Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La politique du cardinal de Retz : passions et factions
Stefanovska Malina
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782753506138
A un âge où la politique se pensait sous le signe du secret et de la dissimulation, la publication posthume des Mémoires du cardinal de Retz faillit recréer la Fronde " par contagion ". Si leur lecture suscite encore aujourd'hui chez certains la passion de conjurer, c'est que ce grand mémorialiste parvient à établir avec son lecteur un lien que j'appellerai " politique " au sens fort du terme, c'est-à-dire habile, complice et efficace. Un tel rapport à autrui, admirablement saisi par la formule de Baudelaire " Le monde ne marche que par le Malentendu ", ne peut fonctionner que si la dissension qu'il recouvre reste cachée sous le voile du silence. Cette intuition de Retz explique la manière dont il conçoit l'Etat, le pacte autobiographique équivoque qu'il passe. lui-même, avec la destinataire de ses Mémoires, sa tactique comme chef de faction et grand d'Eglise, enfin l'assujettissement au pouvoir qui lui permet de s'écrire. En les éclairant, tour à tour, la présente étude approfondit l'écriture de soi en tant que rapport éminemment politique à autrui.
Pourquoi écrit-on des mémoires au Grand Siècle ? Retiré dans son cabinet, le mémorialiste ressasse le passé pour le redresser, expose au jour les secrets de la cour, corrige l'histoire officielle de la monarchie et du règne. C'est ce que firent Bassompierre, Retz, et la Grande Mademoiselle. C'est ainsi que procède également Saint-Simon lorsqu'il compose ses Mémoires monumentaux. Poussé par l'indignation contre les mensonges historiques, par l'ennui créateur de chimères et par le secret qui l'obsède et qui définit sa situation d'auteur, Saint-Simon écrit symboliquement et littéralement dans les marges de l'histoire louis-quatorzienne. Il la réécrit à partir de sa vision propre du monde, de la politique et de l'individu. Il annonce ainsi, dans un même geste, la fin d'une cosmologie révolue, et la naissance de cette interminable entreprise que la modernité a désignée du nom de " Littérature ". A partir d'une réflexion théorique qui s'inspire de l'anthropologie et qui porte sur la subjectivité du mémorialiste et ses racines sociales et politiques, cette étude de l'anecdote, du portrait et du style saint-simonien explore l'imaginaire nobiliaire de l'ancien régime et ses implications intimes pour l'acte d'écrire.
C'est une pièce sur un personnage Qui-N'Est-Pas-Là, et qui est pourtant le personnage principal. Il est omniprésent et brille par son absence. Il ne s'agit pas d'un anonyme ni d'un inconnu. Au contraire, il s'agit de Vojdan Cernodrinski, l'un des fondateurs du théâtre macédonien, dont la biographie est aussi riche et tumultueuse que les événements qu'il a vécus.Cernodrinski revient à la maison suit les traces profondes et magnétiques que le célèbre dramaturge a laissées dans l'inconscient collectif. Avec une structure en fragments, un style direct et plein d'humour, une galerie de personnages confrontés à des situations ubuesques, Goran Stefanovski nous emmène ici bien plus loin que le simple hommage, au point que chacun pourra, par-delà les nationalités et les générations, reconnaître son propre Cernodrinski.Goran Stefanovski est né en 1952 en Macédoine. Auteur dramatique, écrivain et universitaire, il a écrit sur les migrations, les conflits sociaux, la transition postcommuniste et l'identité multiculturelle. Nombre de ses oeuvres sont des productions internationales, largement présentées en Europe, du BITEF de Belgrade au Festival d'Avignon, en passant par la Comédie-Française.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.