondissement. En vrai poètartiste, Pierre Tilman change le drame de la vie en comédie de l'esprit. C'est également un faiseur de rencontres. Pierre Tilman sait lier les êtres entre eux. Et, de la même façon, il établit des chemins entre les idées qu'il aime manipuler (au sens propre du terme, tenir entre ses mains avec soin, avec attention). Il a des yeux au bout des doigts. Il est tactile, il a besoin de toucher. Il rend les êtres et les choses solidaires. D'ailleurs c'est sa devise ou son credo : "solitaire/solidaire". Il suffit d'un coup de D pour que solitaire se change en solidaire. Une seule lettre change, et du "t" au "d", c'est tout un monde qui s'ouvre, toute une pensée quise met en mouvement. Comment se comporter dans l'existence, du singulier au pluriel, du particulier au collectif, de soi aux autres ? Les poètes, les artistes tels que Pierre Tilman sont des Iles flottantes, des territoires autonomes, isolés, entourés d'immensité, mais reliés en permanence aux grands courants, aux flux d'énergie et d'esprit. La question qui se pose à eux depuis toujours, et encore plus aujourd'hui, est : qu'est-ce que le réel ? Comment l'art et la poésie peuvent-ils rendre compte de la vérité et du mensonge ? Comment ne pas perdre pied dans les flots sans fond des mots et des images ? C'est de ces sortes de choses que j'ai essayé de faire parler Pierre Tilman dans ces entretiens au départ multiples qui, réunis dans ce livre, n'en font plus qu'un. Tilman cite le peintre américain Barnett Newman qui déclara un jour "La défense de la dignité humaine est le sujet ultime de l'art." De la même manière, tout au long de cet entretien, les propos de Tilman remettent très souvent les pendules à l'heure. Leur lucidité, leur force créatrice apportent aux autres un élan vital. VIVRE VIVRE VIVRE VIVRE, dit et répète en permanence l'oeuvre du poètartiste. Et moi, je conclus : JOIE JOIE JOIE JOIE de partager la trace de mes échanges avec lui : La vie elle est comme ça. Kristell Loquet
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.