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Le Paris de Rimbaud
Steinmetz Jean-Luc
ALEXANDRINES
9,90 €
Épuisé
EAN :9782370890634
Le début de l'année 1870 s'est déroulé comme un rêve ; il a enfin trouvé son premier vrai lecteur en la personne d'Izambard, qui, féru des Parnassiens et lui-même tenté par la poésie, lit avec la plus grande attention les vers de son élève et lui donne à entendre que c'est à Paris que se forgent les réputations et que les poètes trouvent leur place, quitte à vivre une vie de bohême comme Henry Murger ou le mythique Gringoire, poète du Moyen Age naguère remis en lumière par Hugo et célébré théâtralement par Banville. Car, pour Rimbaud, Paris surgit des livres, une première fois, avant même qu'il en parcoure les rues et les ruelles. A l'occasion d'un sujet de rédaction scolaire, Lettre de Charles d'Orléans à Louis XI pour solliciter la grâce de Villon menacé par la potence, Izambard lui prête les oeuvres complètes du rimeur de la Ballade des pendus. Rimbaud, admiratif du Testament, y relève avec soin bon nombre de toponymes évocateurs de Lutèce. Il en parsème son devoir, que nous connaissons, dûment calligraphié. Promenade rétrospective qui n'en dessine pas moins ses futures déambulations au Quartier latin ou ailleurs, avec Verlaine comme alcoolique acolyte. A cette occasion, et pour qu'il se familiarise mieux avec la ville fabuleuse, Izambard dut lui passer un exemplaire de "Notre-Dame de Paris" de Hugo, où le chapitre II du troisième livre présentait magiquement la ville "à vol d'oiseau" , la Cité-navire amarrée, "poupe au levant, proue au couchant" , leQuartier latin, ses quarante-deux collèges et ses églises, et l'architecture moderne, objet de railleries : "La Sainte-Geneviève de M. Soufflot est certainement le plus beau gâteau de Savoie qu'on ait jamais fait en pierre [... ] les tours de Saint-Sulpice sont deux grosses clarinettes". Ce prêt ne fut pas du goût de "la daromphe", sa mère qui, de suite, reprocha épistolairement au trop attentif professeur d'avoir passé à son fils "Les Misérables, V. Hugot [sic]" opposant majeur du Second Empire. Il est certain que le Rimbaud de l'époque lut ces deux ouvrages et que par "Les Misérables", il évolua à l'avance dans le Paris contemporain, celui qu'avaient bouleversé les Trois Glorieuses et que, à la suitede la révolution de 1848, Napoléon III, assisté de Haussmann, allait transformer.
Organisé à la fin d'un siècle, le vingtième, où Mallarmé avait été en quelque sorte démultiplié, ce colloque a notamment permis que d'importantes personnalités (dont Antoine Compagnon, Jacques Rancière, Jean Ricardou, Michael Riffaterre, Salah Stétié) confrontent, sans dogmatisme abusif, leurs thématiques et leurs positions. Ainsi ont été abordés certaines oeuvres (dont le Sonnet en -yx et Igitur), la question bibliographique et la réception parodique, ainsi que le rapport à l'histoire et au politique, au Livre, au théâtre et à la peinture, voire à la différence sexuelle, sans oublier, évidemment, des spéculations plus strictement poétiques. Le présent ouvrage propose en outre cinq lettres inédites de Mallarmé à Marcel Schwob, ce qui complète cet ensemble déjà fort riche.
Résumé : Pétrus Borel (1809-1859) dit le Lycanthrope aurait pu être un ami de Baudelaire, laisser un nom dans le monde des lettres. Il n'éveille plus, de nos jours, qu'un vague souvenir. Ce compagnon de Nerval et Gautier à leurs débuts, cette étoile du Petit Cénacle proche de Victor Hugo, ce chef de la Camaraderie du Bousingo, ardent défenseur d'Hernani, est entré tout vif dans la légende du romantisme - personnage du ratage qui n'en a pas moins réussi deux ?uvres atypiques, son Champavert. Contes immoraux (1833) et Madame Putiphar (1839), pseudo-roman noir dont les dernières pages s'ouvrent sur la journée du 14 juillet 1789. Le talent n'est pas une ressource. Aussi Borel l'intraitable entamera-t-il une seconde carrière comme inspecteur de la colonisation, dans une Algérie qui sera son nouveau calvaire. Mis à pied en 1848 par la Deuxième République, réintégré en 1850, il ne tardera pas à dénoncer les malversations commises par ses supérieurs hiérarchiques. Un procès s'ensuivra, qu'il perdra, juste récompense de son honnêteté. Quatre ans lui restaient à vivre, avant de finir ses jours, aux environs de Mostaganem, dans son Castel de Haute-Pensée. Que tour à tour Baudelaire, Flaubert, Aragon, Breton, Eluard, Tzara aient estimé son ?uvre, prouve assez l'aura qui en émane. Contre toute attente, cette biographie cherche moins à réhabiliter sa mémoire, qu'à porter sous les yeux du lecteur un nombre considérable d'éléments, qui permettent de mieux connaître le romantisme dans ses marges. Quant à l'expression si rebattue de " poète maudit ", ne fallait-il pas l'illustrer une bonne fois pour toutes (et non sans réserves) par une destinée qui montre, de façon presque parfaite, le secret pouvoir qu'ont certains hommes de se perdre ou de se détruire.
