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Supermarché. La chute
Srbljanovic Biljana
L ARCHE
14,10 €
Épuisé
EAN :9782851815002
Le grotesque est la plus riche source que la nature puisse ouvrir à l'art" remarqua Hugo dans la Préface de Cromwell. Appliqué au théâtre, le grotesque incarne le principe de déformation avec un grand sens du concret et du détail réaliste. Il semble que les pièces de Biljana Srbljanovic, née en 1970 à Belgrade, s'y réfèrent constamment. Elles font du théâtre la forme d'expression par excellence du grotesque : outrance préméditée, défiguration de la nature. Dans Supermarché l'auteur nous amène dix ans après la chute du Mur, dans une petite ville autrichienne où Léo Schwartz, alias Léonid Crnojevic, est directeur d'école. Un journaliste vient l'interviewer pour son journal de province. Une belle occasion pour le directeur d'élever une sorte de monument à la mémoire de son passé de résistant dans un pays de l'Est et de lui présenter une biographie qui n'est que mensonges, inventions. Mais le lecteur ne voit pas une pièce policière, il découvre une société en pleine décomposition : la fille du directeur se prostitue tandis que son condisciple gagne son argent de poche en offrant lui aussi son corps au premier venu. La désintégration sociale semble - sous une apparente normalité - bien avancée. Biljana Srbljanovic est serbe et, comment pourrait-il en être autrement, s'intéresse au destin de son pays, au rôle que Milosevic et sa famille ont joué dans le conflit qui a opposé son pays à ses voisins. La Chute, écrite avant l'intervention de l'OTAN dans les Balkans, raconte l'histoire de la Yougoslavie ou de ce qu'il en est resté. Suncana, une forte quinquagénaire qui met au monde, dans les gémissements et les plaintes, le modèle d'une maison et son mari, le grand "Führer" qui faillit à sa tâche pendant la nuit de noces, rappellent dans cette danse macabre la tradition du grand guignol, l'Ubu roi des temps modernes. La création en langue française de Supermarché aura lieu le 23 novembre au Théâtre de la Place à Liège dans une mise en scène de Paolo Magelli.
New York au début du XXIe siècle : le contraste saisissant entre le déploiement des lumières spectaculaires et l'exhibition de la misère, le luxe et la puanteur, la cocaïne non coupée et le crack, les restaurants branchés et les quais de métro hideux, les portiers en uniforme et les rats.
L'auteur exige un traitement humain pour les animaux en préalable de la pièce. L'auteur n'insiste pas pour que le même principe soit appliqué aux humains.
Les sauterelles sont des insectes délicieux, paisibles : mais parfois, sans raison apparente, elles décident de se regrouper, et causent d'énormes dommages. En une demi-heure elles peuvent ravager un champ immense. C'était pour moi une métaphore des personnages que je décris dans ma pièce. En tant qu'individus, ils sont sympathiques. Mais gare à vous s'ils se regroupent." (Biljana Srbljanovic). Après la dictature du Parti communiste, après la purification ethnique, après les bombardements de l'OTAN : dans le Belgrade d'aujourd'hui. Onze personnages distordus et grotesques luttent pour survivre dans une société de l'après-chaos. Biljana Srbljanovic décrit les conséquences du chaos sur les individus dans leur vie de tous les jours. S'y déroule une guerre d'un nouveau genre : entre les générations. Les vieux ont peur de mourir, les jeunes peur de vieillir. Des fils infrangibles les enchaînent les uns aux autres. Tous ont soif de pouvoir. Et tous sont vieux. Surtout les plus jeunes. Les pires.
C?est en 1997 que Biljana Srbljanovic, alors âgée de 26 ans, remporte son premier succès. La Trilogie de Belgrade raconte à ceux qui sont restés, la vie de ceux qui ont fui la République serbe pour diverses raisons : la peur d?être appelé sous les drapeaux, de se voir enferré dans une idéologie nationaliste et socialiste ou simplement pour cause de contestation générale contre les conditions de vie dans un régime à bout de souffle. En fêtant le réveillon du Nouvel An à Prague, Sydney ou Los Angeles, ils téléphonent à leurs parents, parlent avec optimisme de leur soi-disant réussite et se brisent à cause de leur isolement ou de leur mal du pays. Depuis, Biljana Srbljanovic est devenue une voix dramatique importante. Ses Histoires de famille, créées à Belgrade un an plus tard et déprogrammées après le début du bombardement de l?OTAN, montrent une société postcommuniste en plein délabrement. Les personnages de cette pièce sont des enfants qui jouent aux adultes parce que les enfants disent ce que les adultes pensent. Rien d?étonnant à cela, «il y aura suffisamment d?autres raisons de s?étonner». Les pièces de Biljana Srbljanovic, comme récemment Supermarché, La Chute ou Histoires de famille, se sont imposées sur toutes les scènes d?Europe.
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie. La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, "la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force". Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.
Anéantis, la première pièce de la dramaturge anglaise fut créée en 1995 à Londres au Royal Court Theatre. La pièce comme l'auteur devenaient immédiatement célèbres, faisant les gros titres de la presse britannique parce qu'ils décrivaient le viol, la torture et la brutalité de cette guerre qu'on appelle civile.