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L'ange transtibétain
Tawada Yoko ; Banoun Bernard ; Keromnes Sven
VERDIER
18,50 €
Épuisé
EAN :9782378561628
Berlin, en temps de pandémie. Patrik, un jeune chercheur en littérature passionné par l'oeuvre de Paul Celan, dont il connaît des recueils poétiques par coeur, a prévu de se rendre à Paris pour un colloque sur le poète. Il ne le fera pas. Jeune homme tourmenté et taciturne, dans la ville alors confinée, il est confronté à deux personnages réels ou imaginaires : une cantatrice américaine, qu'il admire, et un homme étrange, Léo-Eric, qui se prétend employé à l'Institut culturel chinois de Berlin. C'est lui, l'ange transtibétain. A travers les conversations entre Patrik et Léo-Eric, Yoko Tawada tisse, avec son art de l'étrangeté mêlé d'humour et d'ironie, un réseau où l'on passe de Celan et Kafka à la médecine chinoise, de la cabale à la réflexion sur les langues et la traduction et où l'on est entraîné dans une méditation sur la déliaison, l'appartenance et la rencontre avec l'autre.
Une jeune Vietnamienne, passée à l'Ouest malgré elle un peu avant la fin du régime communiste, se retrouve à Paris sans papiers, sans domicile fixe. Livrée au hasard des rencontres, ne sachant pas le français, elle cherche à rejoindre un monde dont elle ignorera pendant plusieurs années qu'il a disparu. Heureusement pour elle, il y a les films de Catherine Deneuve...
Dans le décor ultra-contemporain d'une grande ville moderne, Hambourg, se croisent les destins de 22 femmes d'aujourd'hui auxquelles Yoko Tawada a donné des noms repris des Métarmorphoses d'Ovide, car leurs expériences rejoignent en profondeur la fragilité de l'âme et du corps qui fascinait déjà le poète antique. La romancière se sert de scènes très quotidiennes pour éclairer le passé, les obsessions, la situation sociale de ses personnages, leurs bonheurs et leurs malheurs. Traduit de l'allemand. Du même auteur : Narrateurs sans âmes.
La catastrophe nucléaire de Fukushima a durablement bouleversé les relations autrefois intenses entre les individus, leur communauté et les cycles de la nature. Comment vivre alors dans un nouvel environnement ? Telle est la question qu'évoque ce livre dans un dialogue à plusieurs voix : celle de la photographe Delphine Parodi, dont les diptyques, entre paysages intimes et portraits d'habitants, suggèrent l'altération de leur rapport au lieu et l'importance de la mémoire individuelle. Et celle l'écrivaine japonaise Yoko Tawada qui, par 24 poèmes rapportés de Fukushima, parachève un subtil équilibre entre visible et invisible. En donnant forme à ce qui reste une menace constante mais imperceptible, ce livre se veut un rappel universel à la conscience collective en temps de pandémie.
Résumé : De sa naissance en 2008 à sa mort prématurée en 2011, Knut, un jeune ours polaire, fut la vedette incontestée du zoo de Berlin. Les circonstances exceptionnelles de sa naissance en firent une star mondiale : rejeté par sa mère, une ourse savante, ancienne pensionnaire d'un cirque de la RDA, il ne dut sa survie qu'aux soins de ses gardiens. De cette histoire vraie, Yoko Tawada a tiré ce roman dans lequel les ours prennent la parole : avant Knut, c'est d'abord sa grand-mère, en proie à une impérieuse vocation littéraire, puis sa mère (que son nom, Tosca, destine de toute évidence à la scène), qui nous racontent leur apprentissage de la vie et leurs rapports compliqués avec les humains. Alors que nous avons pris l'habitude de les considérer comme des objets d'amusement ou de curiosité, les animaux, ici, nous regardent. Ils jettent sur le monde contemporain et l'histoire de l'Europe un regard décalé qui fait d'eux les héritiers du Chat Murr d'E.T.A. Hoffmann ou du héros des Recherches d'un chien de Kafka.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.