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Division Street. Genèse d'une histoire orale des Etats-Unis
Terkel Studs ; Blanchard Aurélien
AMSTERDAM
20,00 €
Épuisé
EAN :9782354800857
Chicago, 1965. Le souvenir de la Grande Dépression et de la seconde guerre mondiale n'est pas loin. Celui de la crise de Cuba encore moins. Le Vietnam est un désastre. Le mouvement pour les droits civiques obtient ses plus grandes victoires au prix de luttes acharnées. Chicago, ville gangrénée par la corruption, la mafia et les inégalités sociales, est bouleversée par les plus grands réaménagements urbains de son histoire. Ceci n'est pas un polar, mais le premier livre d'entretiens de Studs Terkel. Armé de son enregistreur, le journaliste capte la parole de la piétaille au gré de ses rencontres et de ses errances dans les bars, les rues et les taxis, de part et d'autre de Division Street, artère de Chicago qui symbolise pour lui les divisions politiques, sociales et culturelles de l'Amérique. Il prend ainsi la température de sa ville, et nous offre un instantané saisissant des années 1960 aux Etats-Unis. Vietnam, communisme, bombe atomique, racisme, pauvreté, transformation du travail par l'automatisation, syndicats corrompus, spéculation immobilière et expropriations, déliquescence du lien social: c'est une Amérique rongée par le doute, la peur et l'impuissance que nous donne à voir ici Terkel. Doute, peur et impuissance parfois suspendus, toutefois, par le constat de la puissance politique des citoyens rassemblés pour exiger leurs droits ou simplement une vie décente. L'impression de fin du monde imminente, d'une société au bord du gouffre, qui domine ces quelques soixante-dix entretiens, préfigure paradoxalement les transformations profondes que connaîtront bientôt les sociétés occidentales au cours des années 1968.
Ce récit est un classique aux États-Unis. La ville de Chicago est considérée comme un être vivant. Cet essai resserré, au lyrisme puissant, montre une ville laissée aux prostituées, aux gangsters et aux politiciens corrompus. En même temps, c'est un chant d'amour incomparable. Si le livre a paru en 1951, il n'a rien perdu de sa force. Certes la ville a changé, mais cette évocation reste l'une des plus appréciées à ce jour. Sans doute une des raisons qui expliquent le mieux cette popularité est la cristallisation du dilemme principal de Chicago : d'un côté la beauté de la ville, de l'autre sa violence extraordinaire ; son énergie exceptionnelle d'une part et sa brutalité cupide d'autre part. Cette tension qui perdure dans cette immense cité, la troisième ville des États-Unis, est au c?ur du projet littéraire d'Algren, qui en a fait un portrait digne de Goya ou de Baudelaire.Considéré par certains critiques (Studs Terkel) comme le meilleur livre sur Chicago, cet essai prend place à côté des grands romans de Nelson Algren.
The first title from Andre Schiffrin's publishing house is a major, timely book for an election year. In Terkel's ( Hard Times ) well-established manner--he is one of the great interviewers--he encourages a wide range of Americans, black and white, to speak their minds about race with remarkable frankness, as well as about their perceptions of the Washington leadership. The resulting book is infinitely more informative than polls taken on such issues because the subjects are allowed to explore their thoughts, prejudices, hopes and fears. There is almost universal agreement among the blacks and white sympathizers interviewed that life looks darker for blacks now than it did 20 years ago. A strong commitment to civil rights, meaningful affirmative action and poverty programs and a social climate in which overt racism was unacceptable all apparently suffered during the Reagan years. And now the economic hardships that are also partly a legacy of that era are further polarizing American society in ways that are seldom discussed. As South African author Rian Malan tells Terkel, "I think there's been an unhealthy trend in America for a long time not to discuss race.... I think airing prejudice could be healthy.... Race prejudice is something that thrives in ignorance." But optimism is hard to come by. Black psychologist Kenneth Clark states: "I am not sanguine about any kind of solid decency and justice in the area of race in America. The best we can settle for is appearance." The immediacy with which the interviewees speak about their experiences brings a fine leavening of anecdotes and stories to the mix of opinions, from tales of run-ins with the police ("I don't know one black person who's never had an encounter with cops," says a young middle-class musician) to moments of surprising warmth and understanding, as when a former Klansman finds himself working as a union leader with his arch-enemy, a formidable black woman. The reader comes away with greatly expanded understanding of much recent American social history and a wish that more respondents could display the balance of the well-adjusted mixed couples whose testimonies end the book. Copyright 1992 Reed Business Information, Inc.
Hard Times, sans doute le plus grand livre d'histoires orales de Studs Terkel, nous fait revivre, à travers des centaines d'entretiens, les souvenirs de ceux qui ont traversé la Crise de 1929 et la Grande Dépression. Comment s'en sont-ils sortis, quelle empreinte la Grande Dépression a-t-elle laissée sur leurs vies, quelles leçons en ont-ils tirées? Du krach de 1929 aux luttes syndicales, de la difficulté de la vie paysanne aux conséquences du New Deal, la diversité des expériences et des points de vue exprimés dessine un monde complexe, marqué par la précarité et la solidarité. A maints égards, il évoque celui dans lequel nous entrons aujourd'hui. "Hard Times n'est pas une" reconstitution "de l'époque de la Grande Dépression, Hard Times ne transforme pas cette époque en objet du passé, en objet d'histoire - Hard Times, c'est cette époque elle-même, son parler, son atmosphère, ses histoires tragiques et comiques. Quiconque souhaite savoir où nous en étions alors et comment nous sommes parvenus là où nous sommes aujourd'hui doit impérativement lire ce livre." (Arthur Miller) La présente édition est accompagnée d'une sélection des photographies de Dorothea Lange sur l'Amérique de la Grande Dépression réalisées pour la Farm Security Administration.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.