Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Sociétés & Représentations N° 29, Mai 2010 : Tardi
Tillier Bertrand
NOUVEAU MONDE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782847365283
Depuis les années soixante-dix, Jacques Tardi est devenu une figure singulière de la bande dessinée, mais aussi de la presse (Pilote, A suivre, Charlie Hebdo), de l'édition et de l'illustration (livres, affiches, disques). Grand Prix d'Angoulême en 1985, il a forgé un univers à l'image de la "culture" post-moderne où, sans véritable distinction, se côtoient les grands noms de la littérature, les personnages troubles du polar - Céline, Malet, Vautrin, Pennac, Manchette, Siniac, Daeninckx, Benacquista, dont il a livré des adaptations graphiques -, et le feuilleton populaire hérité du XIXe siècle aux accents sensationnalistes et au goût marqué pour les rebondissements déroutants et les anecdotes inexpliquées. Entre noir et blanc et teinte sépia, dans un Paris de la Belle Epoque devenu intemporel et forçant la nostalgie, Tardi explore les ressorts d'une Histoire souvent convulsive - celle de la Commune de 1871 ou de la Guerre de 14 -, de l'étrange et de l'improbable, du fantastique et du plausible, qui servent aussi de trame à ses Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec ou aux Nouveaux mystères de Paris de Nestor Burma. Aux confins du tragique et du comique, son univers est d'une facture expressionniste, noir comme peut l'être l'encre ou le roman, que taraudent une dérision féroce, un pacifisme malmené par des visions obsédantes de la Grande Guerre, un anarchisme généreux et un anti-héroïsme désabusé.
Résumé : Si dès le XVIIe siècle, l'acte de caricaturer est nommé (caricatura, du latin populaire caricare, charger, exagérer), c'est avec la Révolution française et son inflation de gravures satiriques que la caricature s'émancipe de la pratique des artistes pour devenir un langage de critique sociale et politique à part entière. Les tragiques événements de janvier 2015 nous rappellent avec force la portée symbolique que peuvent avoir ces images. A travers une sélection soigneusement choisie, et en alternant approches historique et thématique, Bertrand Tillier retrace l'art de la caricature en France, de la Révolution à nos jours. Il nous entraîne de Louis XVI, cible privilégiée des caricaturistes de la fin du XVIIe siècle, aux Guignols de l'info, en passant par les pamphlets anti-dreyfusards et les si polémiques " caricatures du Prophète " publiées par Charlie Hebdo. Au-delà de l'extrême diversité matérielle (estampes, gravures, sculptures, pamphlets, affiches, dessins de presse?), il souligne les permanences inhérentes au genre satirique quelle que soit l'époque. Un voyage dans le temps résolument place? sous le signe du rire débridé, de l'humour noir et de la contestation.
De la fin du XIXe siècle aux Années folles, peintres, photographes et écrivains, Aragon, Breton, Céline, Magritte, Man Ray, Nabokov, Rilke, ont été fascinés par le masque de l'Inconnue de la Seine, qu'on disait moulé à la Morgue sur le cadavre d'une jeune noyée, belle et énigmatique. Ce faux masque mortuaire, vendu dans toute l'Europe, a progressivement pris une dimension mythique. Le présent ouvrage est une enquête où l'auteur interroge les conditions d'apparition de cette "Joconde du suicide ". Il éclaire le goût des artistes pour ce masque de plâtre, en regard de leur imaginaire de la rencontre, de la ville, du rêve et de la mort.
Alors que la guerre de position figeait les fronts, les combattants s'adonnèrent à une intense activité artisanale et artistique destinée à tromper l'attente et le cafard. A l'aide d'un outillage de fortune et de matériaux issus de la guerre industrielle - l'aluminium des fusées, le laiton des douilles d'obus de tous calibres, les éclats de projectiles... -, ils conçurent avec ingéniosité des bijoux et des bibelots. Leurs formes, leurs motifs et leurs inscriptions, le souci décoratif dont ils étaient investis - à la flexion d'un naturalisme naïf, d'une recherche d'expressivité et de l'Art nouveau désormais acculturé - trouvaient leurs sources dans une perpétuation de l'art populaire et dans l'expérience brutale de la guerre moderne. Très en vogue sur le front où elle contribua à structurer relations et sociabilités, et à l'arrière où ses amateurs étaient nombreux, cette pratique condensa des valeurs sociales, des enjeux artistiques et des projections psychanalytiques que cet ouvrage interroge. Ce qu'on qualifie sans doute trop rapidement de bricolage ou d'artisanat a constitué une culture matérielle et visuelle, qui a été l'objet d'une patrimonialisation et qui irrigue encore l'art contemporain et actuel.
