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Les métamorphoses du travail contraint. Une histoire globale XVIIIe-XIXe siècles
Stanziani Alessandro
SCIENCES PO
24,00 €
Épuisé
EAN :9782724626209
Les récits de Conrad m'accompagnent depuis mon enfance. A cette époque, j'aimais surtout l'aventure, le bruit et le parfum de la mer. [... ] Je pensais avoir mis de côté Conrad jusqu'à ce que, il y a quelques années, un ami [... ] me dise : as-tu remarqué que tes terrains de recherche suivent à peu près les périples de Conrad ? Le livre de l'historien Alessandro Stanziani ne parle pas des voyages de Joseph Conrad, mais des travailleurs et des asservis que l'écrivain polonais a côtoyés : les serfs de Russie, les salariés et les marins des empires français et britannique, les esclaves et les immigrés de l'océan Indien. Il s'achève au Congo, dans les violences extrêmes perpétrées contre les indigènes par des compagnies coloniales en quête effrénée de profits. De la pensée des Lumières à l'évolution du droit et à la réalité des conditions de travail, Alessandro Stanziani montre par son approche globale que l'histoire du travail forcé ne peut se comprendre qu'en relation avec celle du travail libre. Les deux aires ne cessent de se superposer et de se répondre mutuellement pour écrire une seule et même histoire encore inachevée, celle d'une difficile émancipation.
Vache folle ", sang contaminé, produits transgéniques : ces affaires ont récemment mobilisé l'opinion et soulignent l'importance des problèmes de qualité face aux logiques commerciales et aux dérives du marché. Comment concilier liberté d'initiative et de concurrence, d'une part, sécurité et santé publiques, d'autre part ? Qui peut fixer les normes légitimes de qualité des produits ? Depuis longtemps producteurs, marchands, consommateurs, experts et juristes s'affrontent sur ce terrain. Quel est le rôle de l'Etat, le poids des lobbies économiques, la place de l'expertise et l'action du droit ? Ce livre analyse les enjeux actuels en matière de sécurité et de qualité des produits dans une perspective historique. La première partie, consacrée au XVIIIe siècle, retrace la construction de la notion de qualité sous l'Ancien Régime : efforts d'identification et de classement des produits, volonté réglementaire de Colbert et ses limites, rôle des corporations. La seconde partie étudie la mise en place des normes de contrôle au sein de l'économie libérale du XIXe et du début du XXe siècles, à travers les exemples du savon de Marseille, du vin et des conserves. Elle renverse les thèses traditionnelles opposant un Ancien Régime " dirigiste " et un XIXe siècle libéral : le fonctionnement de l'économie libérale aurait été impossible sans les règles de droit disciplinant les marchés. La dernière partie analyse les problèmes contemporains de qualification des produits, notamment à la lumière de la crise de la vache folle et dans la législation européenne. Ce livre est issu du séminaire " Normes et produits " de l'IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l'économie, CNRS), d'une part, et, d'autre part, d'un groupe de travail consacré aux classifications et aux certifications des produits, soutenu par le ministère de la Recherche.
Comment oublier l'oeuvre insurpassée de Jean-Claude Perrot, sa capacité à faire interagir les savoirs et les pratiques économiques et statistiques, notamment en histoire urbaine ? Ce numéro lui rend hommage par une évocation de ses travaux, suivie de deux thématiques qui lui étaient chères : la mesure en sciences sociales et la mesure de l'espace. Les trois premières contributions, croisant histoire et, respectivement, mathématiques, sociologie et biométrie, illustrent l'ambition de décloisonner les tensions entre dimensions qualitatives et quantitatives. Les trois contributions suivantes abordent les transformations dans l'organisation spatiale à l'aune de critères quantitatifs dans des domaines extrêmement sensibles de nos jours, à savoir l'éducation nationale et la localisation/identification des personnes.
Construire des bases de données L'évolution récente de la méthodologie des sciences sociales impose désormais à la recherche historique un suivi individualisé et multidimensionnel des acteurs et de leurs conduites au fil du temps. Il s'agit d'étudier des processus complexes, des agencements de comportements successifs, construits progressivement par chaque acteur, à travers tâtonnements, essais et erreurs. Une telle investigation implique l'utilisation de bases de données informatisées, permettant de transformer une masse d'informations issues de sources multiples en données exploitables. Les articles présents dans ce numéro explicitent cette opération de la plus haute importance, tant sur le plan épistémologique qu'empirique, en histoire et dans les sciences sociales. Jean-Pierre Dedieu, Introduction sous forme d'un retour d'expérience. Introduction in the Form of a Return on Experience Pierre Niccolò Sofia & Silvia Marzagalli, Commerce et navigation à Marseille depuis la Sicile dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, entre permanence et modernisation. Une étude à partir de la base de données Navigocorpus. Between Continuity and Change : A Case Study of Shipping and Trade between Sicily and Marseille in the Second Half of the 18th Century Based on Navigocorpus Data Albane Cogné, Les élites italiennes et la monarchie hispanique (XVIe-XVIIIe siècle). Les apports de la base de données Fichoz pour une approche prosopographique. Italian Elites and the Hispanic Monarchy (16th-18th Centuries) : A Prosopographic Approach using the Fichoz Database Gunnar W. Knutsen, Alimenter des bases de données grâce à l'intelligence artificielle. Quelques exemples concrets pour souligner les défis actuels de l'historien. Feeding Databases with Artificial Intelligence : Concrete Examples Highlighting Current Chal-lenges for Historians Varia Denys Breysse & Stéphanie Lachaud, Les catégories sociales d'une société rurale traditionnelle (Trizac, Haute-Auvergne, xviiie siècle) : apports de l'analyse multi-critère et de la classification automatique. Social Categories in a Traditional Rural Society (Trizac, Haute-Auvergne, Eighteenth Century) : Added Value of Multicriteria Analysis and Automatic Classification Nathalie Dahn-Singh, Des chiffres "? pour tarir [... ] les sources du crime ? ". La construction des statistiques pénitentiaires (Suisse, 1889-1910). Numbers to "Fight... the Sources of Crime" : The Construction of Penitentiary Statistics (Switzerland, 1889-1910) Débat Jérôme Bourdieu · Marie-Christine Zélem · Julien Vincent Autour de Sans transition. Une nouvelle histoire de l'énergie, Jean-Baptiste Fressoz, 2024
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.