Edith Stein, philosophe allemande assistante d'Edmund Husserl, le père de la phénoménologie, se convertit au catholicisme en 1922 à la lecture de la Vie de Thérèse d'Avila. Elle entre au Carmel en 1933. Juive, elle veut rester solidaire de ses frères et meurt martyre au camp d'Auschwitz en 1942. Mystique au sens le plus fort du terme, Edith Stein écrivit beaucoup à partir de sa conversion. La puissance de la Croix est une anthologie qui nous donne les textes les plus saillants de son itinéraire et de sa spiritualité, toute centrée sur la participation à la Croix du Christ au service de l'humanité. Canonisée en octobre 1998, Edith Stein a été proclamée copatronne de l'Europe par Jean-Paul II, avec sainte Brigitte de Suède. Elle est fêtée le 9 août sous le nom de Soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ces textes d'Edith Stein sont réunis et présentés par Waltraud Herbstrith, religieuse allemande du carmel Edith Stein à Tübingen. Connue pour ses nombreuses publications sur Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux et la spiritualité du Carmel, Waltraud Herbstrith et également une des meilleures spécialistes d'Edith Stein. Elle est décédée en 2022.
Résumé : Edith Stein prend la plume en 1933 pour rassembler les souvenirs de sa mère déjà octogénaire et apporter son propre témoignage sur la vie d'une famille juive. Comme elle le souligne dans son avant-propos, elle n'entend pas faire une apologie du judaïsme, mais raconter avec fidélité ce qu'il lui a été donné de vivre en tant que fille d'Israël: " Car, nous qui avons grandi dans le judaïsme, nous avons le devoir de porter témoignage." Le lien profond qui l'unissait à ceux qu'elle aimait, à son peuple, à tous ceux dont elle fait mémoire et qu'elle dépeint magistralement dans ce livre, donne relief et fraîcheur à son récit, tandis qu'elle évoque ses années d'enfance et de jeunesse, jusqu'à sa thèse de philosophie brillamment soutenue en 1916. C'est tout le judaïsme allemand de ces années d'avant la Première Guerre mondiale, la floraison de l'école phénoménologique de Göttingen, la terrible aventure de la guerre qu'elle décrit avec réalisme et sobriété. À travers ces personnes dont elle sait être proche, et qu'elle sait comprendre avec ce don d'Einfühlung, d'amitié et d'intuition des êtres qui était le sien, elle nous donne accès à son propre cheminement intérieur. Comme l'écrit en préface Mgr de Berranger : " Sous sa plume, rien de mièvre, rien d'alambiqué. A travers ses histoires de famille, c'est aussi son propre chemin de maturité de femme qu'elle a su raconter avec une rare clarté. N'est-il pas émouvant de penser qu'Edith Stein a écrit ce chef-d'?uvre inachevé durant son noviciat au carmel, alors que l'histoire qu'elle y raconte n'est explicitement religieuse que lorsqu'elle décrit avec gourmandise la célébration familiale des fêtes juives ?" De fait, Edith Stein est déjà carmélite dans l'âme lorsqu'elle commence à écrire cette chronique d'une famille juive comme un manifeste de solidarité à l'égard de son peuple persécuté. Situation incroyablement paradoxale et douloureuse en ces heures sombres de l'Histoire, dans laquelle l'a placée sa fidélité sans démenti à ce qu'elle perçoit intérieurement. Témoignage étonnant, bouleversant, inachevé. Vie d'une famille juive s'interrompt brusquement : la Gestapo vient arrêter Edith Stein le 2 août 1942 pour la déporter vers Auschwitz-Birkenau avec sa s?ur Rosa.
