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Vie d'une famille juive
Stein Edith ; Rastoin Cécile ; Rastoin Jacqueline
CERF
49,00 €
Épuisé
EAN :9782204086530
Edith Stein prend la plume en 1933 pour rassembler les souvenirs de sa mère déjà octogénaire et apporter son propre témoignage sur la vie d'une famille juive. Comme elle le souligne dans son avant-propos, elle n'entend pas faire une apologie du judaïsme, mais raconter avec fidélité ce qu'il lui a été donné de vivre en tant que fille d'Israël: " Car, nous qui avons grandi dans le judaïsme, nous avons le devoir de porter témoignage." Le lien profond qui l'unissait à ceux qu'elle aimait, à son peuple, à tous ceux dont elle fait mémoire et qu'elle dépeint magistralement dans ce livre, donne relief et fraîcheur à son récit, tandis qu'elle évoque ses années d'enfance et de jeunesse, jusqu'à sa thèse de philosophie brillamment soutenue en 1916. C'est tout le judaïsme allemand de ces années d'avant la Première Guerre mondiale, la floraison de l'école phénoménologique de Göttingen, la terrible aventure de la guerre qu'elle décrit avec réalisme et sobriété. À travers ces personnes dont elle sait être proche, et qu'elle sait comprendre avec ce don d'Einfühlung, d'amitié et d'intuition des êtres qui était le sien, elle nous donne accès à son propre cheminement intérieur. Comme l'écrit en préface Mgr de Berranger : " Sous sa plume, rien de mièvre, rien d'alambiqué. A travers ses histoires de famille, c'est aussi son propre chemin de maturité de femme qu'elle a su raconter avec une rare clarté. N'est-il pas émouvant de penser qu'Edith Stein a écrit ce chef-d'?uvre inachevé durant son noviciat au carmel, alors que l'histoire qu'elle y raconte n'est explicitement religieuse que lorsqu'elle décrit avec gourmandise la célébration familiale des fêtes juives ?" De fait, Edith Stein est déjà carmélite dans l'âme lorsqu'elle commence à écrire cette chronique d'une famille juive comme un manifeste de solidarité à l'égard de son peuple persécuté. Situation incroyablement paradoxale et douloureuse en ces heures sombres de l'Histoire, dans laquelle l'a placée sa fidélité sans démenti à ce qu'elle perçoit intérieurement. Témoignage étonnant, bouleversant, inachevé. Vie d'une famille juive s'interrompt brusquement : la Gestapo vient arrêter Edith Stein le 2 août 1942 pour la déporter vers Auschwitz-Birkenau avec sa s?ur Rosa.
La structure ontique de la personne fait le pont entre ce qu'il y a de plus phénomènologique chez Edith Stein et ce qui caractérise ses interprétations des grands mystiques de l'ordre carmélitéin : Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. L'idée d'une philosophie de la personne s'inscrit ici dans la perspective d'une véritable science de la personne au sens de la conception husserlienne de la philosophie comme science rigoureuse. Cette science est ancrée sur trois instances principales : âme, esprit, corps, et relève bien d'une analyse de l'être (critique) qui, fondamentalement, est personne, être fini ou être éternel. Si la réflexivité est le mouvement même de la constitution de la personne, la philosophie réflexive sera ici théocentrique et non plus anthropocentrique ou égocentrique. En un temps où la notion de personne s'est affadie, il convient d'en retrouver toute la densité. Le discours sur les droits de l'homme, s'il veut échapper à toute supercherie, doit rechercher la voie d'une vraie dignité de la personne. Pour Edith Stein, celle-ci provient en définitive de l'échange entre l'Esprit qui donne et l'esprit qui reçoit.
