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Poème en trois sections
Squires Geoffrey ; Heusbourg François ; Groborne R
UNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782877041713
Geoffrey Squires est né en 1942 en Irlande. Après un diplôme d'anglais à Cambridge, il obtient un doctorat de psychologie éducative à Edimbourg. Il a travaillé durant plusieurs années dans diverses universités en Iran, en France et aux Etats-Unis. Il obtient une bourse d'écrivain du Arts Council en 1977. A enseigné à l'université de Sussex au Royaume-Uni, avant de prendre un poste permanent à l'université de Hull, et a été également longtemps consultant pour l'OCDE. Il publie en 1975 Pierres noyées, recueil qui par ses collages, la multiplicité des voix et son cosmopolitisme fut remarqué par la critique pour son innovation formelle héritée de la poésie américaine des années 1970. Notamment Charles Olson et les poètes de Black Mountain, en réaction à la poésie irlandaise lyrique de l'époque. Puis en Figures en 1978 et XXI Poems en 1980, poésies de la perception et de la conscience immédiate qui trouvent un premier aboutissement dans Poème en trois sections en 1983. Poète du corps en mouvement dans l'espace, de l'évocation des lieux et des paysages et des associations mémorielles, Squires conduit sa poésie vers l'abstraction dans les années qui suivent, avec Paysages et Silences en 1996 ou la série Sans titre au tournant des années 2000. Son oeuvre poétique, saluée notamment par le critique américain Robert Archambeau, compte une quinzaine de recueils, et de nombreuses publications en revue (Action Poétique, Europe, The Irish Times, Angel Exhaust...). Geoffrey Squires est également traducteur de poésie persane, française, et gaélique. Les traductions de ses ouvrages en France aux Editions Unes (Sans titre, Paysages et silences, Pierres noyées) ont été largement saluées par la critique (articles dans Le Monde, l'Humanité, Le Matricule des Anges, et sur de nombreux sites internet, émission sur France Culture, résidences, invitation au Marché de la poésie...).
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Résumé : Livre charnière dans son oeuvre, Paysages et Silences, publié en 1996 par New Writers' Press, marque l'introduction progressive de l'abstraction dans la poésie de Geoffrey Squires. La variété des paysages évoqués tout au long du recueil n'existe pas tant dans le motif (impossible ici de reconnaître l'Espagne de la France, la Grèce de l'Irlande) que dans la conscience, où se mêlent la confusion de la mémoire et la question de son propre effacement, de sa présence à la réalité. Ouvrage de la perception imparfaite du monde, traversé de ces étrangetés qui déplacent le voyageur à l'intérieur de lui-même, oscillant entre la fluidité des choses vues et de brusques interruptions, mutismes figés, décalages en suspens. Trouant par là même la description et la réception habituelle du paysage pour former le panorama singulier et incomplet d'un autre espace, intime, dans une fragmentation de plus en plus grande.
Résumé : Premier livre de l'auteur, Pierres Noyées, marqué notamment par la lecture des poètes américains de "Black Mountain" (Olson, Creeley, Duncan...), marqua en son temps une rupture avec la poésie traditionnelle irlandaise. La banalité des motifs, la multiplicité des voix et des approches, cet intérêt déjà pour les paysages et cette perception du monde si particulière, au bord de la conscience, que Geoffrey Squires radicalisera dans ses livres suivants. Un monde en équilibre entre son emportement technique et sa dimension intime. A quoi tiennent nos vies, rats de laboratoires, individus aux comportements déterminés, ou bouleversées par la réalité du monde ? Entre les souvenirs de Californie et les excursions dans le désert iranien, on voit la vie simple des fermiers, des habitants des petits villages d'Irlande, des femmes qui vont laver leur linge. Toute cette existence qui parfois s'ignore, si calme, méthodique en apparence ; on cultive les champs, on répare une voiture, on va à la ville. Des endroits simples et étranges, jusque dans ce qu'ils ont de familier ; Squires évoque cette façon qu'ont les lieux de nous investir, de creuser notre vide. Tout dans ce livre, de la maison familiale aux jeunes amants en voyage de noces en passant par la touriste en vacance, semble sous une apparence heureuse être rongé par l'ennui et la décomposition (les vers, les ravages). Dans ces simples descriptions, quelque chose ne va pas. Il s'opère comme un dérèglement, accentué par les accès de fièvre de certains textes : rêveries, anticipations, délires, et les changements de ton et de rythme incessants de l'ouvrage. Pierres Noyées est le livre le plus ouvert de Geoffrey Squires, un livre qui ne s'arrête jamais.