Dans la France des années 1930, le Fakir Birman, improbable devin oriental, connut une grande célébrité avant d'être contraint de cesser son activité à la veille de la guerre. Ni fakir ni birman, il était en revanche passé maître dans l' "art de la communication" , en tirant profit de l'imaginaire collectif et de la réalité de son temps. Le livre décrit, non sans humour, comment s'est inventé un personnage alors que se développent les techniques publicitaires via la presse, la radio, le cinéma et la photographie. A travers ce phénomène médiatique, Bertrand Tillier fait aussi l'histoire d'une époque de transition, entre espoir et incertitude. Bertrand Tillier est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Parmi ses ouvrages : La Belle noyée. Enquête sur le masque de l'Inconnue de la Seine (Arkhê, 2011) ; Caricaturesque. La caricature en France, toute une histoire, (La Martinière, 2016) ; L'artiste dans la cité, 1871- 1918 (Champ Vallon, 2019).
Réédités pour la première fois depuis leur parution en 1958, ces Mémoires du maréchal Montgomery racontent l'ensemble de sa carrière militaire, depuis ses débuts dans l'armée coloniale en Inde jusqu'à la victoire contre le nazisme et l'entrée dans la guerre froide. C'est pendant la retraite de Dunkerque que son génie militaire se révèle dans toute sa dimension, avant que ses campagnes victorieuses en Afrique du Nord puis en Italie ne lui assurent la postérité. La fin de sa carrière fut plus contrastée, "Monty" ne parvenant pas à s'imposer dans les méandres politiques d'après-guerre. D'une franchise confinant parfois à la brutalité, ce récit dévoile un officier orgueilleux, plus proche de ses hommes que des hautes sphères politiques et militaires. Il valut à son auteur de se brouiller avec Eisenhower, accusé d'avoir inutilement prolongé la guerre d'une année. C'est aussi dans ces Mémoires que le maréchal Montgomery a exposé sa conception du leadership, texte aujourd'hui encore lu et enseigné dans les écoles militaires du monde entier.
Le Special Air Service, première unité de forces spéciales de l'histoire créée par David Stirling, est né dans les sables d'Afrique du Nord du besoin de monter des opérations de renseignement et de destruction derrière les lignes italo-allemandes. Le succès fut tel que ces unités devinrent pérennes dans l'armée de Sa Gracieuse Majesté et qu'elles sont aujourd'hui imitées dans de nombreux pays. Jean-Jacques Cécile, expert du monde des forces spéciales et du renseignement, nous livre ici un historique, aussi complet que possible, des célèbres SAS de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours, en passant par la guerre du Golfe, la Malaisie, les conflits de la décolonisation, l'anti-terrorisme, l'Irlande, les Malouines, l'Irak et l'Afghanistan. Aujourd'hui, les SAS effectuent à la fois des missions militaires et d'intervention anti-terroriste (infiltrations, libération d'otages...)
Rares sont les chefs de guerre qui ont suscité autant de ferveur et de haine, recueilli autant d'honneurs et provoqué autant de controverses que le général George Patton. Chef de la légendaire Troisième Armée, Patton est souvent décrit comme un leader tyrannique et mégalomaniaque, flirtant parfois avec la folie. Les archives et notes personnelles du général permettent d'en brosser un portrait bien plus nuancé. Elles éclairent d'abord la période la moins connue de la vie de Patton - son enfance, son séjour à West Point, la traque de Pancho Villa et les batailles de 1917 dans la Somme et en Champagne. Puis, on entre de plain-pied dans les opérations de la Seconde Guerre mondiale : la Tunisie, la Sicile, la France et l'Allemagne. Ses notes, lettres et journaux intimes permettent de suivre ses pensées et impressions jour après jour, ses "coups de gueule" autant que son génie tactique. Ces documents nous donnent accès à un être bien plus complexe qu'on l'imagine, tourmenté par le doute, exalté par la guerre et toujours volontaire pour aller au combat.
Il est impossible de concevoir l'étude de la Seconde Guerre mondiale sans évoquer l'affrontement germano-soviétique, conflit de tous les superlatifs : immensité des espaces russes, climat extrême, masses humaines et matérielles inouïes, destructions et massacres de civils à grande échelle, combat entre les deux grandes idéologies totalitaires du XXe siècle. Les historiens occidentaux ont longtemps présenté la guerre à l'Est du seul point de vue allemand. Aujourd'hui, la plupart des analyses ont été battues en brèche grâce à l'ouverture des archives soviétiques. A travers l'étude de la planification et de l'exécution des opérations, le lecteur trouvera des considérations économiques, politiques et diplomatiques. Car il s'agit d'écrire une nouvelle histoire de ce conflit en inscrivant des problématiques issues des sciences humaines dans le champ de l'histoire militaire. Les grandes opérations allemandes et soviétiques sont ici analysées en détail : l'opération Barbarossa, l'opération Blau qui mène les Allemands à Stalingrad, l'opération Uranus qui enferme la 6e armée allemande dans Stalingrad, la bataille de Koursk. On trouvera enfin une description de l'art militaire soviétique, longtemps minoré par l'historiographie occidentale, et qui a pourtant permis à l'Armée rouge de terrasser la Wehrmacht.