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Le problème de l'empathie
Stein Edith ; Dupuis Michel ; Lavigne Jean-Françoi
CERF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782204094467
La recherche philosophique est restée un enjeu crucial tout au long de l'existence d'Edith Stein (1891-1942), intellectuelle pleinement humaine et pleinement croyante, résolument en quête de la vérité dont elle-même, et le monde autour d'elle, avaient tellement besoin. C'est pourquoi la thèse de doctorat en philosophie qu'Edith Stein soutient en 1916 et publie en 1917, fait partie intégrante d'une oeuvre à la fois théorique et spirituelle, d'emblée tournée vers l'énigme la plus profonde dans l'être de l'homme, l'énigme de la rencontre qui fait de l'être humain, individu absolument unique, un "co-existant" appelé à la communauté de la vie et du monde partagés. Outre l'importance de la description phénoménologique du processus empathique par rapport aux approches intuitives ou scientifiquement mal fondées, le thème de cette thèse de doctorat engage une question beaucoup plus générale et aux conséquences multiples et cruciales. C'est de l'homme réel qu'il s'agit en effet, de l'homme toujours déjà engagé dans sa situation intersubjective, et donc toujours déjà confronté à l'énigme de la rencontre : exposé à l'autre et peut-être compris par lui, tourné vers l'autre et peut-être le comprenant. Doublement voué à l'autre en une intersubjectivité fondamentale et non contingente, le sujet humain est pourtant cloisonné, séparé, isolé dans sa propre sphère, comme disent les phénoménologues de cette époque. En conséquence, selon ce modèle, le sujet est toujours déjà condamné à la médiation ou bien à l'interprétation, l'être humain doit développer un talent nouveau de compréhension intersubjective ; il doit apprendre à se décentrer. Ce travail personnel de la jeune assistante de Husserl a été trop longtemps oublié. Il mérite pourtant l'attention des phénoménologues d'aujourd'hui, au moment où ceux-ci redécouvrent les promesses et les difficultés d'une phénoménologie husserlienne de l'intersubjectivité.
Ce premier volume d'anthropologie comprend les cours qu'Edith Stein dispensa pendant le semestre d'hiver 1932-1933 à l'université de Munster, dans le cadre de l'Institut allemand de pédagogie scientifique (Deutschen Institut fur wissenschaftliche Pädagogik). Devant un auditoire composé de futurs professeurs de l'enseignement catholique, Edith Stein procède à une réduction phénoménologique afin de déterminer ce qui constitue le noyau intime de la personne humaine. L'homme est examiné d'abord en tant que corps matériel, c'est-à-dire à partir de son mode premier d'apparaître dans le monde, puis comme organisme, être animé et enfin être spirituel. Edith Stein intègre l'anthropologie aristotélicienne adoptée par saint Thomas d'Aquin à l'intérieur d'une perspective phénoménologique qui conçoit la personne comme un être intentionnel, ouvert aussi bien vers l'intérieur que vers l'extérieur, et dont la personnalité se constitue à partir d'un centre le noyau de l'âme et à travers une triple appartenance : à une communauté humaine, à une culture et à une religion. Comme l'écrit Edith Stein en conclusion, dans des lignes qui forment la transition entre la dimension philosophique et la dimension théologique de son anthropologie, "intériorisée, comme il convient à son sens véritable, la vérité dogmatique possède la plus grande vertu pédagogique. L'homme en a besoin pour devenir ce qu'il doit être. Aucune science de l'éducation ne pourra donc parvenir à atteindre ses objectifs, si elle ne s'efforce pas de savoir ce que veut dire vivre de la foi ?; et si elle n'enseigne pas à atteindre ce qui est le but de l'existence en apprenant à vivre en s'appuyant sur la foi".