Résumé : Nous pénétrons dans ce livre comme nous entrons dans un endroit que nous venons juste d'imaginer et d'où nous sommes issus. On peut entendre l'écho d'un pas qui retombe. Un autre marche et c'est nous qui marchons. Un autre parle et c'est nous qui parlons. "Imagine ce que cela pourrait signifier" , nous dit Squires. Imaginons l'abîme si nous ouvrons le rideau sur ce qu'il y a derrière le langage, derrière la vie. Un lieu où bat le coeur de la mort : l'absence du langage. Et nous lisons, et nous chuchotons ces lignes qui sont à retenir les visages qui s'effacent.
Je veux appartenir à la voûte obscure comme un aimant désarmé, devenir souffle du silence sur les épaules des nuages. Je veux adhérer à l'ombre des paroles du feuillage et comprendre la terre dans la soie farouche du désir.
Jamais auparavant Alvaro de Campos n'avait poussé si loin cet acharnement contre soi-même, cette rage destructrice à laquelle rien ne résiste, pas même sa dignité d'homme souffrant. Cette histoire est la revanche du poète réel sur le vivant imaginaire, la suprême comédie si l'on veut du comédien, mais comédie jouée jusqu'au bout avec la plus grande virtuosité. Alvaro de Campos a sans doute raté sa vie, mais Pessoa, qui écrit sous son nom, n'a pas raté son oeuvre.
Dans l'ouvert, il n'est pas de maintenant auquel attribuer un fait : mais une intuition du temps, lui le Passager, exclusif franchissant le seuil. Lui-même, non plus ancré dans la main creuse mais passant en elle, la Dévouée.
Sharif Solmaz ; Hanea Raluca Maria ; Heusbourg Fra
Pour ceux qui l'ont vécue, une guerre n'est jamais terminée, toute image mentale lui doit quelque chose, sans elle les images des êtres n'ont pas d'ancrage. Solmaz Sharif embrasse l'histoire récente : la guerre Iran-Iraq, les attaques américaines au Moyen-Orient, Guantanamo... , parce que c'est avant tout son histoire. Née en exil, elle cherche à la fois sa mémoire et son foyer et la guerre est comme un lien naturel au monde. "Mire" est un tableau virtuose de poèmes, de listes, de fragments et de séquences, Sharif rassemble les récits éparpillés de sa famille plongée dans des conflits qui la dépassent mais la plongent dans la destruction. Livre en errance, en migration permanente, en quête d'abri, d'une femme qui n'est chez elle nulle part, qui mesure la distance qui la sépare des êtres perdus. Dialogue morcelé avec des images, Solmaz Sharif nous force à regarder les morts en face, les cadavres d'écoliers, les civils bombardés, les mosquées détruites, le poids de chaque homme. Elle nous force à identifier les corps inertes de notre histoire. "Mire" est saturé par la violation constante de l'intimité, les fouilles au corps, les intrusions policières, les mises sur écoute, les ségrégations. En sécurité nulle part, que ce soit dans le présent ou dans les souvenirs, le rêve américain est une solitude et une déception, avec des uniformes prêts à enfoncer votre porte à chaque instant. Sharif montre aussi comment la violence s'exerce contre le langage. Elle injecte dans son livre des mots tirés du Dictionnaire Militaire Américain ; qui viennent faire exploser le rapport à l'autre, elle expose les euphémismes dévastateurs utilisés pour stériliser la langue, contrôler ses effets et influencer notre résolution collective. Il s'agit de vivre avec "le langage qu'ils ont fait de notre langage", dans l'abîme qui sépare les individus que nous sommes des histoires racontées. Que faut-il tirer de l'abîme pour faire exister son histoire, ses proches emprisonnés et disparus ? Où peut-on porter son histoire dangereuse car sensible comme un champ de mines, précise comme un dictionnaire de termes qui désignent des mises à mort dans l'intervalle de la mire à l'écran, l'ordre de tirer et l'impact. Mais Un élan de survie, une sensualité limpide nous signalent la présence d'une conscience lumineuse, un étonnant apaisement.