Pour Edith Stein, l'éducation n'est pas d'abord l'affaire de convenances sociales à maîtriser. C'est avant tout l'art de faire d'un être humain un homme, car seul l'humain doit apprendre à devenir homme, pour réaliser dans son être " l'essence homme ". Et cette essence, Edith Stein la voit dans le Christ, comme dans son archétype. Si bien que l'art d'éduquer est pour elle identique à une mission de maternité spirituelle : l'éducateur chrétien forme un homme pour qu'il devienne à son tour un autre Christ. Tel est l'enseignement de cet essai sur l'art de l'éducation à l'école de Thérèse d'Avila, écrit pour la " Formation de la femme dans le peuple allemand ", alors qu'Edith Stein poursuit ses recherches à l'Institut pédagogique de Munster. A la politique d'éducation du gouvernement nazi, Edith Stein oppose l'exemple d'une femme, Thérèse d'Avila, dont la vie et l'?uvre ne cessent de rayonner sur une multitude d'hommes et de femmes depuis quatre siècles : " La mort de notre Sainte Mère n'a pas mis un terme à son merveilleux travail d'éducation. Son effet s'étend au-delà des frontières de son peuple, de son Ordre, et va jusqu'à toucher ceux qui se trouvent hors de l'Eglise. La force de son langage, la sincérité et la simplicité du style de ses écrits ouvrent les c?urs et déposent en eux la vie divine. Le nombre de ceux qui lui doivent d'avoir trouvé le chemin de la Lumière ne sera connu qu'au jugement dernier. " Présentation et notes du Père Didier-Marie Golay, ocd, qui éclaire d'une lumière nouvelle et inédite le rôle que joua la lecture de la Vie de Thérèse dans l'itinéraire spirituel d'Edith Stein
La quête de la vérité conduisit Edith Stein de la philosophie à la vie religieuse, de Husserl aux maîtres du Carmel. Avant d'entrer dans le silence de la contemplation, le Dieu de son enfance avait pris le visage de Jésus-Christ et l'Etre anonyme des philosophes s'était révélé comme l'Amour infini de la Trinité, source cachée de la vie de tout être créé. C'est à cette source que veulent conduire les textes réunis dans ce volume des ?uvres spirituelles. Edith Stein met d'abord en lumière comment la prière chrétienne, liturgique et privée, s'enracine dans la liturgie d'Israël et se greffe sur le dialogue silencieux du Christ avec son Père, puis elle pose son regard sur la vie de quatre figures mystiques féminines: sainte Elisabeth de Hongrie (1207-1233), sainte Thérèse d'Avila (Espagne, 1515-1582), sainte Thérèse Marguerite du Coeur de Jésus (Italie, 1747-1770), soeur Marie-Aimée de Jésus (France, 1839-1874). Par ces biographies spirituelles, c'est l'oeuvre multiforme de l'Esprit Saint qu'Edith Stein veut illustrer, avant d'approfondir le sens de la vocation religieuse dans une série de méditations sur les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance menées à la lumière de la Règle du Carmel et de ses maîtres, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. Trois dialogues terminent cc recueil. Autour du thème de l'abandon à Dieu, de l'illumination baptismale et de l'intercession divine - illustrée par la reine Esther venue inviter la prieure du Carmel à prier au moment où les griffes nazies se referment sur le peuple juif -, ces textes présentent chacun un aspect de l'itinéraire spirituel de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix: juive, philosophe et carmélite, que l'Eglise donne en modèle non seulement aux chrétiens, mais à tous ceux, hommes et femmes de bonne volonté, en quête de la vérité.
Dans "Vie d'une famille juive" , Edith Stein a livré les souvenirs de ses premières années jusqu'à l'époque de sa thèse. Le premier volume de "Correspondance" d'Edith Stein prend en quelque sorte le relais : il couvre la période de la fin de sa thèse (1917) à son entrée au carmel (15 octobre 1933). Ses lettres sont une source très riche de renseignements sur le mouvement phénoménologique, les cercles féministes, les activités catholiques, la persécution contre les juifs dans ces années décisives. La lettre la plus célèbre, celle adressée au pape en 1933, est un manifeste de résistance spirituelle au nazisme. De nombreuses lettres adressées à des jeunes en formation appartiennent au genre des conseils spirituels. Dans la diversité des styles, cette correspondance est un "autoportrait" pris sur le vif, non seulement d'Edith Stein mais de cette époque de l'entre-deux-guerres, sous de multiples points de vue : sociologique, pédagogique, féministe ou philosophique, particulièrement en ce qui concerne l'histoire de la phénoménologie.