Résumé : Edith Stein prend la plume en 1933 pour rassembler les souvenirs de sa mère déjà octogénaire et apporter son propre témoignage sur la vie d'une famille juive. Comme elle le souligne dans son avant-propos, elle n'entend pas faire une apologie du judaïsme, mais raconter avec fidélité ce qu'il lui a été donné de vivre en tant que fille d'Israël: " Car, nous qui avons grandi dans le judaïsme, nous avons le devoir de porter témoignage." Le lien profond qui l'unissait à ceux qu'elle aimait, à son peuple, à tous ceux dont elle fait mémoire et qu'elle dépeint magistralement dans ce livre, donne relief et fraîcheur à son récit, tandis qu'elle évoque ses années d'enfance et de jeunesse, jusqu'à sa thèse de philosophie brillamment soutenue en 1916. C'est tout le judaïsme allemand de ces années d'avant la Première Guerre mondiale, la floraison de l'école phénoménologique de Göttingen, la terrible aventure de la guerre qu'elle décrit avec réalisme et sobriété. À travers ces personnes dont elle sait être proche, et qu'elle sait comprendre avec ce don d'Einfühlung, d'amitié et d'intuition des êtres qui était le sien, elle nous donne accès à son propre cheminement intérieur. Comme l'écrit en préface Mgr de Berranger : " Sous sa plume, rien de mièvre, rien d'alambiqué. A travers ses histoires de famille, c'est aussi son propre chemin de maturité de femme qu'elle a su raconter avec une rare clarté. N'est-il pas émouvant de penser qu'Edith Stein a écrit ce chef-d'?uvre inachevé durant son noviciat au carmel, alors que l'histoire qu'elle y raconte n'est explicitement religieuse que lorsqu'elle décrit avec gourmandise la célébration familiale des fêtes juives ?" De fait, Edith Stein est déjà carmélite dans l'âme lorsqu'elle commence à écrire cette chronique d'une famille juive comme un manifeste de solidarité à l'égard de son peuple persécuté. Situation incroyablement paradoxale et douloureuse en ces heures sombres de l'Histoire, dans laquelle l'a placée sa fidélité sans démenti à ce qu'elle perçoit intérieurement. Témoignage étonnant, bouleversant, inachevé. Vie d'une famille juive s'interrompt brusquement : la Gestapo vient arrêter Edith Stein le 2 août 1942 pour la déporter vers Auschwitz-Birkenau avec sa s?ur Rosa.
Résumé : Philosophe (assistante de Husserl), Edith Stein, juive, devient disciple du Christ. Moniale, réfugiée en Hollande, elle est déportée et assassinée à Auschwitz-Birkenau. Au moment de son arrestation, elle avait dit à sa s?ur : " Viens, nous allons pour notre peuple ! " Le destin exceptionnel de cette femme s'est accompli aussi dans ses écrits, notamment son ?uvre philosophique. Phénoménologue, attachée à la " philosophie comme science rigoureuse ", elle traduit en langage moderne le De veritate de Saint Thomas. Carmélite, elle commente Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. Femme, elle s'interroge sur la condition féminine et explore les voies de la maîtrise d'elle-même. Les textes traduits ici proviennent de l'?uvre proprement philosophique de la disciple de Husserl : le sens de la phénoménologie, son dialogue avec des projets philosophiques voisins (en particulier avec Thomas d'Aquin), un débat remarquable avec Heidegger après la parution de Etre et Temps et une réflexion sur la possibilité d'une philosophie chrétienne. La traduction et la présentation détaillée de ces ?uvres par Philibert Secretan, professeur de philosophie à Fribourg, permettent au public francophone de mieux connaître une pensée philosophique trop négligée jusqu'ici.
La quête de la vérité conduisit Edith Stein de la philosophie à la vie religieuse, de Husserl aux maîtres du Carmel. Avant d'entrer dans le silence de la contemplation, le Dieu de son enfance avait pris le visage de Jésus-Christ et l'Etre anonyme des philosophes s'était révélé comme l'Amour infini de la Trinité, source cachée de la vie de tout être créé. C'est à cette source que veulent conduire les textes réunis dans ce volume des ?uvres spirituelles. Edith Stein met d'abord en lumière comment la prière chrétienne, liturgique et privée, s'enracine dans la liturgie d'Israël et se greffe sur le dialogue silencieux du Christ avec son Père, puis elle pose son regard sur la vie de quatre figures mystiques féminines: sainte Elisabeth de Hongrie (1207-1233), sainte Thérèse d'Avila (Espagne, 1515-1582), sainte Thérèse Marguerite du Coeur de Jésus (Italie, 1747-1770), soeur Marie-Aimée de Jésus (France, 1839-1874). Par ces biographies spirituelles, c'est l'oeuvre multiforme de l'Esprit Saint qu'Edith Stein veut illustrer, avant d'approfondir le sens de la vocation religieuse dans une série de méditations sur les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance menées à la lumière de la Règle du Carmel et de ses maîtres, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. Trois dialogues terminent cc recueil. Autour du thème de l'abandon à Dieu, de l'illumination baptismale et de l'intercession divine - illustrée par la reine Esther venue inviter la prieure du Carmel à prier au moment où les griffes nazies se referment sur le peuple juif -, ces textes présentent chacun un aspect de l'itinéraire spirituel de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix: juive, philosophe et carmélite, que l'Eglise donne en modèle non seulement aux chrétiens, mais à tous ceux, hommes et femmes de bonne volonté, en quête de la vérité.