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Déjouer la guerre ?
Tillier Bertrand
PU STRASBOURG
26,00 €
Épuisé
EAN :9791034400133
Alors que la guerre de position figeait les fronts, les combattants s'adonnèrent à une intense activité artisanale et artistique destinée à tromper l'attente et le cafard. A l'aide d'un outillage de fortune et de matériaux issus de la guerre industrielle - l'aluminium des fusées, le laiton des douilles d'obus de tous calibres, les éclats de projectiles... -, ils conçurent avec ingéniosité des bijoux et des bibelots. Leurs formes, leurs motifs et leurs inscriptions, le souci décoratif dont ils étaient investis - à la flexion d'un naturalisme naïf, d'une recherche d'expressivité et de l'Art nouveau désormais acculturé - trouvaient leurs sources dans une perpétuation de l'art populaire et dans l'expérience brutale de la guerre moderne. Très en vogue sur le front où elle contribua à structurer relations et sociabilités, et à l'arrière où ses amateurs étaient nombreux, cette pratique condensa des valeurs sociales, des enjeux artistiques et des projections psychanalytiques que cet ouvrage interroge. Ce qu'on qualifie sans doute trop rapidement de bricolage ou d'artisanat a constitué une culture matérielle et visuelle, qui a été l'objet d'une patrimonialisation et qui irrigue encore l'art contemporain et actuel.
Dans la France des années 1930, le Fakir Birman, improbable devin oriental, connut une grande célébrité avant d'être contraint de cesser son activité à la veille de la guerre. Ni fakir ni birman, il était en revanche passé maître dans l' "art de la communication" , en tirant profit de l'imaginaire collectif et de la réalité de son temps. Le livre décrit, non sans humour, comment s'est inventé un personnage alors que se développent les techniques publicitaires via la presse, la radio, le cinéma et la photographie. A travers ce phénomène médiatique, Bertrand Tillier fait aussi l'histoire d'une époque de transition, entre espoir et incertitude. Bertrand Tillier est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Parmi ses ouvrages : La Belle noyée. Enquête sur le masque de l'Inconnue de la Seine (Arkhê, 2011) ; Caricaturesque. La caricature en France, toute une histoire, (La Martinière, 2016) ; L'artiste dans la cité, 1871- 1918 (Champ Vallon, 2019).
Depuis les années soixante-dix, Jacques Tardi est devenu une figure singulière de la bande dessinée, mais aussi de la presse (Pilote, A suivre, Charlie Hebdo), de l'édition et de l'illustration (livres, affiches, disques). Grand Prix d'Angoulême en 1985, il a forgé un univers à l'image de la "culture" post-moderne où, sans véritable distinction, se côtoient les grands noms de la littérature, les personnages troubles du polar - Céline, Malet, Vautrin, Pennac, Manchette, Siniac, Daeninckx, Benacquista, dont il a livré des adaptations graphiques -, et le feuilleton populaire hérité du XIXe siècle aux accents sensationnalistes et au goût marqué pour les rebondissements déroutants et les anecdotes inexpliquées. Entre noir et blanc et teinte sépia, dans un Paris de la Belle Epoque devenu intemporel et forçant la nostalgie, Tardi explore les ressorts d'une Histoire souvent convulsive - celle de la Commune de 1871 ou de la Guerre de 14 -, de l'étrange et de l'improbable, du fantastique et du plausible, qui servent aussi de trame à ses Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec ou aux Nouveaux mystères de Paris de Nestor Burma. Aux confins du tragique et du comique, son univers est d'une facture expressionniste, noir comme peut l'être l'encre ou le roman, que taraudent une dérision féroce, un pacifisme malmené par des visions obsédantes de la Grande Guerre, un anarchisme généreux et un anti-héroïsme désabusé.
Résumé : Rêver la société pour la changer en cité idéale et participer ainsi à l'avènement d'un monde nouveau. Ce fut le désir de nombreux artistes, qui ne furent pas tous des figures d'avant-garde. Si cette ambition a parcouru tout le XIXe siècle et fut ravivée par chaque révolution, elle occupa une place singulière et méconnue sous la Troisième République, entre le souvenir de la Commune de Paris et l'Union sacrée de la Grande Guerre. Construit en portrait collectif d'une génération de peintres et sculpteurs du Paris fin-de-siècle, ce livre examine le rôle et la fonction d'artistes tels Rodin, Luce, Pissarro, Gallé, Gérôme, Toulouse-Lautrec, Signac, Adler, Prouvé ou Guitry. Convaincus de la performativité de leurs oeuvres, ils s'érigèrent en bâtisseurs d'art et réinventeurs de l'histoire, en fondateurs d'un art social, en défenseurs de causes ou combattants de la vérité, dont les armes étaient leurs oeuvres conçues comme des proclamations, des contestations ou des revendications, données à voir en République.