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Histoire & Mesure Volume 39 N° 2 : Construire des bases de données
Stanziani Alessandro
EHESS
23,50 €
Épuisé
EAN :9782713233685
Construire des bases de données L'évolution récente de la méthodologie des sciences sociales impose désormais à la recherche historique un suivi individualisé et multidimensionnel des acteurs et de leurs conduites au fil du temps. Il s'agit d'étudier des processus complexes, des agencements de comportements successifs, construits progressivement par chaque acteur, à travers tâtonnements, essais et erreurs. Une telle investigation implique l'utilisation de bases de données informatisées, permettant de transformer une masse d'informations issues de sources multiples en données exploitables. Les articles présents dans ce numéro explicitent cette opération de la plus haute importance, tant sur le plan épistémologique qu'empirique, en histoire et dans les sciences sociales. Jean-Pierre Dedieu, Introduction sous forme d'un retour d'expérience. Introduction in the Form of a Return on Experience Pierre Niccolò Sofia & Silvia Marzagalli, Commerce et navigation à Marseille depuis la Sicile dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, entre permanence et modernisation. Une étude à partir de la base de données Navigocorpus. Between Continuity and Change : A Case Study of Shipping and Trade between Sicily and Marseille in the Second Half of the 18th Century Based on Navigocorpus Data Albane Cogné, Les élites italiennes et la monarchie hispanique (XVIe-XVIIIe siècle). Les apports de la base de données Fichoz pour une approche prosopographique. Italian Elites and the Hispanic Monarchy (16th-18th Centuries) : A Prosopographic Approach using the Fichoz Database Gunnar W. Knutsen, Alimenter des bases de données grâce à l'intelligence artificielle. Quelques exemples concrets pour souligner les défis actuels de l'historien. Feeding Databases with Artificial Intelligence : Concrete Examples Highlighting Current Chal-lenges for Historians Varia Denys Breysse & Stéphanie Lachaud, Les catégories sociales d'une société rurale traditionnelle (Trizac, Haute-Auvergne, xviiie siècle) : apports de l'analyse multi-critère et de la classification automatique. Social Categories in a Traditional Rural Society (Trizac, Haute-Auvergne, Eighteenth Century) : Added Value of Multicriteria Analysis and Automatic Classification Nathalie Dahn-Singh, Des chiffres "? pour tarir [... ] les sources du crime ? ". La construction des statistiques pénitentiaires (Suisse, 1889-1910). Numbers to "Fight... the Sources of Crime" : The Construction of Penitentiary Statistics (Switzerland, 1889-1910) Débat Jérôme Bourdieu · Marie-Christine Zélem · Julien Vincent Autour de Sans transition. Une nouvelle histoire de l'énergie, Jean-Baptiste Fressoz, 2024
Résumé : Pour quelles raisons des émeutes, des luttes pour les terres, des rivalités économiques et géopolitiques exacerbées, ainsi qu'une guerre de conquête se déchaînent-elles encore autour du blé ? Cette situation résulte d'une histoire dont l'issue n'était pas écrite depuis que notre espèce a domestiqué les céréales, ni déterminée par la pression démographique d'une humanité confrontée à l'épuisement inexorable de ses ressources, mais qui remonte au XVIIe siècle. Les guerres dont le blé apparaît à la fois comme l'enjeu et l'arme sont, d'une part, corrélatives de la naissance et de l'évolution de l'Etat moderne, notamment dans sa dimension impériale, d'autre part, tributaires du développement spéculatif du capitalisme. Il y a quatre siècles, les puissances qui allaient dominer le monde se sont bâties sur le blé ; en dépit de progrès économiques, sociaux, agronomiques et sanitaires majeurs, nous en dépendons toujours. A travers le lien unissant l'expansion territoriale des Etats à l'approvisionnement en céréales, Alessandro Stanziani montre que le blé constitue un paramètre décisif pour rendre compte de l'extermination des nomades présumés aux Amériques, en Australie et dans les steppes eurasiatiques entre le XVIIe et le XIXe siècle, puis de l'issue des deux guerres mondiales, et des dynamiques à l'oeuvre à l'époque de la guerre froide et de la décolonisation. Connectées à l'organisation des marchés céréaliers, à la modification des techniques de récolte, à l'industrialisation et à la dérégulation spéculative globale, ces tendances longues éclairent la spirale d'inégalités, de désastres écologiques et de tensions géopolitiques que nous connaissons aujourd'hui.
Résumé : Qu'on la nomme histoire globale, mondiale, connectée, histoire-monde ou world history, c'est elle qui aujourd'hui suscite l'intérêt des lecteurs, des médias, des universitaires, et tend à façonner notre représentation du passé. Mais qu'est-ce que l'histoire globale ? Que propose-t-elle ? La belle synthèse d'Alessandro Stanziani fournit toutes les clés pour comprendre l'essor et les ambitions de cette histoire plurielle. Filiations multiples, bifurcations inattendues, brassages et métissages : affranchie de l'européocentrisme, l'histoire globale élargit les horizons géographiques, déborde les cadres nationaux, pense le monde à partir des connexions et des relations au sein d'entités politiques ou économiques hétérogènes. Elle a pour objet les migrations d'hommes, de biens, d'idées, de savoirs, de symboles, mais aussi le changement climatique, les révolutions technologiques, l'évolution des mentalités... Saisies dans la longue durée, et à l'intersection de plusieurs mondes, Alessandro Stanziani explore à nouveaux frais les relations que l'histoire établit avec la philosophie, la sociologie, la philologie et l'économie : ces interactions délimitent la portée de l'histoire globale par rapport aux autres approches. Face aux progrès du nationalisme, cette façon de faire de l'histoire permet de revisiter le passé d'un certain nombre d'événements, de culture et/ou de régions. De l'Inde à la Russie, des décolonisations à l'islam, cet ouvrage montre que l'histoire globale invite à multiplier les angles de vue, mais aussi à dépasser la vision de l'histoire comme choc entre les civilisations.
Stanziani Alessandro ; Piketty Thomas ; Cottrel Na
Résumé : Un ouvrage ambitieux à la focale mondiale qui retrace une histoire du capitalisme sur le temps long afin de trouver des solutions viables pour sortir d'un système devenu obsolète. Alessandro Stanziani tente de concilier croissance économique et démographique, justice sociale et protection de l'environnement, avec une attention particulière à la production agricole et à l'alimentation, pour que l'ensemble de l'humanité puisse enfin jouir de ce "capital Terre" qui est notre bien commun.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.