Depuis Verlaine, quelques poètes ont eu le redoutable privilège d?être appelés "maudits". Mallarmé, Rimbaud, Corbière se sont vus décerner un pareil titre. Les deux premiers ont hardiment franchi la barre de cette malédiction imposée. Tristan Corbière, quant à lui, n?a pas eu la même chance. Laissé pour compte malgré son unique et admirable recueil des Amours Jaunes, qu?il appelait son "monstre de livre", il attend encore pour sortir de l?ombre, malgré la renommée de son ?uvre dans les pays de langue anglaise et italienne. Une seule biographie le concernant, celle de René Martineau, publiée en 1905 et rééditée augmentée en 1925, a tenté de recomposer les phases mal connues de son existence. Nul, depuis, n?a tenté de lui donner plus de réalité. Et, de fait, que dire d?un homme, né en 1845, dont ne restent que quatre lettres pour connaître un peu les douze dernières années de sa vie? C? est pourtant ce qui fut tenté avec ce Tristan Corbière du XXIème siècle qui, combinant documents, manuscrits, peintures et photographies, affiliant les intuitions, poursuivant des voies inusitées ou méconnues, tirant le fil des poèmes et recréant les voyages, en est venu à prendre l?importance que l?on voit, tout en décrivant la plus surprenante découverte: trente pages inédites, dessins, gouaches, vers et proses de l?album Louis Noir. Voici donc un Corbière autant parisien que breton, autant fils à papa que bohème de chic, autant peintre que poète, un autre décidément, pourvu de cette vie à peu-près dont il n?a jamais caché qu?il la voulait ainsi, style plus que contenu, cabotage, cabotinage et grand large. "Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre"
Attiré par l'énigme que comporte toujours la littérature, ce livre cherche aussi à établir des relations entre les ?uvres. Celles-ci ne sont donc pas considérées uniquement en elles-mêmes, mais mises en rapport et, pour ainsi dire, universalisées dans le temps et l'espace. Rimbaud se voit confronté au Faust de Goethe et au problème de la modernité, Verlaine estimé par Mallarmé et Claudel, Mallarmé lui-même considéré sous l'angle du vers de Banville ou relu par Claudel et Ponge. On y suit Breton rejouant le roman noir ou faisant écho à la " celtitude ", Artaud lecteur de Baudelaire, Jaccottet retrouvant les fêtes de la Renaissance italienne, Ponge prolongeant la " considération " de Lucrèce. Loin de souligner des influences, de raisonner en termes de causes et d'effets, ces études s'emploient à rétablir l'ensemble aéré, sensible ou intelligible, sur lequel les ?uvres se dessinent, chacune offrant son image et sa parole uniques.
Proue de l'ancien monde" pour Michelet, "promontoire sauvage dans le ciel gris qui galope" pour Kerouac, Brest aspire et inspire depuis bien longtemps les écrivains les plus divers et les plus talentueux. Qui étaient ces auteurs ? Qui sont-ils encore ? Quelle vie ont-ils menée ? Quelle relation singulière entretiennent-ils avec la ville ancienne, martyrisée, reconstruite ? Brest des écrivains est le meilleur guide pour répondre à ces questions. Et pour un voyage intemporel dans la cité du Ponant sous la houlette précise de celles et ceux qui du Moyen Age à nos jours ont sculpté des mots gris et des mots bleus pour dire la splendeur paradoxale des lieux-son petit crachin et ses ciels éclairés, sa brise marine, sa rade admirable.
De grands biographes nous content la vie intime des écrivains de Seine-Maritime. Terre natale de Corneille, Flaubert et Maupassant, lieu d'origine des familles de Dumas et de Gide, résidence privilégiée de Maurice Leblanc, Gaston Leroux et Raymond Queneau, cette terre a façonné les plus grands hommes et femmes de lettres !