Résumé : Oeuvre qui se situe au terme d'une évolution à la fois intellectuelle et spirituelle au cours de laquelle l'auteur s'est occupée à la fois de questions de psychologie, de phénoménologie et de scolastique dans ses rapports à la pensée contemporaine. Cette soeur prolongea l'enseignement du mystique espagnol en une véritable philosophie de la personne
La Crèche et la Croix réunit cinq textes d'Edith Stein : une conférence prononcée en janvier 1931 sur le mystère de Noël et quatre méditations sur le thème de la Croix et du mystère pascal, composées entre 1934 et 1941. Il peut paraître étonnant d'associer sous le même titre le mystère joyeux de la naissance du Christ et le mystère douloureux de sa passion. C'est Edith Stein elle-même qui dans Le mystère de Noël met en lumière la logique profonde de ce rapprochement : " Les mystères du christianisme forment un tout indivisible. Si l'on se plonge dans l'un, on est conduit à tous les autres. C'est ainsi que le chemin qui commence à Bethléem mène immanquablement au Golgotha, de la crèche à la croix. " Entre Noël et Pâques Edith Stein voit se dérouler le dessein d'amour de Dieu pour l'humanité, appelée à la rédemption par sa configuration progressive au Fils de Dieu, dans l'Eglise qui est son Corps. " Le chrétien doit vivre toute la vie du Christ. Il doit grandir jusqu'à atteindre l'âge adulte du Christ, et un jour commencer sa montée vers le Golgotha. " La Crèche et la Croix anticipe de manière bouleversante le propre chemin de croix d'Edith Stein, scellé par son martyre à Auschwitz, en août 1942.
Pour Edith Stein, l'éducation n'est pas d'abord l'affaire de convenances sociales à maîtriser. C'est avant tout l'art de faire d'un être humain un homme, car seul l'humain doit apprendre à devenir homme, pour réaliser dans son être " l'essence homme ". Et cette essence, Edith Stein la voit dans le Christ, comme dans son archétype. Si bien que l'art d'éduquer est pour elle identique à une mission de maternité spirituelle : l'éducateur chrétien forme un homme pour qu'il devienne à son tour un autre Christ. Tel est l'enseignement de cet essai sur l'art de l'éducation à l'école de Thérèse d'Avila, écrit pour la " Formation de la femme dans le peuple allemand ", alors qu'Edith Stein poursuit ses recherches à l'Institut pédagogique de Munster. A la politique d'éducation du gouvernement nazi, Edith Stein oppose l'exemple d'une femme, Thérèse d'Avila, dont la vie et l'?uvre ne cessent de rayonner sur une multitude d'hommes et de femmes depuis quatre siècles : " La mort de notre Sainte Mère n'a pas mis un terme à son merveilleux travail d'éducation. Son effet s'étend au-delà des frontières de son peuple, de son Ordre, et va jusqu'à toucher ceux qui se trouvent hors de l'Eglise. La force de son langage, la sincérité et la simplicité du style de ses écrits ouvrent les c?urs et déposent en eux la vie divine. Le nombre de ceux qui lui doivent d'avoir trouvé le chemin de la Lumière ne sera connu qu'au jugement dernier. " Présentation et notes du Père Didier-Marie Golay, ocd, qui éclaire d'une lumière nouvelle et inédite le rôle que joua la lecture de la Vie de Thérèse dans l'itinéraire spirituel d'Edith Stein
Quand on lit les Pères, on est frappé par la connaissance qu'ils ont des Ecritures. On peut même parler de familiarité avec elles. Ils nous montrent ainsi qu'on ne peut pas vivre en chrétien sans être nourri par les saintes Ecritures. Les Ecritures, en effet, parlent de Dieu et du salut qu'est Jésus le Christ. C'est pourquoi le Christ est présent dans toutes les Ecritures, dans le Nouveau Testament bien sûr, mais aussi dans l'Ancien, car "partout dans les Ecritures de Moïse est semé le Fils de Dieu" (Irénée, Haer, 4, 10, 1). Ainsi les Ecritures sont source de vie, elles nous font entrer dans le mystère de Dieu et du salut et nous font découvrir qui est cet homme que Dieu a créé pour l'aimer. On voit maintenant pourquoi les Pères ont eu à coeur de prêcher et d'enseigner à partir des Ecritures. Ce sont elles, en effet, qui nourrissent la foi et développent en - nous l'amour envers Dieu et le prochain. Mais pour cela encore faut-il les comprendre. Cette compréhension résulte d'un long cheminement avec elles en compagnie des témoins du Christ : les Apôtres et les Pères qui nous ont précédés sur cette route. Les Ecritures lues dans cette perspective sont une nourriture quotidienne. Elles servent à nous guider dans notre manière de vivre et à instruire notre intelligence concernant le mystère de Dieu et du salut. Ce numéro propose de voir comment des Pères ont lu les Ecritures pour nourrir leur foi et accroître leur intelligence du mystère. J. FANTINO, o. p.
