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L'Homme de coeur
Stil André
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246246916
Gérard - soixante ans, scénariste - se penche sur son passé ou, plutôt, c'est son passé qui surgit devant lui. Et voici que se succèdent, au fil du roman, les souvenirs de son Nord natal, de ses parents ouvriers, de l'oncle Grégoire aux doigts d'étrangleur, de son ami d'enfance, Jean-Pierre, qui est mort fou, de Thivencelle où, jeune instituteur, il a vécu les premiers temps de l'Occupation, du maquis du Nouvion. Il y a ces femmes qu'il a connues : Micheline, qui écrivait des poèmes, Monique, la journaliste... Raymonde, enfin... Le grand amour et la grande tragédie de sa vie, victime de la plus angoissante des maladies. Pour cet "homme de coeur", la question qui se pose est de faire face à la vie comme il a fait face à la mort. Va-t-il se "remettre en route", comme il dit ? Retrouver un bonheur qui, pour lui, "est de rendre heureux". {L'homme de coeur} est un roman dont le héros, par bien des côtés, ressemble à son auteur. Les pages bouleversantes qui nous décrivent avec pudeur et lucidité à la fois les souffrances et l'agonie de Raymonde sont de celles où l'expérience d'un drame vécu nous transporte au-delà du romanesque : dans une région où toute fiction s'abolit pour laisser la parole à l'inéluctable vérité de notre humaine condition.
Résumé : Bélesta est le nom d'un domaine en pays de Roussillon, près de Millas, le long de la Tét et c'est aussi le personnage principal du roman qui s'appelle Bélesta... Sur un demi-siècle, de 1950 à nos jours et à travers deux générations d'hommes et de femmes, les Giral, André Stil évoque la belle propriété, cossue, protégée des étrangers - mais sans doute pas du mal - comme un château fort. Elle est entourée de vignes qui produisent un bon vin. Le pays est magnifique, les hommes sont les hommes, plutôt bons et généreux mais la tragédie est inhérente à la condition humaine... Le paradis de Bélesta finira mal, dans la déchéance, d'abord vendu pour cause de dettes, puis ruiné par un incendie. Un jeune couple saura-t-il refaire le paradis ?
Bert Degraeve, ancien ouvrier mouleur en chômage, évoque le destin de ses anciens camarades. Ainsi se forme une galerie de portraits d'hommes et de femmes qui vivent dans les corons, sous le ciel noirci de fumée, dans le paysage mouvant et mélancolique des terrils et des étangs. André Stil pose sur chacun d'eux un regard attentif et excelle à rendre une atmosphère qu'il connaît bien.
Si on avait dit à Robert Degraeve, hier, qu'il aurait ce matin deux morts sur la conscience, et peut-être bientôt la sienne, il n'en aurait rien cru. Une journée et une nuit de Robert Degraeve, ouvrier dans une aciérie, dévoileront l'identité de ces deux morts et répondent aux questions : "Comment peut-on être chômeur ? Quels remous profonds cela suscite-t-il dans un homme ? ""
Ces nouvelles poursuivent la mise à jour de réalités originales, mouvantes, nuancées et souvent naissantes. La question du bonheur est posée aussi bien dans le "pignon sur ciel" d'une tente de camping, un artichaut, une feuille de houx, une alliance perdue, un grand chapelet noir, un sourd souriant, le pollen des frênes, des catalogues multicolores. Le monde de ces nouvelles, ce monde qu'elles nous rendent étonnamment proche, est chargé de plus de questions que de réponses. On voit que pour André Stil l'écriture n'a cessé d'être le lieu de toutes les interrogations, de tous les rêves et de tous les risques. On le voit particulièrement dans l'expérience d'une sorte d'écriture parlée, qui n'a rien à voir avec une expression populiste, mais remonte à la source d'un langage réel : langage d'ouvrier souvent, langage de ceux qui n'ont pas la parole, dans la littérature au moins. "Pour Stil comme pour moi - a écrit Aragon - le réalisme c'est nécessairement la mesure prise d'un monde, l'impatience et la révolte aussi qui s'emparent de nous si on nous y impose d'y faire les cent pas de là à là, et pas plus loin, le réalisme c'est naturellement l'exploration de l'interdit, la négation de la limite".
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).