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L'ARTISTE DANS LA CITE 1871-1918
TILLIER BERTRAND
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9791026707608
Rêver la société pour la changer en cité idéale et participer ainsi à l'avènement d'un monde nouveau. Ce fut le désir de nombreux artistes, qui ne furent pas tous des figures d'avant-garde. Si cette ambition a parcouru tout le XIXe siècle et fut ravivée par chaque révolution, elle occupa une place singulière et méconnue sous la Troisième République, entre le souvenir de la Commune de Paris et l'Union sacrée de la Grande Guerre. Construit en portrait collectif d'une génération de peintres et sculpteurs du Paris fin-de-siècle, ce livre examine le rôle et la fonction d'artistes tels Rodin, Luce, Pissarro, Gallé, Gérôme, Toulouse-Lautrec, Signac, Adler, Prouvé ou Guitry. Convaincus de la performativité de leurs oeuvres, ils s'érigèrent en bâtisseurs d'art et réinventeurs de l'histoire, en fondateurs d'un art social, en défenseurs de causes ou combattants de la vérité, dont les armes étaient leurs oeuvres conçues comme des proclamations, des contestations ou des revendications, données à voir en République.
Après la chute de Napoléon III la caricature de presse va se déchaîner. L'auteur s'attache à montrer les rapports étroits entre l'image d'un jour et sa force de suggestion, et surtout les liens entre le dessin et le corps. Au moment où la République naissante développe une image dépersonnalisée, les caricatures vont au contraire personnaliser les hommes qui la représentent. A travers les exemples étudiés, nous retrouvons les hommes comme les scandales qui ont fait les grandes heures de la IIIe République, et nous voyons se dessiner un contre pouvoir du trait qui ne manque pas d'étonner encore de nos jours.
Les rapports de l'art avec l'histoire ne sauraient être simples. Mais aucune révolution n'aura entretenu de relations aussi compliquées avec ses images, ses représentations et ses artistes, que la Commune de Paris - dès 1871 et jusqu'à la veille de la Grande Guerre. Qu'il s'agisse de peintures et de sculptures, de photographies et de gravures de presse ou encore de caricatures - toutes représentations étudiées dans ce livre - l'image produite en regard de la Commune paraît en permanence échouer à représenter les événements du printemps 1871 - sur le vif comme à retardement, au plus fort de l'événement comme dans sa mémoire.La Commune semble toujours parvenir à se soustraire à sa représentation, tant chez les artistes favorables à sa cause (le sculpteur Jules Dalou et les peintres Gustave Courbet, Édouard Manet ou Maximilien Luce), que chez ceux qui en furent des ennemis déclarés (les peintres Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens, Jean-Baptiste Carpeaux?).Les tentatives des artistes furent souvent vaines et restèrent lettre morte. Dans les rares ?uvres consacrées à la Commune de Paris, les dispositifs et les visions portent la marque de cet échec, successivement frappés par les interdits de la censure institutionnelle, les tabous de l'autocensure que s'imposèrent les artistes et l'oubli posé comme condition nécessaire à l'amnistie de 1881, assourdissante et aveuglante.Rejetées de l'art, par le statut des représentations considérées comme inabouties ou triviales et par le sort infligé à la plupart des artistes condamnés, inquiétés ou censurés, tout autant que durablement expulsées de la mémoire de la France républicaine, les images de la Commune furent marginalisées dans les milieux militants anarchistes, socialistes révolutionnaires et communistes.Entre histoire politique, histoire culturelle et histoire de l'art, cet ouvrage passionnant tente d'expliquer les raisons de cette entreprise d'occultation.
De la fin du XIXe siècle aux Années folles, peintres, photographes et écrivains, Aragon, Breton, Céline, Magritte, Man Ray, Nabokov, Rilke, ont été fascinés par le masque de l'Inconnue de la Seine, qu'on disait moulé à la Morgue sur le cadavre d'une jeune noyée, belle et énigmatique. Ce faux masque mortuaire, vendu dans toute l'Europe, a progressivement pris une dimension mythique. Le présent ouvrage est une enquête où l'auteur interroge les conditions d'apparition de cette "Joconde du suicide ". Il éclaire le goût des artistes pour ce masque de plâtre, en regard de leur imaginaire de la rencontre, de la ville, du rêve et de la mort.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.