Nous voici arrivés au terme de l'année civile. C'est aussi le commencement de l'année liturgique avec le temps de l'Avent et de Noël. La liturgie célèbre alors Jésus le Christ qui vient chercher les hommes pour les conduire à Dieu, son Père. Jésus est ainsi le chemin qui conduit au Père. C'est ce que nous vous proposons de méditer avec saint Augustin. Ce numéro est un recueil de textes complémentaires du Numéro 25. Dans ces textes Augustin, en maître spirituel, montre le cheminement de l'homme vers Dieu. C'est pour-quoi ce numéro veut être aussi un accompagnement pour tous ceux qui veulent entrer plus loin dans le mystère du Christ, chemin vers le Père. J. FANTINO, o. p.
Ce numéro est consacré aux symboles de la foi, ce que l'on désigne sous le nom plus familier de "Credo" . Avec cette appellation, on voit tout de suite de quoi il s'agit. On sait en effet que le "Credo" fait partie intégrante de la messe et que ce texte exprime l'essentiel de la foi de l'Eglise. Dans notre liturgie il en existe deux versions : le symbole de Nicée-Constantinople et le symbole des Apôtres. Mais il y en eut bien d'autres. Tous remontent au temps des Pères. Ces symboles de foi étaient utilisés essentiellement lors de la préparation au baptême des candidats qui, à cette époque, étaient pour la plupart adultes. On retrouve cela aujourd'hui : les catéchumènes adultes reçoivent le symbole de la foi lors d'une célébration préparatoire au baptême. Cet exemple montre l'enracinement liturgique des symboles. La liturgie en effet a toujours été le coeur de la vie des chrétiens : lectures, hymnes, prières, prédications, catéchèses, paroles et gestes des célébrations ont façonné la vie et la pensée des communautés chrétiennes au long des siècles. Ainsi la liturgie a été un lieu essentiel de création et de composition à toutes les époques en fonction des événements. C'est dans ce creuset que s'est forgée la théologie. C'est dans ce trésor que, tels les scribes avisés dont parle l'Evangile, les Pères ont tiré de l'ancien et du nouveau. C'est des textes qu'ils entendaient ou chantaient, qu'ils puisèrent les formules des premières confessions de foi, qui servirent notamment lors des célébrations baptismales. J. FANTINO, o. p.
Le Christianisme a commencé en Terre Sainte, et on sait qu'il s'est répandu très rapidement. Mais, sait-on qu'il fut très tôt présent dans le monde syro-palestinien qui recouvre les pays qui vont d'Israël et de la Jordanie jusqu'à la Turquie et à l'Iran actuels. Ainsi une Communauté chrétienne existe à Damas dès les années 35-36 : c'est elle qui accueille Paul lors de sa conversion. Il y a aussi Antioche où les croyants reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens (Ac 11, 26). Le monde syro-palestinien a donc été très tôt gagné par la foi au Christ. Mais il possède également une autre caractéristique très importante. En effet, dans ces contrées les gens sont en général de langue araméenne. C'est une langue de cette famille que parlaient Jésus et ses disciples. L'araméen est davantage un ensemble de dialectes plutôt qu'une langue unique et uniforme. Toujours est-il que c'est dans cette culture araméenne, et donc sémite, que se fait dès les débuts du christianisme l'évangélisation des contrées du Proche-Orient. Ainsi dès le début il y eut des Eglises de culture araméenne qui parlent cette langue et célèbrent leur foi avec elle. Ephrem est un Père du IVe siècle appartenant à l'une de ces Eglises. C'est par lui que nous avons choisi de vous présenter les Eglises de langue araméenne. Peut-être le connaissez-vous déjà ou avez-vous entendu parler de lui. Ce numéro lui est consacré et commence par une introduction à la culture araméenne, avant de présenter Ephrem et son oeuvre.