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Sauterelles
Srbljanovic Biljana ; Keller Gabriel
L ARCHE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782851816221
Les sauterelles sont des insectes délicieux, paisibles : mais parfois, sans raison apparente, elles décident de se regrouper, et causent d'énormes dommages. En une demi-heure elles peuvent ravager un champ immense. C'était pour moi une métaphore des personnages que je décris dans ma pièce. En tant qu'individus, ils sont sympathiques. Mais gare à vous s'ils se regroupent." (Biljana Srbljanovic). Après la dictature du Parti communiste, après la purification ethnique, après les bombardements de l'OTAN : dans le Belgrade d'aujourd'hui. Onze personnages distordus et grotesques luttent pour survivre dans une société de l'après-chaos. Biljana Srbljanovic décrit les conséquences du chaos sur les individus dans leur vie de tous les jours. S'y déroule une guerre d'un nouveau genre : entre les générations. Les vieux ont peur de mourir, les jeunes peur de vieillir. Des fils infrangibles les enchaînent les uns aux autres. Tous ont soif de pouvoir. Et tous sont vieux. Surtout les plus jeunes. Les pires.
C?est en 1997 que Biljana Srbljanovic, alors âgée de 26 ans, remporte son premier succès. La Trilogie de Belgrade raconte à ceux qui sont restés, la vie de ceux qui ont fui la République serbe pour diverses raisons : la peur d?être appelé sous les drapeaux, de se voir enferré dans une idéologie nationaliste et socialiste ou simplement pour cause de contestation générale contre les conditions de vie dans un régime à bout de souffle. En fêtant le réveillon du Nouvel An à Prague, Sydney ou Los Angeles, ils téléphonent à leurs parents, parlent avec optimisme de leur soi-disant réussite et se brisent à cause de leur isolement ou de leur mal du pays. Depuis, Biljana Srbljanovic est devenue une voix dramatique importante. Ses Histoires de famille, créées à Belgrade un an plus tard et déprogrammées après le début du bombardement de l?OTAN, montrent une société postcommuniste en plein délabrement. Les personnages de cette pièce sont des enfants qui jouent aux adultes parce que les enfants disent ce que les adultes pensent. Rien d?étonnant à cela, «il y aura suffisamment d?autres raisons de s?étonner». Les pièces de Biljana Srbljanovic, comme récemment Supermarché, La Chute ou Histoires de famille, se sont imposées sur toutes les scènes d?Europe.
Le grotesque est la plus riche source que la nature puisse ouvrir à l'art" remarqua Hugo dans la Préface de Cromwell. Appliqué au théâtre, le grotesque incarne le principe de déformation avec un grand sens du concret et du détail réaliste. Il semble que les pièces de Biljana Srbljanovic, née en 1970 à Belgrade, s'y réfèrent constamment. Elles font du théâtre la forme d'expression par excellence du grotesque : outrance préméditée, défiguration de la nature. Dans Supermarché l'auteur nous amène dix ans après la chute du Mur, dans une petite ville autrichienne où Léo Schwartz, alias Léonid Crnojevic, est directeur d'école. Un journaliste vient l'interviewer pour son journal de province. Une belle occasion pour le directeur d'élever une sorte de monument à la mémoire de son passé de résistant dans un pays de l'Est et de lui présenter une biographie qui n'est que mensonges, inventions. Mais le lecteur ne voit pas une pièce policière, il découvre une société en pleine décomposition : la fille du directeur se prostitue tandis que son condisciple gagne son argent de poche en offrant lui aussi son corps au premier venu. La désintégration sociale semble - sous une apparente normalité - bien avancée. Biljana Srbljanovic est serbe et, comment pourrait-il en être autrement, s'intéresse au destin de son pays, au rôle que Milosevic et sa famille ont joué dans le conflit qui a opposé son pays à ses voisins. La Chute, écrite avant l'intervention de l'OTAN dans les Balkans, raconte l'histoire de la Yougoslavie ou de ce qu'il en est resté. Suncana, une forte quinquagénaire qui met au monde, dans les gémissements et les plaintes, le modèle d'une maison et son mari, le grand "Führer" qui faillit à sa tâche pendant la nuit de noces, rappellent dans cette danse macabre la tradition du grand guignol, l'Ubu roi des temps modernes. La création en langue française de Supermarché aura lieu le 23 novembre au Théâtre de la Place à Liège dans une mise en scène de Paolo Magelli.
L'auteur exige un traitement humain pour les animaux en préalable de la pièce. L'auteur n'insiste pas pour que le même principe soit appliqué aux humains.
New York au début du XXIe siècle : le contraste saisissant entre le déploiement des lumières spectaculaires et l'exhibition de la misère, le luxe et la puanteur, la cocaïne non coupée et le crack, les restaurants branchés et les quais de métro hideux, les portiers en uniforme et les rats.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.
Cette trilogie de Léonora Miano regroupe trois pièces, Révélation, Sacrifices et Tombeau qui se conçoivent comme une tragédie en trois volets, où il est question d?un sujet peu, voire jamais, abordé sur nos scènes françaises, celui de la traite esclavagiste. La langue puissante et musicale de l?auteure s?y déploie dans toute sa force et sa virtuosité.
Résumé : Deux épopées de l'intime sur la force vive du souvenir et l'ordinaire des jours. Dans 21 rue des Sources, deux revenants s'amusent et philosophent dans la maison familiale abandonnée. On rit. On se souvient. Tout se détraque dans L'Arbre après une terrible tempête. Gaby et Linette traînent leur amour comme un mal en patience. On se blesse. On ne sait pas aimer. Aurait-il fallu ne pas couper l'Arbre ?
Ce qu'il faut dire est une invitation à habiter ses spiritualités. Dans un monde où les nominations sont enjeux de domination, Léonora Miano invite à prendre ses responsabilités et ses distances quant aux assignations, véhiculées par la langue et les grands récits nationaux. Sa parole, d'une puissance poétique incisive, exhorte à la reconquête des mémoires pour Etre Tout simplement Soi. Requiem pour une vieille Europe des privilèges, ces trois chants sont à lire à voix haute, comme un hymne à la connaissance de soi.