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Heidegger et l'Ecole de Kyoto Soleil levant sur forêt noire
Stevens Bernard
CERF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782204138475
Arrivé au bout de sa vie, M. Heidegger voulait jeter un pont entre l'Occident et l'Orient. C'est le Japon qui a répondu présent. Sur fond de fragments présocratiques et de jardins Zen, voici le plus paradoxal et le plus fécond des dialogues entre les cultures. En 1959, Martin Heidegger, las de la pensée occidentale, se tourne vers l'Orient où tout diffère enfin de son univers - pensée, écriture, art de vivre. Il plonge ainsi, avec beaucoup d'étonnement, dans la sagesse japonaise, et notamment dans le bouddhisme zen. C'est cette belle aventure intellectuelle, ce noble désir de faire dialoguer les cultures, que raconte Bernard Stevens dans cet ouvrage. L'ancien directeur du Collège international de philosophie enquête notamment sur un étrange dialogue que Heidegger publia dans Acheminement vers la parole, autour du mot japonais qui exprime ce qu'en Occident nous nommons " parole ". Stevens cherche à présenter au lecteur, d'une manière simple et non-doctorale, les grandes lignes de la philosophie zen, les raisons de son attractivité pour Heidegger et la manière dont l'herméneutique heideggérienne a puisé dans les grands thèmes de la philosophie orientale. Un essai philosophique d'une grande clarté, qui jette un pont solide et durable entre l'Europe et l'Asie.
Résumé : voici le chef-d'oeuvre de Nishitani. Il décrit comment une nouvelle religiosité, par-delà l'opposition entre matérialisme scientifique et religion traditionnelle, peut répondre aux apories de notre époque, liées à la montée du nihilisme. L'inspiration est conjointement existentialiste (Sartre et Heidegger) et bouddhique (surtout le zen de Dôgen), et cherche à déployer une progression qui part du niveau de l'être, traverse le plan du nihil et l'angoisse de perdre tout fondement stable, pour atteindre le champ de la vacuité - l'ainsité du soi et des choses dans une interdépendance et une empathie universelles. Les références philosophiques de l'Europe et de l'Extrême-Orient y prennent une concrétude inédite. Les plus beaux fruits de la rencontre entre l'Orient et l'Occident.
L'ouvrage a pour but d'introduire le lecteur à la philosophie japonaise contemporaine, en portant l'attention sur son représentant le plus célèbre : Nishida Kitarô (1870-1945), fondateur de l'Ecole de Kyôto. Au fil d'un décryptage des notions cardinales de sa pensée (l'expérience pure, le lieu, la dialectique), il s'agit de montrer en quoi a consisté l'effort philosophique de Nishida et quel peut être son intérêt intrinsèque au milieu du paysage intellectuel international. C'est ici la proximité avec le courant phénoménologique qui est soulignée. Mais par-delà l'œuvre propre de Nishida, il s'agit également d'exposer le contexte intellectuel dans lequel est née sa pensée, les sources de celle-ci dans la tradition orientale (shintoïsme, confucianisme et surtout bouddhisme) et l'influence que son travail philosophique a pu avoir sur l'évolution des idées au japon, au cœur du XXe siècle. Sont ainsi brièvement abordées, dans la foulée de la percée nishidienne, la dialectique praxique de Tanabe, l'ontologie religieuse de Nishitani, l'éthique de Watsuji et l'esthétique de Kuki.
La phénoménologie s'est développée au japon dans la première moitié du XXe siècle autour de l'Ecole de Kyôto, influencée par Husserl, Scheler et Heidegger mais aussi par la pensée japonaise traditionnelle. Traduite pour la première fois en français, la première section du grand livre de Watsuji, Rinrigaku, présente les lignes directrices de la pensée éthique de l'auteur dans une confrontation avec l'herméneutique phénoménologique de Heidegger. A travers une méditation sur la richesse sémantique des mots japonais aïda (entre) et ningen (homme), dont il déploie les implications conceptuelles, Watsuji prône un autre point de départ que la subjectivité isolée d'inspiration cartésienne - qu'il voit percer encore derrière le Dasein heideggérien -, pour aborder les questions de l'action, du devoir, de la responsabilité, du lien humain. Dans une étude synthétique et récapitulative consacrée aux penseurs japonais inspirés par la phénoménologie, Bernard Stevens replace dans leur contexte historique les débats de l'Ecole de Kyôto, sans dissimuler certains de leurs partis pris idéologiques, et explore les rapports qu'ils entretiennent avec la phénoménologie allemande. L'article de Sylvain Isaac se consacre, quant à lui, à la personnalité philosophique sans doute la plus marquante de ce mouvement, qui en est aussi le fondateur, Nishida Kitarô. Il examine la manière dont celui-ci transforme en profondeur l'intentionnalité husserlienne dans le cadre d'une phénoménologie non-égologique de " l'expérience pure ".
Parmi les grands intellectuels japonais du XXe siècle, Maruyama Masao (1914-1996), historien des idées, sociologue et philosophe, est l'un des plus significatifs. Homme lucide et engagé, il n'a cessé de se battre contre toute forme d'autoritarisme ou de nationalisme. 1945 est sans doute le point de départ de sa réflexion tant la guerre a été vécue comme un traumatisme. A partir de là, il a cherché à développer une conscience politique susceptible de faire face aux malheurs successifs de son pays : l'accession au pouvoir des militaires, le bombardement atomique d'Hiroshima, les luttes pour le rétablissement de la liberté face à un occupant américain. C'est dans cet esprit qu'il s'attelle à la fondation d'une véritable science politique japonaise, et qu'il entreprendra ses grands travaux sur l'histoire des idées au Japon : l'époque d'Edo et les prémisses d'une modernité autochtone, la crise identitaire de l'époque Meiji, le militarisme du XXe siècle, puis l'ambiguïté et les promesses de l'époque contemporaine. Ses analyses de l'ultranationalisme japonais se révéleront ainsi être un parfait complément aux études d'Hannah Arendt sur les totalitarismes européens. Avec lui, nous comprenons que les notions de démocratie, de modernité et d'autonomie politique ne sont pas des idéologies d'importation mais bien des valeurs universelles que le Japon a intériorisé à sa manière.