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DE LA PERSONNE. Corps, âme, esprit
Stein Edith
CERF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782204045193
La structure ontique de la personne fait le pont entre ce qu'il y a de plus phénomènologique chez Edith Stein et ce qui caractérise ses interprétations des grands mystiques de l'ordre carmélitéin : Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. L'idée d'une philosophie de la personne s'inscrit ici dans la perspective d'une véritable science de la personne au sens de la conception husserlienne de la philosophie comme science rigoureuse. Cette science est ancrée sur trois instances principales : âme, esprit, corps, et relève bien d'une analyse de l'être (critique) qui, fondamentalement, est personne, être fini ou être éternel. Si la réflexivité est le mouvement même de la constitution de la personne, la philosophie réflexive sera ici théocentrique et non plus anthropocentrique ou égocentrique. En un temps où la notion de personne s'est affadie, il convient d'en retrouver toute la densité. Le discours sur les droits de l'homme, s'il veut échapper à toute supercherie, doit rechercher la voie d'une vraie dignité de la personne. Pour Edith Stein, celle-ci provient en définitive de l'échange entre l'Esprit qui donne et l'esprit qui reçoit.
Ce premier volume d'anthropologie comprend les cours qu'Edith Stein dispensa pendant le semestre d'hiver 1932-1933 à l'université de Munster, dans le cadre de l'Institut allemand de pédagogie scientifique (Deutschen Institut fur wissenschaftliche Pädagogik). Devant un auditoire composé de futurs professeurs de l'enseignement catholique, Edith Stein procède à une réduction phénoménologique afin de déterminer ce qui constitue le noyau intime de la personne humaine. L'homme est examiné d'abord en tant que corps matériel, c'est-à-dire à partir de son mode premier d'apparaître dans le monde, puis comme organisme, être animé et enfin être spirituel. Edith Stein intègre l'anthropologie aristotélicienne adoptée par saint Thomas d'Aquin à l'intérieur d'une perspective phénoménologique qui conçoit la personne comme un être intentionnel, ouvert aussi bien vers l'intérieur que vers l'extérieur, et dont la personnalité se constitue à partir d'un centre le noyau de l'âme et à travers une triple appartenance : à une communauté humaine, à une culture et à une religion. Comme l'écrit Edith Stein en conclusion, dans des lignes qui forment la transition entre la dimension philosophique et la dimension théologique de son anthropologie, "intériorisée, comme il convient à son sens véritable, la vérité dogmatique possède la plus grande vertu pédagogique. L'homme en a besoin pour devenir ce qu'il doit être. Aucune science de l'éducation ne pourra donc parvenir à atteindre ses objectifs, si elle ne s'efforce pas de savoir ce que veut dire vivre de la foi ?; et si elle n'enseigne pas à atteindre ce qui est le but de l'existence en apprenant à vivre en s'appuyant sur la foi".
Stein Edith ; Dupuis Michel ; Lavigne Jean-Françoi
Résumé : La recherche philosophique est restée un enjeu crucial tout au long de l'existence d'Edith Stein (1891-1942), intellectuelle pleinement humaine et pleinement croyante, résolument en quête de la vérité dont elle-même, et le monde autour d'elle, avaient tellement besoin. C'est pourquoi la thèse de doctorat en philosophie qu'Edith Stein soutient en 1916 et publie en 1917, fait partie intégrante d'une oeuvre à la fois théorique et spirituelle, d'emblée tournée vers l'énigme la plus profonde dans l'être de l'homme, l'énigme de la rencontre qui fait de l'être humain, individu absolument unique, un "co-existant" appelé à la communauté de la vie et du monde partagés. Outre l'importance de la description phénoménologique du processus empathique par rapport aux approches intuitives ou scientifiquement mal fondées, le thème de cette thèse de doctorat engage une question beaucoup plus générale et aux conséquences multiples et cruciales. C'est de l'homme réel qu'il s'agit en effet, de l'homme toujours déjà engagé dans sa situation intersubjective, et donc toujours déjà confronté à l'énigme de la rencontre : exposé à l'autre et peut-être compris par lui, tourné vers l'autre et peut-être le comprenant. Doublement voué à l'autre en une intersubjectivité fondamentale et non contingente, le sujet humain est pourtant cloisonné, séparé, isolé dans sa propre sphère, comme disent les phénoménologues de cette époque. En conséquence, selon ce modèle, le sujet est toujours déjà condamné à la médiation ou bien à l'interprétation, l'être humain doit développer un talent nouveau de compréhension intersubjective ; il doit apprendre à se décentrer. Ce travail personnel de la jeune assistante de Husserl a été trop longtemps oublié. Il mérite pourtant l'attention des phénoménologues d'aujourd'hui, au moment où ceux-ci redécouvrent les promesses et les difficultés d'une phénoménologie husserlienne de l'intersubjectivité.
La quête de la vérité conduisit Edith Stein de la philosophie à la vie religieuse, de Husserl aux maîtres du Carmel. Avant d'entrer dans le silence de la contemplation, le Dieu de son enfance avait pris le visage de Jésus-Christ et l'Etre anonyme des philosophes s'était révélé comme l'Amour infini de la Trinité, source cachée de la vie de tout être créé. C'est à cette source que veulent conduire les textes réunis dans ce volume des ?uvres spirituelles. Edith Stein met d'abord en lumière comment la prière chrétienne, liturgique et privée, s'enracine dans la liturgie d'Israël et se greffe sur le dialogue silencieux du Christ avec son Père, puis elle pose son regard sur la vie de quatre figures mystiques féminines: sainte Elisabeth de Hongrie (1207-1233), sainte Thérèse d'Avila (Espagne, 1515-1582), sainte Thérèse Marguerite du Coeur de Jésus (Italie, 1747-1770), soeur Marie-Aimée de Jésus (France, 1839-1874). Par ces biographies spirituelles, c'est l'oeuvre multiforme de l'Esprit Saint qu'Edith Stein veut illustrer, avant d'approfondir le sens de la vocation religieuse dans une série de méditations sur les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance menées à la lumière de la Règle du Carmel et de ses maîtres, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. Trois dialogues terminent cc recueil. Autour du thème de l'abandon à Dieu, de l'illumination baptismale et de l'intercession divine - illustrée par la reine Esther venue inviter la prieure du Carmel à prier au moment où les griffes nazies se referment sur le peuple juif -, ces textes présentent chacun un aspect de l'itinéraire spirituel de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix: juive, philosophe et carmélite, que l'Eglise donne en modèle non seulement aux chrétiens, mais à tous ceux, hommes et femmes de bonne volonté, en quête de la vérité.
Ce texte, publié en 1925, fait suite à d'autres travaux sur les fondements des Sciences humaines. Selon la ligne phénoménologique inaugurée par son maître Husserl, Edith Stein dégage l'essence, ou les structures invariantes de sens, qui font d'une collectivité humaine un Etat et un Etat souverain. Cette préoccupation rejoint celle des théoriciens du droit (de Reinach à Kelsen) et celle des philosophes comme Fichte qui jugent l'Etat à sa capacité d'autonomie. De plus, Edith Stein rapproche ainsi une théorie de la personne, inspirée de Max Scheler, d'une théorie de l'Etat par une analogie entre la souveraineté du Moi et celle de l'Etat, puis entre la souveraineté et l'appartenance à une communauté d'Etats et de sujets. Cette traduction se veut aussi une contribution à une nouvelle théorie des institutions.